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Flair Book Club: “The Girls”, terrifiante plongée dans l’esprit d’une adepte de Charles Manson

Lisa - Pexels
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“L’adolescence est le moment où il faut choisir entre vivre et mourir”, affirmait l’écrivain Hafid Aggoune. Des instants suspendus, à l’aube de l’âge adulte, où le désir d’exister à tout prix se partage souvent à une tendance autodestructrice. Un état à fleur de peau, jusqu’au sang, dont parle à merveille Emma Cline dans “The Girls”, parcours sombre d’une adolescente de 14 ans, gravitant autour de Charles Manson et sa secte.

Le résumé

Avec “California Girls”, Simon Liberati nous offrait une plongée dans l’été meurtrier du clan de Charles Manson, gourou d’une communauté défoncée à l’extase et aux drogues, ayant conduit en 1969 à une tragique série de meurtres devenus tristement célèbres: ceux de l’actrice Sharon Tate, femme de Roman Polanski, alors enceinte de huit mois et de ses quatre amis présents sur les lieux ce soir-là. Avec “The Girls”, Emma Cline, jeune romancière dont il s’agit du premier ouvrage, explore une nouvelle fois cette part sombre d’histoire, avec une infinie délicatesse et à mots couverts. Les noms sont modifiés, jusqu’à celui de Manson, devenu Russell, mais il est impossible de s’y tromper tant les similitudes sont troublantes. Durant l’été 1969, on suit Evie Boyd, adolescente de quatorze ans, en quête de reconnaissance et d’identité, torturée par l’impression d’insignifiance qu’elle attribue à sa vie. Lorsqu’elle se dispute avec sa seule amie, Evie se tourne vers un groupe de jeunes filles, fascinée par leur liberté et leur vie en rupture du monde. Elle fait la connaissance de Suzanne, personnalité empoisonnée et envoûtante et surtout de Russell, leader charismatique de leur secte et rejoint leur ranch délabré, pour y vivre en marge de la société, sans réaliser qu’elle s’approche progressivement d’une violence impensable.

Pourquoi on a aimé ?

Evie n’a pas réellement existé, pas plus que son parcours, lui aussi fictif. Mais le contexte lui, est troublant de vérité glaçante. Dans les pas instables de la jeune fille, on retrouve le reflet de cette période aux émotions brutales et puissantes qu’est l’adolescence. Un monde mouvant de doutes, où le besoin viscéral d’être aimé peut conduire au plus profond désespoir. Evie Boyd est un peu de chacun.e de nous, dans cette attente fiévreuse d’un regard posé sur soi, du besoin d’être unique et pourtant intégré.e à un clan, de briller aux yeux du monde, quelle que puisse être la chute. Un livre bouleversant de maturité et d’intelligence, écrit par une jeune autrice, et qui amène au douloureux constat de la facilité avec laquelle on peut sombrer dans l’inavouable et la barbarie.

Et en 3 mots-clés?

#FaitRéel
#Adolescence
#Secte

À qui “The Girls” va plaire?

À celles et ceux qui demeurent fasciné·e·s par la fin tragique de Sharon Tate, arrachée à un destin doré, en pleine période d’innocence des hippies des sixties. Et à celles et ceux pour qui un bon livre est forcément un livre qui ébranle et renvoie dans ses retranchements.

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