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Ted Lasso m'a sauvée - DR Apple TV

Comment la série « Ted Lasso » a sauvé ma santé mentale

Kathleen Wuyard

Alors que j’avais failli passer complètement à côté, il ne m’a fallu que quelques secondes du premier épisode de « Ted Lasso » pour devenir complètement accro à la série. D’autant que très vite, elle a joué le rôle de pansement pour un mental un peu mis à mal.

Dire que « Ted Lasso » est un véritable bijou, du genre de série qui devient forcément culte et le mérite en prime, c’est un peu comme affirmer que « moui, enfin, d’accord, c’est pas si pire les chiens ». Soit l’euphémisme du siècle. Car cet OVNI américano-britannique chroniquant les (més)aventures d’un apprenti coach de football américain parachuté de l’autre côté de l’Atlantique pour entraîner une équipe de footballeurs de Première League est superbement écrit et touche souvent au sublime. Rien que de penser au fait que j’ai failli passer à côté, j’en ai des sueurs froides, c’est dire.

Fort heureusement, le désoeuvrement suscité par l’attente d’un épisode de « Morning Show » jamais arrivé à la date dite sur Apple TV m’a poussée à parcourir le catalogue et à me dire que tiens, je donnerais bien une chance à cette série dont j’avais vu circuler tant de GIFs et de memes. Car oui, « Ted Lasso » a un potentiel viral extrêmement élevé (les répliques! les mimiques!) mais c’est bien là la moindre de ses qualités.

Dépaysement complet

Commençons par le commencement: l’ambiance. Sise dans la bourgade tout ce qu’il y a de plus réelle de Richmond, un petit coin de paradis ultra pittoresque en bordure de Londres, la série donne tout à la fois envie de boucler immédiatement ses valises et, une fois le souvenir du Brexit, de se rapprocher tout du moins le plus possible de l’écran pour s’immerger tant que faire se peut dans le cadre enchanteur de « Ted Lasso ». Le genre de lieu qu’on Google plutôt deux fois qu’une tant sa joliesse empêche absolument de croire qu’il existe vraiment et qu’il est possible de le visiter voire même d’y vivre – et pourtant, c’est bien le cas de Richmond.

Sans montrer la moindre baguette, la magie opère pourtant autant qu’avec un univers tel que celui de la saga « Harry Potter » ou, plus proche peut-être, le Stars Hollow de « Gilmore Girls »: rien que pour le cadre et l’ambiance qui s’en dégage, on materait bien la série. Mais c’est pourtant loin d’être son seul attrait.

Droit dans le but

Interviewé en interview sur la genèse de « Ted Lasso », son créateur, l’acteur américain Jason Sudeikis, qui interprète également le personnage éponyme, a confié en souriant qu’elle parlait de « football et de gentillesse, deux choses que les américains détestent ». Et si pour ma part j’aurais plutôt eu tendance à acquiescer en ce qui concerne la partie « football » du scénario, la discipline m’ayant toujours laissé de glace, pour le dire poliment, nul besoin d’être fan du ballon rond pour kiffer la série. Oui, ça parle de foot, mais il y a de fortes chances pour que vous en connaissiez plus que Ted Lasso sur le sport, même si vous ne kiffez pas, et le football n’est qu’accessoire face au vrai fil rouge de la série: la gentillesse. Car « Ted Lasso » est avant tout une série qui examine les relations humaines et l’effet incroyable que peut avoir la bienveillance sur celles-ci. CF l’évolution du personnage de Jamie Tartt, entre autres, mais on n’est pas ici pour spoiler.

Même si, en parlant de Jamie, soyons honnêtes sur un des autres selling points majeurs de la série: peu importe votre orientation sexuelle ou le fait que vous préfériez les cheveux blonds/les tendres/les bad boys, il est hautement improbable que vous arriviez au troisième épisode de la première saison (ou aux cinq premières minutes du premier épisode, c’est selon) sans avoir un énorme crush sur au moins un des personnages? En l’occurence, probablement la perfection connue sous le nom de « Roy Kent » mais on ne vous juge pas si vous rêvez subtilement de jouer un match sur le gazon de Jamie Tartt ou si vous développez une obsession pour la musculature de Rebecca. Same, sis.

Ted Lasso is life

Toutes considérations sur le physique à part, si « Ted Lasso » fait tant de bien à l’âme, c’est parce qu’outre la place centrale qu’occupe la gentillesse dans la série, ce qui fait de chaque épisode l’équivalent d’un petit câlin venu s’enrouler autour de votre coeur blessé, ses personnages n’hésitent pas à parler librement de l’état de leur santé mentale. Entre les interventions de la psychologue du sport dépêchée au sein de l’équipe, la manière dont certains des personnages travaillent à se libérer de comportements toxiques ou le rappel quasi constant qu’il est possible de travailler sur soi-même et d’évoluer, la série met le mental au coeur de ses préoccupations et permet, l’air de ne pas y toucher, de remettre le sien en question. Et même, de se poser quelques questions: si vous terminez la saison deux en vous demandant si, au fond, vous n’avez pas eu tort de ne jamais vous intéresser au foot, rassurez-vous, you’re not walking alone. « Football is life » après tout. Et si jamais vous choisissez de ne pas nous prendre au mot (no souci, on n’est pas vexées) sachez que « Ted Lasso » est également la série préférée d’Ed Sheeran.

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