Home Lifestyle #MonPostPartum, le hashtag qui montre la réalité après l’accouchement

#MonPostPartum, le hashtag qui montre la réalité après l’accouchement

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Sur son compte Instagram, la mannequin Ashley Graham a publié un post où elle dévoile ses vergetures, dues à son accouchement. La légende? “Same me. Few new stories”, soit “Toujours la même moi. Peu de nouvelles histoires”, en français. Un message court, mais fort, à propos de la réalité post-partum.

Ashley Graham n’est pas la seule à parler de la phase qui suit l’accouchement. Fatigue, solitude, douleurs, souffrances physiques et psychologiques… Nombreuses sont les difficultés auxquelles les femmes font face dans la période post-partum, et dont on ne parle que bien trop peu. C’est la raison pour laquelle Illana Weizman, une militante féministe, doctorante en communication et sociologie, a lancé sur son compte Instagram le hashtag #MonPostPartum. Une initiative que les féministes Morgane Koresh, Ayla Linares et Masha Sacré, ont également lancée et relayée sur leurs réseaux.

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Un mouvement avec un message fort

Ce mouvement, Illana Weizman l’a lancé en réaction à la fameuse publicité rejetée par ABC News et l’Académie des Oscars, dépeignant honnêtement l’épisode douloureux du post-partum, mais également pour continuer dans la lancée d’Ashley Graham, pointant du doigt le silence autour de cette convalescence.

Lire aussi: “Cette publicité rejetée des Oscars montre la réalité du post-partum

Me voici, portant une couche pour adulte, épongeant le sang qui coule pendant des jours et des semaines, le ventre encore gonflé, l’utérus encore étendu, les contractions qui le remettent doucement en place, les jambes bleuies, les points qui tirent, l’impossibilité de s’asseoir sans douleurs, l’urine qui brûle, l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur. Si on parlait davantage de ces sujets, si on ne les invisibilisait pas de façon systématique, les mères se sentiraient moins isolées, moins démunies. Préoccupez-vous des mères. Mettez en lumière leur vécu.”

explique sous son post la militante. Dans un très bel article, Illana Weizman détaille les raisons pour lesquelles ces douleurs, ce corps, ces sensations, qui suivent l’accouchement, sont cachés, isolés, tassés dans l’ombre. “Nos sociétés patriarcales musèlent les femmes dans leurs expériences les plus traumatisantes. Elles cherchent à invisibiliser les violences qu’elles subissent et n’acceptent de voir des femmes que du lisse, du sans aspérité, du doux. Pas de cri, pas de sang, pas de sueur. Le corps post-partum vient ébranler ces attentes chimériques. Il vient défaire les fondations du mythe sans anicroche d’une maternité glorifiée. Il est brut, il est volcanique, il est blessé. Et c’est pour ça qu’il faudrait qu’on le cache. Pour ne pas faire dérailler la machine”, explique-t-elle dans son article.

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Informer sur le sujet

La conséquence directe de ce manque d’informations sur la réalité post-partum? Affronter une image de soi que l’on n’était pas prête à voir. Devoir assumer un corps, des ressentis, des souffrances, des douleurs que l’on n’aurait pas soupçonnés. Quel message se cache sous ce silence? Celui que la femme doit être forte et encaisser sans broncher? Celui qu’une jeune mère doit être resplendissante et épanouie, au paroxysme du bonheur?

Le savoir ne conduit pas à la peur. La connaissance, c’est le pouvoir. Si j’avais su qu’il était normal d’avoir des contractions des semaines après l’accouchement car l’utérus reprend sa taille initiale, je n’aurais pas pensé faire une hémorragie interne tant la douleur me tordait le ventre. Si j’avais su que mon sang allait couler pendant des semaines, je ne me serais pas sentie souillée, anormale et effrayée les premiers jours qui ont suivi mon accouchement. La peur, c’est de ne pas savoir. La peur, c’est de ne pas être préparée.”

explique dans la suite de son article Illana Weizman. Avec son hashtag, elle entend bien soulever les réalités derrière la période post-accouchement. “Racontez vos expériences, criez-les, racontez à vos amies, à vos sœurs à vos filles, ne nous laissons plus déposséder de nos vécus”, conclut-elle. Un message percutant, destiné à rendre justice à toutes ces femmes qui ont perdu des repères, qui ne se sont pas reconnues dans la glace, qui n’ont pas compris ce qui leur arrivait, mais également à éveiller les consciences, pour que le post-partum n’emprunte plus un visage qu’il n’a pas.

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