Home Culture Télévision ON A VU: “Little Fires Everywhere”, la série psychologique qui explore la...

ON A VU: “Little Fires Everywhere”, la série psychologique qui explore la maternité

Intrigue rocambolesque et actrices de premier choix : la mini-série « Little Fires Everywhere », hébergée par Amazon Prime, nous a scotchés à notre écran. Un must-see qui traite avec brio de deux thématiques à travers des yeux presque exclusivement féminins: le racisme aux États-Unis et la maternité. On l’a dévorée bien chaud et on ne s’est même pas brûlés.

 

À la tête d’un club de lecture, l’actrice Reese Witherspoon découvre le roman La saison des feux de Celeste Ng. Elle fait alors part de son coup de cœur à Kerry Washington (actrice dans ‘Scandal’), également charmée par cette mystérieuse histoire d’incendie. Les deux femmes proposent à Liz Tigelaar d’en faire une mini-série, et d’en être les deux héroïnes. C’est ainsi que « Big Little Fires », désormais disponible sur la plateforme Amazon Prime, est née. Une série qui n’est pas sans rappeler l’excellent « Big Little Lies », série également co-produite par Reese Witherspoon, qui en joue l’un des rôles principaux.

Lire aussi: 5 raisons de se lancer immédiatement dans la série “Big Little Lies”.

Une famille réduite en cendres

L’intrigue se déroule dans le quartier de Shaker Heights, dans l’Ohio. Un coin huppé où se côtoient les petits bourgeois américains, à l’instar d’Elena Richardson (interprétée par Reese Witherspoon), sorte de Bree van de Kamp version blonde. A priori, tout semble réussir à cette dernière, qui joue la chef d’orchestre de son American Dream, comportant comme il se doit quatre beaux enfants, un mari avocat, une maison qui ressemble à un manoir et un job de journaliste. Seule ombre au tableau: sa cadette rebelle qui prend un malin plaisir à faire tout le contraire que ce qu’elle attend d’elle.

La fin « Little fires everywhere » est dévoilée dès les premières secondes de l’épisode 1 : la maison gigantesque de la famille Richardson a pris feu. Les épisodes suivants permettront de découvrir qui est à l’origine de cet incendie volontaire. Mais revenons au scénario : un jour, une étrangère du nom de Mia Warren (jouée par Kerry Washington), fait irruption dans le quotidien tranquille de la perfect housewife. Fraîchement débarquée dans sa vieille chevrolet bleue, avec sa fille ado, Pearl, la mère, qui est également artiste, va devenir la locataire d’Elena Richardson. Un bail qui liera les deux mères pour le meilleur et surtout pour le pire, puisque très vite, leur semblant d’amitié va se transformer en une sorte de duel. Qui sera la meilleure mère ?

Sujets brûlants pour débats enflammés

Car c’est bien de maternité qu’il est question dans cette série mélodramatique. Maternité quasi sauvage et animale où les louves veillent sur leurs petits, n’hésitant pas à mordre pour protéger leur couvée. Pour Elena Richardson, la maternité se confond avec un perfectionnisme hallucinant, la matriarche allant jusqu’à préparer des pancakes en forme des initiales de ses ados. Un tableau à des années lumières de la maternité plus libre et rock’n’roll de Mia, plus du genre à cuisiner les restes pour sa chérie. Tout oppose ses deux mères : l’une est artiste et n’a jamais sacrifié sa carrière pour son enfant, là où les élans ambitieux de l’autre ont été coupés net à la naissance de sa quatrième… Et très vite, leurs visions de la maternité vont se heurter.

Mais le sujet de la maternité s’immisce aussi dans d’autres histoires parallèles: notamment celle de Linda, une amie bourgeoise et stérile de la famille Richardson, qui va adopter une enfant chinoise. Celle de Bebe Chow aussi, une immigrée chinoise forcée d’abandonner son enfant faute de moyens. Celle encore de ce couple cherchant furieusement une mère porteuse… C’est de combats de mères qu’il est question tout du long. D’exploration des différentes versions de la maternité, aussi dans ce qu’elle a de plus toxique. Spoiler alert : les mauvaises mères existent! Enfin une série qui décrypte les coins les plus ombragés de la maternité, soulevant diverses questions. La maternité est-elle innée ? Où doit s’arrêter le contrôle et la domination d’une mère ? Quels sacrifices peut-on supporter en tant que mère ? Un contexte financier peut-il justifier d’abandonner son enfant ? Et la fatigue peut-elle expliquer qu’on ait envie de le jeter par la fenêtre ? Peut-on ne pas aimer un enfant? Jusqu’où nos progénitures doivent-elles nous ressembler? Se placer en priorité fait-il de nous de mauvaises mères ? Autant de questions abordées dans cette série, qui sauront susciter des débats enflammés entre copines.

Si l’éducation différente des kids affronte les deux mères, un autre élément les oppose : leur couleur de peau. Dans cette banlieue très blanche de Cleveland, l’apparition de cette artiste noire va faire jaser. Elena, qui se pense et se dit tolérante et libérale, va inévitablement faire preuve de préjugés raciaux. Ainsi, la série explore aussi la notion de privilèges dont jouissent les blancs. Privilèges qu’Elena ne parviendra jamais à assumer, se faisant ainsi miroir des tensions qui parcourent la société américaine.

Une série à regarder sans tarder

Vous l’aurez compris : cette série vaut le détour. On a particulièrement aimé l’incroyable jeu de Reese Witherspoon, qui est parvenu à donner à ce personnage bourgeois une belle complexité. C’est d’ailleurs à la profondeur des personnages que l’on doit la réussite de cette série : à chaque épisode, on change d’avis sur eux, ne sachant jamais sur quel pied danser, à qui se fier, à qui faire confiance, qui détester. Tant Elena que Mia suscitent tantôt notre dégoût, tantôt notre sympathie. Il n’y a, comme à la vie, jamais vraiment de bons, jamais vraiment de mauvais. Une critique? Allez, une! On doit bien avouer que les intrigues sont parfois alambiquées et que trop d’histoires parallèles tuent parfois l’histoire principale. Mais on met notre main au feu que vous allez adorer!

Voici le contenu inséré d'un réseau de médias sociaux qui souhaite écrire ou lire des cookies. Vous n'avez pas donné la permission pour cela.
Cliquez ici pour autoriser cela de toute façon

Lire aussi: