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Chroniques d’une wedding grincheuse: on m’avait prétendu que le mariage, ça diminuait les taxes

Plus pragmatique que rêveuse, romantique mais pas neuneu, la wedding grincheuse est la fille spirituelle d’une wedding planner et du Grinch. Autrement dit, quand elle planifie son propre mariage, ça donne un conte de fées qui fait un peu grincer des dents quand même… À commencer par les siennes.

Je n’ai jamais oublié mon prof de droit de l’information et de la communication à l’ULB. D’abord parce qu’il était plutôt sexy, et on se pâmait toutes un peu avant de pousser la porte de l’amphi, mais aussi et surtout parce qu’il était très drôle et qu’il ponctuait son cours de plein d’anecdotes. Lui-même rescapé d’un divorce pas très harmonieux, il nous répétait dès que l’occasion se présentait qu’il ne fallait pas se marier, ou alors, pour des raisons fiscales. Apparemment, le mariage serait en effet plus avantageux face au couperet des contributions, et diminuerait les taxes. Ce n’est pas pour ça que j’ai dit oui à Chéri (quand même, je suis romantique…) mais je mentirais si je disais que je ne le voyais pas comme un petit bénéfice bon à prendre aussi. Et puis j’ai découvert la « taxe mariage ».

La taxe mariage ne figure dans aucun livre de loi, j’aurais même tendance à dire qu’elle est parfaitement illégale, et pourtant, elle est bien réelle et d’application pour le moindre détail du jour J. Le principe de cette fameuse taxe? Vous prenez les tarifs d’application pour différents produits et services et vous les multipliez par deux, cinq ou dix selon le prestataire et la catégorie. Un traiteur sympa pour un événement? S’il s’agit des 85 ans de votre Bonpapa chéri et que vous aimez comparer les offres, vous pouvez espérer trouver une formule sympa à 80 euros par personne, mais pour le jour J (« j » comme « je vais pleurer je suis ruinée »?), si la salle de votre choix a un traiteur partenaire, tout de suite, on démarre à une soixantaine d’euros la formule. Boissons non comprises. Alors même que le Bonpapa en question est invité aussi. Injustice.

Un joli bouquet, imposant et coloré? Une vingtaine d’euros, avec les jolies feuilles et autres herbettes qu’ils mettent pour étoffer offertes en prime. Un bouquet de mariée? Suivant la région de Belgique dans laquelle vous vous mariez, vous faites fois trois, quatre ou même cinq pour obtenir le prix final. Alors même que oui, il s’agit donc bien de fleurs naturelles, et donc « périssables » comme chantait Jacques Brel, et que votre bouquet finira donc tout séché et rabougri, peu importe combien vous l’avez payé.

Vous appliquez la taxe mariage pour le lieu, l’éventuelle coiffure et maquillage et l’impression des invitations, et vous obtenez très vite une addition qui fait mal aux yeux et au portefeuille. Le plus injuste peut-être? Le prix de la robe. Alors que Chéri peut spotter les bonnes affaires de sa marque de costumes préférée et s’offrir un vêtement canon qu’il remettra à de nombreuses occasions, il n’en va pas de même de sa fiancée, dont on (les invités, la tradition, et puis ses rêves de petite fille un peu aussi) qu’elle revête une jolie robe blanche pour dire oui. Autant il est compréhensible que certaines robes, les meringues de tissu pour ne pas les citer, soient plus chères, rapport au fait qu’elles nécessitent environ une tonne de satin, percale et autre dentelles pour être fabriquées, autant il faudrait qu’on m’explique pourquoi une robe sobre et délicate, sans jupon ni corset ni même le moindre détail en dentelle, coûte 1 500 euros au bas mot.

D’autant que les robes de demoiselles d’honneur vendues dans les mêmes boutiques coûtent souvent minimum la moitié du prix alors qu’elles sont proposées par les mêmes marques. La teinture blanche se vendrait-elle en réalité à prix d’or? Si oui, ce serait bien que quelqu’un se mobilise pour changer ça, parce qu’au-delà du fait que payer un moins de salaire minimum pour une robe, c’est badant, celle-là, par définition on ne la remet pas. Ah ben oui, « robe de mariée » ça s’appelle, donc inutile d’envisager de la mettre tous les jours pour aller travailler afin de rentabiliser l’investissement, vos collègues risquent de vous regarder d’un drôle d’oeil, et en plus votre jupe-tutu prendra toute la place dans l’open space. Et surtout, pas de confusion, c’est « robe de mariée » et pas « robe de mariage », donc on ne la ressort surtout pas au prochain mariage auquel on est invitée, c’est très mal vu il paraît.

Bisous, amour et ironie,

𝕷𝖆 𝖜𝖊𝖉𝖉𝖎𝖓𝖌 𝖌𝖗𝖎𝖓𝖈𝖍𝖊𝖚𝖘𝖊

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