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© Getty Images

Témoignage: « J’ai dit adieu à la voiture et je ne le regrette pas! »

Barbara Wesoly

Plus de problème de parking, ni de stress lié aux embouteillages. Et pas non plus de frais d’assurance pour nous plomber le moral. Une vie sans voiture, c’est économique et écologique. Vous pensez que c’est irréaliste? Pas du tout comme nous le prouve Michèle, 24 ans, qui a renoncé à sa voiture il y a plus d’un an… et ne le regrette pas du tout.


« Quand j’étais étudiante, j’avais déjà mon permis et ma mère me laissait conduire sa voiture. Lorsque j’ai emménagé avec mon copain, j’ai même pu l’emmener avec moi. À cette époque, mon copain avait encore une voiture de société. Deux autos pour un seul couple, c’est un luxe, mais dont je profitais avec plaisir. Quand je devais faire des courses, je prenais toujours la voiture. Idem quand il pleuvait. À la fin de mes études, j’ai trouvé du travail comme collaboratrice de vente. La société est située à une dizaine de kilomètres de chez nous. Je peux facilement rejoindre mon bureau en empruntant un chemin qui longe le canal.

Mon copain et moi adorons tous les deux faire du vélo. Nous rendre quelque part en utilisant ce moyen de transport n’a rien d’une corvée. Pour nous, c’est un plaisir.


L’an dernier, nous avons même fait une rando de 10 jours à vélo à travers la France. Très vite après mon engagement, j’ai donc pris la décision de ne plus utiliser la voiture pour aller au travail. Mon copain et moi avons même fait l’investissement de vélos électriques. Ce n’est pas bon marché, c’est vrai, mais le coût d’achat n’est en rien comparable avec les frais liés à une voiture. J’adore tellement parcourir le chemin qui sépare la maison de mon travail que je ne pense même plus à emprunter la voiture.

En couple


Quand mon copain a changé de travail et qu’il a dû rendre sa voiture de société, il a décidé, lui aussi, d’aller bosser à vélo ou d’emprunter les transports en commun. À ce stade, nous avions encore une voiture pour deux, mais au fil des mois, nous avons réalisé que nous l’utilisions de moins en moins. Après en avoir discuté, nous avons donc envisagé de la rendre à ma mère. Au début, nous avons fait une sorte de test. Nous ne l’utilisions plus, mais en cas d’urgence, nous savions qu’elle était là. Après quelque temps, nous avons remarqué que ces fameuses urgences ne se présentaient en fait jamais et que nous pouvions vraiment la rendre.

Un peu moins pratique


Ça fait maintenant un an que nous avons totalement renoncé à utiliser notre voiture. Nous n’avons même pas opté pour le principe de carpooling. Nous nous déplaçons exclusivement en transport en commun ou à vélo. Est-ce que ma voiture me manque? Je ne vais pas le nier. Lorsque je fais des courses, j’avoue que j’aimerais bien pouvoir la charger comme je faisais avant. Ça m’éviterait de devoir aller aussi fréquemment au magasin. Ce qui me manque aussi, c’est de ne pas pouvoir passer voir mes parents en coup de vent comme c’était le cas avant. Ils habitent à 25 kilomètres de chez moi. C’est un peu loin. Quand on décide de rendre visite à nos familles, on se déplace à vélo. Pour nous, ça équivaut à une excursion d’un jour.

Gym gratuite


Je ne remets pas en cause les avantages de disposer d’une voiture, mais je suis ravie d’être libérée de ses désavantages. Le stress lié aux longues heures passées dans les transports en commun et le risque d’arriver en retard au boulot, par exemple. J’arrive tous les jours détendue au travail et le soir, le retour à la maison est également très zen. Sans compter que tous ces déplacements en vélo me dispensent d’aller à la gym. Et ça coûte moins cher qu’un abonnement de fitness.

