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TÉMOIGNAGE: « Je ne suis pas sûre de vouloir un enfant »

La rédaction

L’instinct maternel, certaines le ressentent dès leur plus jeune âge. D’autres frémissent à l’idée de tenir un jour dans leurs bras un petit être complètement dépendant d’elles. Hélène, notre journaliste, elle, n’a pas pris sa décision. À 34 ans, elle se demande toujours si elle souhaite avoir un enfant.

« Au sein de mon groupe de copines, et parmi mes frères et sœurs, je suis la seule à ne pas encore avoir d’enfants. Je ne le vis pas mal car, pour le ­moment, je n’ai pas envie d’en avoir. Je ne fonds pas devant un bébé, je ne me sens étonnement pas pressée par le temps et, surtout, j’adore ma vie actuelle. Si je pouvais appuyer sur un bouton ‘pause’, je figerais ces instants pour l’éternité. ­Malheureusement, nous ne sommes pas dans une série Netflix.

Des bruits incessants

J’aime le fait de pouvoir faire des choses de manière tout à fait ­impulsive, sans avoir à tenir compte de personne. Je n’ai pas besoin de m’organiser, d’appeler mes parents, mes beaux-parents, des amis ou une baby-sitter pour m’occuper de mon enfant.

Je peux sortir le soir sur un coup de tête, partir toute la journée, libérer mes week-ends, voire mes ­semaines, sans avoir à retourner mon agenda dans tous les sens. Je chéris cette liberté!

Je n’ai absolument pas envie de ­passer mes samedis après-midi à la plaine de jeux, d’entendre des dizaines d’enfants qui hurlent et courent dans tous les sens. Je n’ai pas envie de troquer mes citytrips contre quelques jours de vacances aux ­Center Parcs. C’est mon avis, bien sûr, et je ne juge absolument pas celles et ceux qui apprécient ce mode de vie. S’il convient à certain·e·s, tant mieux. Mais, ce n’est pas mon cas.

Control freak

En me lisant, vous vous dites ­sûrement qu’il est évident que je ne suis pas prête à devenir maman. J’aimerais que ce soit aussi simple. Le problème, c’est que j’adorerais pouvoir organiser des journées mère-fille, passer du temps avec ma fille, comme ma mère le ­faisait avec moi. J’aimerais apprendre à mon fils à faire du vélo, aller me ­balader à bicyclette à ses côtés, comme je le faisais avec mon père. Ma famille est très soudée. On voyage toujours ensemble et j’aimerais, qu’un jour, mes enfants puissent se joindre à nos vacances. J’aimerais recréer ces traditions que nous avions, comme l’apéro gargantuesque du dimanche soir, où nous nous ­réunissons tous autour de la table. Ce qui me fait peur, ce sont les premières années de vie d’un enfant. Mes proches essaient de me rassurer en me disant, qu’en fin de compte, ­on n’est jamais vraiment prêt·e à ­accueillir un nouveau-né. Mais, j’ai besoin d’être dans le contrôle. Selon moi, avant de prendre une décision aussi importante, il faut être sûr·e à 300 %. Avoir ou non un enfant va changer le cours de ma vie, ce n’est pas comme si j’hésitais entre un plat de pâtes ou une pizza pour le dîner!

Pleurs et crises de panique

J’ai déjà retourné la question dans tous les sens. J’ai beaucoup pleuré, j’ai eu des crises d’angoisse à ce sujet. J’aimerais être sûre, être capable de dire: ‘Oui, je veux des enfants’ ou ‘Non, je ne veux pas d’enfants.’ Mais, voilà, je me trouve dans une zone grise entre les deux.

Je ne sais tout simplement pas ce que je veux. Sauf que j’aurai bientôt 34 ans et, même si j’ai l’impression d’être encore très jeune et d’avoir tout le temps devant moi, la fertilité du corps féminin n’est pas de cet avis. Je n’ai plus 24 ans et mon corps m’impose un délai de réflexion.

C’est horrible! Bien sûr, on peut encore devenir mère à 40 ans, mais tout le monde sait que les chances d’avoir un bébé en bonne santé et une grossesse sereine ­diminuent avec l’âge. »

À chaque anniversaire, je me retrouve donc confrontée au même dilemme. Et, chaque année, je me dis : ‘On verra l’année prochaine, j’ai encore le temps.’ Un jour ou l’autre, il faudra pourtant bien que je me décide. Mon compagnon, en plus d’être un mec, a quatre ans de moins que moi et ne souffre absolument pas de cette ­pression. Après tout, le père d’Enrique Iglesias n’a-t-il pas goûté aux joies de la paternité pour la première fois à 78 ans?  ! Heureusement, nous ­communiquons beaucoup. Et, pour le moment, nous sommes sur la même longueur d’ondes. Pas encore, peut-être plus tard. Un jour. Je reste perdue.

Congeler ses ovocytes

Comment être sûr·e que l’on fait le bon choix? Comment être certain·e qu’on ne regrettera pas dans quelques années une décision qui reflète un état d’esprit actuel? Je n’ai pas envie de penser à mes ‘options’. Est-ce qu’il faudrait que je me ­renseigne sur la procédure à suivre pour congeler mes ovocytes? Tout deviendrait trop réel, alors que, pour le moment, je préfère encore un peu éviter la question. Je ne veux pas ­encore penser à cette phase de ma vie, encore moins la commencer. Mais, le temps est contre moi et je ne peux pas attendre dix ans de plus. Je ne suis probablement pas la seule dans cette situation difficile. Je pense que beaucoup de femmes se ­retrouveront dans mes propos. À toutes celles chez qui mon histoire fait écho, ne laissez pas l’inquiétude vous gagner, parlez de ce que vous ressentez à votre partenaire à votre famille, à vos amis. Il faut laisser le temps faire les choses. Oui, mais que faire quand le temps est compté?

To baby or not to baby?

Sandra Nuytkens, psychologue, donne quatre conseils pour nous aider à y voir plus clair.

Voyez les choses en grand

« Ne vous posez pas uniquement la question de savoir si voulez, ou non, des enfants. Réfléchissez à vos projets de vie dans leur ensemble. Que souhaitez-vous accomplir? Quels sont vos objectifs? Vous verrez si de ­potentiels enfants trouvent ou non leur place dans ce schéma. »

Ne vous laissez pas influencer par des facteurs extérieurs

« Ne laissez pas des ­facteurs extérieurs, tel que le schéma familial dans lequel vous avez grandi ou les injonctions de la société, vous dicter votre choix. Prenez votre décision en pleine conscience. Beaucoup de gens pensent qu’ils sont égoïstes parce qu’ils ne veulent pas d’enfants. Mais, faire un enfant pour les mauvaises raisons, est un choix bien plus égoïste. »

Parlez-en

« C’est le conseil le plus important! Non ­seulement avec votre partenaire, mais aussi avec des amis, des collègues, des (grands/beaux)-­parents... Ce qui ne signifie pas que vous devez suivre leurs conseils à la lettre. Obtenir d’autres avis, partager vos opinions, vous aidera peut-être à voir les choses  différemment, à prendre votre décision. »

Pensez à l’enfant

« Cela pourra peut-être vous paraître étrange de penser à un enfant qui n’est pas encore né et que vous n’êtes pas sûr·e de vouloir et, ­pourtant, il est ­primordial de se mettre à la place de ce bébé. Qu’est-ce que cet enfant ­attendra de moi? Vous devrez souvent mettre vos propres besoins et vos désirs de côté. Êtes-vous prête à faire ces sacrifices? »

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