Home Témoignages Témoignage: « Notre séparation m’a ruinée »

Témoignage: « Notre séparation m’a ruinée »

Sentimentalement, le divorce est rarement une partie de plaisir. En plus de ce sentiment d’échec, dire au revoir à votre partenaire peut aussi être très coûteux. Delphine, 34 ans, est séparée depuis quatre ans. Maman d’Élise, 7 ans, et d’Émile, 4 ans. Elle a dû reprendre seule l’emprunt contracté pour la maison. Elle nous raconte son parcours et surtout comment elle en est sortie de cette séparation plus forte qu’avant.

« Lorsque nous nous sommes séparés, mon mari et moi, ma fille avait trois ans et j’étais enceinte de quatre mois de notre deuxième enfant. Quand Pierre m’a annoncé qu’il me quittait, j’ai cru que le monde allait s’écrouler. J’avais eu beaucoup de mal à tomber enceinte de mon fils. J’avais fait une fausse couche six mois plus tôt. L’expérience n’avait pas été facile, mais comme nous voulions tous les deux un deuxième enfant, nous avons continuer jusqu’à ce que je tombe enfin enceinte d’Émile. Quelques semaines plus tôt mon mari m’avait envoyé un adorable message précisant que j’étais une mère merveilleuse et qu’il était persuadé que nous arriverions à avoir ce deuxième enfant tant espéré. J’étais alors enceinte d’une semaine, mais je l’ignorais encore.

Trahie

Puis, retournement de situation, un mois plus tard. Ma belle-famille avait loué une villa à la mer ainsi qu’une cabine de plage. Un peu nauséeuse et fatiguée durant ces vacances, je suis régulièrement restée à la villa pendant que mon mari allait à la plage avec notre fille.

À la fin de l’été, il m’a écrit une lettre m’expliquant qu’il avait besoin de recul et de temps pour lui, qu’il souhaitait me quitter, mais qu’en aucun cas il n’y avait une autre femme.

Ce qu’il ne savait pas, c’est j’avais des doutes depuis quelques temps déjà. Je m’étais rendu compte qu’il avait flirté tout l’été avec sa voisine de cabine à la plage. Sans aucun remord, j’ai fouillé à son insu dans son téléphone portable et j’y ai trouvé tout un tas de messages avec cette femme. Je ne suis pas fière de ça, mais d’un autre côté, je lui en veux de m’avoir trompé et surtout je n’en reviens pas qu’il ait menti avec autant d’aplomb en me jurant qu’il n’y avait pas d’autre femme.

Maman poule

Nous avons décidé de divorcer. Très vite, je me suis sentie pousser des ailes. J’étais intérieurement dévastée et blessée au plus profond de mon âme, mais je ne pouvais pas me permettre d’être une épave face à ma fille et mon bébé qui allait bientôt naître. Quoiqu’il en soit, je voulais qu’ils aient la meilleure vie possible. À cause de cette lettre qu’il avait écrite, il m’avait montré sa véritable personnalité. Il a tout brisé en me mentant. Je ne voulais plus rien avoir à faire avec lui. Se remettre ensemble était inenvisageable pour moi. Avant même qu’il ne fasse ses valises, je suis allée voir un avocat. Je voulais me préparer au mieux à tout ce qui allait suivre. Comment dois-je procéder? Quelles sont les erreurs à ne pas commettre? Et surtout quels sont mes droits en tant que femme enceinte dans ce cas de figure?

Reprends tes buis

Je suis quelqu’un de très organisée. Je garde les factures de tous mes gros achats, y compris de tout ce que nous avions acheté ensemble. Pierre est très radin et voulait que tout soit séparé de manière équitable. J’ai alors établi une liste de tous les meubles, objets et appareils électroménagers de la maison. Et je lui ai proposé de lui rembourser la moitié de tout ce qui avait été acheté à deux. Il voulait que tout aille vite, il vérifiait tout et il a même exigé que je lui rembourse les buis du jardin qu’il avait plantés lui-même. Comme je trouvais qu’il exagérait et que je n’en voulais pas, je les ai déterrés et les lui ai déposés devant son appartement. Sans jardin, je ne sais pas trop ce qu’il pouvait en faire. Je suis même allée déposer un tas d’objets de famille chez mes parents pour être sûre qu’il ne me les réclame pas.

Je le vois encore assis par terre à séparer les ustensiles de cuisine en deux tas identiques ou à diviser les jouets en deux.

