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Témoignage: « J’ai appris à aimer mon corps comme il est »

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Faut-il avoir une silhouette parfaite pour être bien dans ses baskets? Bien sûr que non! C’est ce qu’on retient du témoignage de Vicky, qui affiche avec fierté un corps qui lui a pourtant valu bien des souffrances. Elle a subi en effet subit deux opérations, lutté contre des variations de poids, des problèmes cardiaques et des ­préjugés dûs à une maladie de la thyroïde.

“Finalement, je ne sais pas ce qui est le pire: les préjugés des gens ou les problèmes médicaux eux-mêmes. Quand j’avais 15 ans, j’ai perdu beaucoup de poids sans raison. Mon niveau d’énergie a également chuté. Après plusieurs visites et examens chez le médecin, j’ai appris que je souffrais d’hyperthyroïdie. Suite à une batterie d’examens, les médecins ont conclu que ma thyroïde devait être retirée.

Après cette opération, on m’a prescrit des médicaments supposés remplacer le bon fonctionnement de ma thyroïde. Malheureusement, j’étais une énigme médicale.

Pour des raisons encore mystérieuses, mon corps n’a pas réagi aux médicaments. Ce fut le début de dizaines de visites à l’hôpital, de deux opérations, de problèmes de poids importants et aussi de regards et de jugements désobligeants.

Gros déséquilibre

Ce n’est pas un mythe quand on dit que notre poids est étroitement lié au fonctionnement de notre glande thyroïde. Après son ablation, en un minimum de temps, j’ai pris énormément de poids jusqu’à atteindre 130 kilos l’année dernière. Cela fait une grande différence, quand on sait que dix ans plus tôt, j’en pesais à peine soixante, lorsque ma thyroïde fonctionnait trop vite. Et pourtant, je mangeais exactement la même chose. Pas plus sucré ni plus gras! Malheureusement, je n’avais pas que des problèmes de poids. Je souffrais aussi de sérieux problèmes cardiaques. Au repos, mon cœur battait à du 130 par minute. C’était une bombe à retardement: j’avais 20 ans et je risquais de faire une crise cardiaque à tout moment.

Ne pas abandonner

À ce stade, mon médecin m’a conseillé de me faire retirer une partie de mon estomac. Pas parce que je mangeais trop, mais parce que de cette façon, mon corps recevrait automatiquement le signal qu’il aurait besoin de moins de nourriture et par conséquent, je perdrais du poids. Dans mon cas, suivre un régime n’avait pas de sens: je n’avais pas grossi à cause d’une mauvaise alimentation, mais à cause de l’absence de glande thyroïde. Grâce à cette opération, j’ai perdu environ 50 kilos en un an. Un vrai soulagement, qui s’est pourtant accompagné de complications médicales.

À cause de la chirurgie et de ses effets sur mon corps, il a fallu m’enlever la vésiculaire biliaire: une nouvelle opération et de nouvelles cicatrices. Mais aussi de nouveaux rendez-vous avec des médecins pour trouver des solutions à mes problèmes de santé.

es médecins ont donc essayé d’augmenter mes médicaments, dans l’espoir que mon corps se réveille. Malheureusement, ça n’a pas fonctionné non plus… Et j’ai commencé à avoir peur: qu’allais-je devenir? Quand j’ai parlé de mes inquiétudes à mon médecin, il m’a seulement dit que nous n’abandonnerions jamais le combat et nous continuerions à chercher jusqu’à trouver la solution.

Le regard des autres

Au fond, je crois que j’arrive à gérer le côté médical de la situation, mais ce qui me dérange le plus, ce sont les rumeurs et les préjugés. Beaucoup de personnes se permettent de faire des commentaires sur mon physique. Certains se disent que je me suis fait opérer par flemme de faire régime. Comme s’il s’agissait d’un choix, ou d’une opération esthétique. Ils n’ont aucune idée de ce que j’ai enduré. J’ai vu tellement de gens parler sur moi, avec des opinions toutes faites. Ils se disent que je dois juste trop manger, que j’ai subi un pontage gastrique parce que j’étais trop paresseuse pour faire du sport. Vous n’imaginez pas combien de personnes pensent avoir le droit de juger les autres, sans rien savoir sur leur histoire.

Contre vents et marées

Heureusement, j’ai pu compter sur le soutien indéfectible de ma famille, de mes amis et de mon amoureux. Ils savent ce que j’endure et me soutiennent contre vents et marées. Je leur en suis éternellement reconnaissante. C’est grâce à eux si je j’ose montrer mon corps sur la plage sans stress ni honte. Et quand les gens me regardent un peu ou fixent mes cicatrices, je me dis qu’ils admirent mon joli bikini!

Peu importe ce que les autres pensent, personne ne pourra jamais me voler mon bonheur et les petits plaisirs du quotidien.

Je suis si heureuse quand je lis un livre le soir au côté de mon amoureux, sur notre petite terrasse et qu’on profite ensemble d’un beau coucher du soleil. C’est ce genre de moments qui donne un sens à ma vie. C’est en trouvant le bonheur dans les petites choses de la vie et en profitant pleinement de chaque moment, que je parviens à surmonter mes doutes, ma maladie et l’opinion des autres. Grâce à cette épreuve et aux obstacles que j’ai surmontés, j’aurais appris énormément de choses.

Texte: Elien Geboers, Annelin Mariën et Justine Rossius. Photo: Leen Van den Meutter.

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