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Le vaginisme : le trouble sexuel qui empêche toute pénétration

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Comme Elisa, 24 ans, de nombreuses femmes souffrent de “vaginisme”, une contraction musculaire réflexe et involontaire du périnée qui empêche toute pénétration. Malheureusement, peu d’entre elles parviennent à mettre un nom sur leur mal-être.

Elisa, étudiante à Bruxelles, raconte : “Quand j’ai voulu mettre un tampon pour la première fois à 14 ans, je me suis rendu compte que je n’y arrivais. Impossible de l’introduire. J’ai essayé à maintes reprises, sans succès. Je me suis dit que c’était une mauvaise manipulation de ma part.”

C’est quoi le vaginisme ?

Elisa ne le savait pas encore mais ce dont elle souffrait était le vaginisme. Karin Bockourt, kinésithérapeute, sexothérapeute et psychothérapeute systémique, définit cette souffrance comme étant “une contraction musculaire involontaire du périnée qui provoque une impossibilité d’être pénétrée.”

Outre l’aspect physique, cette contraction s’accompagne aussi d’une angoisse de la pénétration, d’une grande détresse et parfois même d’un sentiment de honte.

Les personnes atteintes éprouvent des difficultés à en parler à leur entourage ou à des professionnels. Certaines se sentent en marge de la société parce qu’elles ne parviennent pas à assumer leur souffrance auprès des autres. Ce trouble de la sexualité est répertorié dans l’ouvrage de référence, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, le DSM, considéré comme un trouble aussi bien physique que psychologique.

Êtes-vous atteinte de vaginisme?

Un trouble méconnu

Les femmes ont des difficultés à comprendre ce qui se passe dans leur corps lorsque la pénétration est impossible. Ce fut le cas pour Elisa. “Je ne savais vraiment pas vers qui me tourner. Je n’avais jamais entendu parler de ce problème auparavant.” Détecter le vaginisme est difficile tant il est peu connu et souvent confondu avec d’autres problématiques. Karin Bockourt explique que “quelques gynécologues sont attentifs au vaginisme mais il y a des efforts à faire. Pour ça, ils doivent prendre le temps et être à l’écoute.” Une femme qui souffre de ce trouble ne vivra pas l’examen gynécologique de la même manière qu’une autre. Selon la spécialiste, il faut “remettre la patiente dans son rôle d’intervenante dans la séance et lui dire quand un examen n’est pas nécessaire, par exemple, le toucher vaginal, impensable dans le cas d’une femme souffrant de vaginisme.”

Ce trouble est souvent confondu avec la dyspareunie. Pourtant, les causes et les traitements ne sont pas identiques. Selon Karin Bockourt, il est très important de faire la différence entre les deux. Cette dernière réside dans la possibilité ou non d’une pénétration. Dans le cas du vaginisme, il y a une impossibilité d’être pénétrée. “Lors d’une dyspareunie, les femmes peuvent être pénétrées mais avec douleur. Dans beaucoup de cas, un vaginisme secondaire arrive après ces douleurs pénétrantes.”

Un vaginisme primaire ou secondaire

Le vaginisme peut être “primaire”. C’est-à-dire qu’il apparaît dès le début de la vie sexuelle de la femme. C’est le cas pour Elisa. Il peut également être “secondaire”. Il débute alors plus tardivement. Les différentes causes d’un vaginisme secondaire peuvent être d’ordre biologique (hymen trop rigide, infection vaginale…) ou psychique (croyances religieuses strictes, abus sexuels…). Mais tout n’est pas cantonné dans l’une ou l’autre case. En effet, une cause psychologique peut suivre une cause physique. Les spécialistes parlent d’un cercle vicieux.

Des conséquences pesantes

Ce trouble peut avoir des conséquences désastreuses sur la personne en souffrance : dépression, stress, peur d’infidélité de la part du compagnon mais également de ne pouvoir avoir d’enfant. Ces femmes craignent de ne plus jamais avoir une vie sexuelle épanouie. Or, l’acte sexuel ne réside pas nécessairement dans la pénétration. Une femme atteinte de vaginisme peut avoir une vie sexuelle active. L’un n’empêche pas l’autre. Les couples apprennent à faire l’amour différemment. Ensemble, ils s’embrassent, se caressent, se massent…

Des solutions existent

Une multitude de traitements différents existe pour venir à bout de son vaginisme (thérapie cognitive, psychologique, de couple…). Plusieurs traitements sont possibles selon les causes et les différents cas. Karin Bockourt ne sait jamais à l’avance de quelle manière elle va travailler avec une patiente. Grâce à ses différentes casquettes, elle offre une approche plurielle aux femmes qui viennent à son cabinet. Pas besoin d’aller chez un kinésithérapeute, un sexologue et un psychothérapeute, elle réunit les trois fonctions en un seul et même espace.

Selon cette spécialiste, pour mettre fin à son vaginisme, “il faut d’abord comprendre son corps. Je les aide à se concentrer sur leur respiration, à découvrir leur anatomie. Elles doivent apprendre à connaître leurs zones érogènes et à savoir ce qu’elles aiment.” Dans la plupart des cas, Karin Bockourt invite également le/la partenaire lors d’une ou plusieurs séances car “nous sommes deux quand nous faisons l’amour. Il faut trouver des solutions ensemble.” Elle ajoute “qu’il y a tellement d’outils, qu’il n’existe pas de recette miracle. Chaque cas est différent.”

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