Bague de fiançailles

Durant nos premières années de mariage, mes parents nous ont un peu aidé en nous versant régulièrement des sommes sur notre compte commun. J’ai épluché ce compte de plus près et je me suis rendu compte que c’est avec cet argent qu’il avait payé ma bague de fiançailles. Lui qui adorait dire que cette bague lui avait coûté un bras. Concernant la maison, Pierre, par contre, n’a jamais montré d’intérêt. Nous l’avions achetée à deux et si j’étais prête à lui racheter la moitié, je pouvais garder la maison. Je travaille comme enseignante dans l’enseignement secondaire et je gagne environ 2000 € par mois. Chaque mois, je rembourse 900 € rien que pour le prêt. C’est beaucoup, et avec tous les frais que j’ai mensuellement, il ne me reste presque rien à la fin du mois. Mais au moins j’ai gardé la maison où ma fille a grandi. Je suis aussi très reconnaissante envers mes parents qui ont accepté de se porter garants lors du rachat du prêt. À côté de cela, ils nous invitent, moi et les enfants chaque année pour une semaine de vacances dans les Ardennes. Ils sont une bénédiction pour moi.

Un prix sur notre bébé

Pierre n’a pas pris d’avocat, il a préféré attendre que j’en prenne un. Je n’imaginais pas à cette époque qu’on se lançait dans trois ans de procédures. Concernant Émile, notre bébé, qui a passé toute sa première année à mes côtés, mon ex m’a d’abord demandé que je lui verse la moitié de ce que nos proches avaient versé sur notre compte de la liste de naissance. Ensuite, il ne m’a proposé que 100 € de pension alimentaire. Comme si un bébé coûtait si peu. Et le comble, c’est qu’à partir du moment où Émile a commencé à passer du temps chez lui, je devais apporter les panades, le lait et les langes. Il nous fallu trois ans et surtout un nouvel avocat pour enfin trouver un accord à l’amiable.

Des bons petits plats

Heureusement, mes enfants n’ont jamais manqué de rien. J’ai eu beaucoup de soutien de ma famille et de mes amis. J’ai reçu plein de vêtements pour enfants de la part de mes cousins qui ont des enfants un peu plus âgés. Quand ma mère venait à la maison, elle m’apportait toujours des bons petits plats et des langes pour mon bébé. Sortir avec des amis ou partir en vacances n’était pas vraiment une option pour moi. Je cuisinais comme je pouvais quand les enfants étaient là et j’essayais d’économiser le plus possible en mangeant des pâtes quand les enfants étaient chez leur papa.

Home sweet home

Ma maison avait sérieusement besoin de rénovations, mais je n’avais, bien évidemment, pas les moyens de faire appel à un entrepreneur. Je me suis découvert un côté manuel et grâce à des tutos sur Youtube j’ai appris à bricoler plein de choses. Là, par exemple, je viens de carreler ma cuisine toute seule. C’est parfois difficile quand je vois des copines avec leur famille parfaite dans une maison complètement rénovée, voyageant trois fois par an sans avoir jamais de soucis pour boucler les fins de mois. Mais d’un autre côté, je suis assez fière de moi.

Petit à petit, je construis un avenir pour mes enfants et moi, même si les choses vont plus lentement. L’argent continue de causer des problèmes entre Pierre et moi. Il chipote sur tout et c’est très frustrant.

Élise rêvait de suivre des cours de danse classique. J’ai demandé à Pierre, mais tout ce qu’il a trouvé à dire c’est que notre fille avait choisi un des hobbys les plus chers et il a refusé toute intervention financière. Plutôt que de priver ma fille de son cours de danse, j’ai une fois de plus, tout pris à ma charge. Il y a deux ans, j’ai rencontré mon nouveau compagnon. Un homme gentil, adorable et attentionné. Jamais je n’aurais cru rencontrer quelqu’un de si bien. L’année dernière, nous avons fait un citytrip avec les enfants. Un petit voyage simple, mais je me sentais comme la femme la plus heureuse du monde. Avec lui, je commence à croire en un avenir meilleur et je suis sûre que nous allons faire un bon bout de chemin à deux. J’espère par contre, qu’il ne voudra jamais déménager pour une autre maison. J’ai tellement dû me battre pour la garder que pour rien au monde, je ne pourrais m’en séparer. »

Texte: Kaatje De Coninck et Amandine de Harlez.

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