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La Commission européenne souhaite promouvoir la sécurité des LGBT+ partout en Europe

Manon de Meersman

Le temps est venu pour la Commission européenne d’annoncer ses actions concernant la garantie des droits des personnes LGBT+ pour les prochaines années. Et en la matière, une chose est sûre: elle compte bien promouvoir la sécurité de celles-ci, tous milieux confondus, et ce, dans toute l’Europe.

Si en Belgique les droits des personnes LGBT+ sont relativement assurés et en voie d’évolution constante, ce n’est pas le cas dans d’autres pays européens. On pense notamment à la Pologne avec l’instauration de ses « zones sans LGBT » ou encore à la Hongrie qui a récemment décidé de ne plus reconnaître les personnes trans, sans parler du Ministre de l’Intérieur estonien qui invite les personnes LGBT « à fuir vers la Suède ». Autant de raisons inquiétantes quant à la sécurité de ces personnes et qui ont poussé la Commission européenne à présenter un plan d’action afin de lutter pour l’égalité des personnes LGBT+ au sein de l’Europe ce jeudi 12 novembre.

Chacun doit se sentir libre d’être ce qu’il est, sans crainte ni persécution. C’est la raison d’être de l’Europe et c’est ce que nous défendons »,

a déclaré Vera Jourova, la vice-présidente de la Commission chargée des Valeurs et de la Transparence. « Cette première stratégie au niveau de l’UE renforcera nos efforts communs pour garantir que chacun soit traité sur un pied d’égalité », a-t-elle ajouté.

Des améliorations à apporter en la matière

Pour Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, ce moment représentait l’occasion parfaite de dénoncer les « zones sans LGBT » en Pologne, qualifiées de « zones sans humanité » le 16 septembre dernier. C’est notamment l’une des raisons pour laquelle un document de 23 pages a été présenté ce jeudi, soulignant que « l’égalité et la non discrimination sont des valeurs fondamentales et des droits au sein de l’UE ». Et malgré une légère amélioration en la matière, de gros progrès restent à fournir sur le plan législatif afin de garantir les droits des personnes LGBT+.

C’est pourquoi une législation concernant le renforcement de la directive sur l’égalité face à l’emploi devrait être proposée d’ici 2022. « De nombreuses personnes ont des difficultés à trouver un travail stable, ce qui augmente le risque de pauvreté, d’exclusion et de perte de domicile », peut-on lire dans le document présenté ce jeudi. En effet, selon Têtu, « 19% des LGB, 35% des personnes trans et 32% des personnes intersexes se sont senties discriminées au travail au cours de l’année précédente ». Mais ce n’est pas tout puisque la Commission compte également améliorer les conditions des demandeurs d’asile LGBT+, entendant « apporter un soutien à l’égalité des personnes LGBT+ à travers les fonds pour l’asile et les migrations » afin de « lutter contre l’influence des discriminations ou des stéréotypes contre les LGBT+ lors de leur demande d’asile ».

Un plan d’action qui inclut l’élargissement des crimes de haine

En plus de ces actions, la Commission européenne entend également encourager les États membres à mettre en place des plans contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’expression de genre.

Promouvoir une éducation plus inclusive est dans l’intérêt de tous les étudiants et les citoyens. Cela permet de combattre les stéréotypes et de bâtir une société plus inclusive pour tous ».

Et si les textes oublient bien trop souvent les conditions et les droits des personnes trans et intersexes, pourtant également présentes dans l’acronyme « LGBTQI+ », la Commission compte bien pallier à ce manque. En effet, désormais, les États membres de l’UE seront invités à « organiser des formations pour les professionnels de santé afin de les sensibiliser aux besoins des gays et des hommes bisexuels, des femmes lesbiennes et bies, des personnes intersexes et trans afin d’éviter des discriminations et la stigmatisation dans l’accès aux soins ».

Si aujourd’hui le plan d’action était tant attendu, c’est parce qu’à l’heure actuelle, ce sont 38% des personnes LGBT+ qui ont dû faire face à des actes LGBTphobes au cours de cette année et que seulement 21% ont osé signaler ce qu’elles ont vécu. La probable raison? Le flou juridique autour des sanctions à l’égard des violences LGBTphobes. C’est pourquoi en 2021, la Commission ne cache pas sa volonté d’étendre la liste des crimes de haine afin d’y inclure ces dernières, mais également de débloquer des fonds pour souligner les « initiatives qui combattent les crimes et les discours de haine, la violence et les pratiques violentes contre les personnes LGBT+ ».

Un plan qui promet monts et merveilles en théorie et qui, on l’espère, sera respecté et mis en place dans la pratique, sur base d’une volonté collective pour protéger les personnes LGBT+, d’autant plus en cette période. « Une approche au cas par cas est nécessaire pour maximiser le soutien de l’UE, en utilisant tous les outils à notre disposition. L’UE a engagé le dialogue politique avec des pays partenaire pour les sensibiliser sur les lois discriminatoires, les politiques et les pratiques hostiles aux personnes LGBT+. Elle soutient la décriminalisation des relations de même genre et de l’identité trans », ajoure le document sur le sujet.

Une info repérée sur Têtu

 

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