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Déjà quatorze féminicides en Belgique en 2018: il faut en parler

Camille Hanot
Camille Hanot Journaliste

Le mot commence doucement mais sûrement à s’installer. Et il faut dire qu’il est grand temps, car un féminicide n’est pas juste un « fait divers »! En Belgique, depuis le début de 2018, on recense déjà quatorze féminicides, soit 25 pour cent du total de l’année 2017.

Il est temps d’appeler un féminicide un féminicide


Depuis le début de 2018, quatorze féminicides ont déjà été recensés en Belgique. En 2017, ce sont 39 femmes qui ont été tuées chez nous à cause de violences machistes rappelle Mirabal, la plateforme pour les organisations s’opposant aux violences faites aux femmes. Si ces chiffres sont interpellant, ils sont bien souvent ignorés. Notre société a en effet, pour habitude lorsqu’une femme est tuée parce qu’elle est une femme de parler de « drame conjugal », de « meurtre de femmes » ou de « faits divers ». Si les féminicides caractérisent souvent des meurtres ou assassinats dus à une rupture qui n’a pas été supportée, le féminicide n’est pas juste un fait divers. Le féminicide: c’est « le meurtre d’une femme parce qu’elle est une femme » c’est: « un crime de genre, misogyne, de haine contre les femmes » c’est: « tout meurtre de filles ou de femmes au simple motif qu’elles sont des femmes. » peut-on lire sur le blog Stop Féminicide.

Il faut agir


Face à ce constat, la coprésidente d’Ecolo Zakia Khattabi demande d’agir. Elle déclare dans les colonnes de La Libre Belgique: « Il faut que dans notre arsenal juridique, la spécificité du féminicide soit reconnue, il faut que les policiers soient formés à l’accompagnement des signalements de violences faites aux femmes. Il est temps de se doter de moyens d’agir dès que la menace existe pour ne pas avoir à réagir quand il est trop tard . » Cette lutte pour faire reconnaître et mieux connaitre le féminicide, le blog Stop Féminicides l’a déjà entreprise. Le but de la plateforme est de « répertorier ces crimes, mettre des visages sur ces chiffres et faire pression sur les pouvoirs publics. Nous tenons à rendre hommage à toutes ces femmes ainsi que, à travers elles, aux milliers de victimes des violences machistes qui y survivent au quotidien. »

Plus de précisions sur le féminicide


Pour donner un peu plus de détails et de repères concernant le féminicide, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a répertorié 4 catégories comme le cite l’Obs.

  • Le crime individuel commis par un partenaire, comme il en existe plus d’une centaine chaque année visant les femmes.
  • Le « crime d’honneur ». Dans ce cas, la femme ou la jeune fille est tuée par un membre de sa famille car elle aurait commis une « transgression sociale de genre » (adultère, relation sexuelle hors mariage…).
  • Le « crime de dot ». En Inde, certaines jeunes épouses sont assassinées par des membres de leur belle-famille pour avoir apporté une dot insuffisante à la famille du marié.
  • Le « féminicide non intime », soit un crime commis par une personne étrangère à la victime, comme dans le cas de la tuerie de Montréal.


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