Sur une année, si on compte tous les coûts liés à une voiture, dont l’assurance et le carburant, l’économie est énorme. Le fait de contribuer, à ma manière, à la protection de l’environnement, me rend aussi très fière.


Nous avons la chance de vivre au centre de notre commune. Tous les magasins – y compris les supermarchés – sont à portée de main. Ou plutôt de pédales. On peut donc vite faire une petite course en vitesse. En marge de notre vélo électrique, nous avons également investi dans des vêtements chauds et résistants à la pluie. Nos vélos sont équipés de bons phares et nous portons toujours des casques. Nous sommes conscients que dans le trafic, le cycliste reste très vulnérable. Si je n’ai pas mon gilet fluo et mon casque, je ne grimpe pas sur mon vélo.

Critiquée


Il nous arrive parfois de devoir justifier notre décision. Beaucoup de gens refusent d’admettre que dans certaines circonstances, on va plus vite à vélo qu’en voiture. Ils estiment aussi que le réseau des transports en commun n’est pas encore suffisamment bien organisé pour se permettre de se passer de voiture. Lorsqu’on a des enfants, je peux comprendre que la vie sans voiture n’est pas très pratique, mais dans notre cas… Nous sommes tout à fait conscients du regard critique que beaucoup de gens portent sur notre mode de vie. Lorsqu’on nous propose un lift, on réfléchit donc toujours avant d’accepter. On ne voudrait pas être traités de profiteurs.

Une solution d’urgence


Nous n’envisageons pas non plus de nous abonner à un système de voiture partagée. Jusqu’ici, nous n’en avons pas encore vraiment eu besoin. Sans compter que dans notre quartier, ce type de services n’est pas encore très développé. Dans les situations d’urgence, nous savons que nous pourrions toujours disposer d’une des deux voitures de mes parents. Je ne peux pas prédire le futur. Il se pourrait que nous ayons à nouveau deux voitures. Mais dans notre situation actuelle, ce n’est vraiment pas à l’ordre du jour. Nos vélos nous suffisent amplement!”

Quelles sont les solutions permettant de se passer de voiture?


Jeffrey Matthijs, expert: “Des études internationales montrent que la génération des millenials et celles qui suivent sont moins  obsédées par le principe de possession. Cette approche de la vie a un impact positif sur l’utilisation des voitures partagées.  85 % des personnes qui optent pour ce système ont entre 25 et 55 ans. Ils habitent majoritairement en ville.

La difficulté de garer sa voiture et le coût des primes d’assurance sont les deux principales motivations de ceux qui décident de renoncer à leur voiture.


Juste devant les considérations environnementales qui sont certes un facteur déterminant, mais qui n’arrive qu’en troisième position. Aujourd’hui, les Bruxellois qui renoncent à leur voiture peuvent, grâce à la prime Bruxell’Air, bénéficier pendant une année d’un abonnement pour les transports en commun et pour Cambio Start (un système de voiture partagée) ainsi que d’une prime vélo plafonnée à 505 €. La deuxième année, ces avantages sont prolongés, moyennant certaines conditions, dont la radiation de la plaque. Depuis dix ans, la STIB et la TEC proposent des abonnements de bus gratuits aux Bruxellois et aux Wallons qui choisissent de renoncer à leur voiture. À ce jour, plus de 50.000 francophones ont bénéficié de cette offre.

La voiture partagée en pratique

Certains organismes disposent de leur propre flotte de véhicules. Le montant à payer est calculé en fonction du nombre de kilomètres parcourus ou du nombre d’heures d’utilisation. La voiture partagée doit être ramenée soit à l’endroit précis où elle a été empruntée, soit à l’intérieur d’une zone. L’utilisateur doit alors utiliser son smartphone pour localiser la voiture qui peut alors être ouverte et réutilisée. Tout dépend du mode de fonctionnement de la société. Cambio (cambio.be) propose un service de réservation par téléphone, Internet ou via une appli dédiée. Pour les trajets courts, les Bruxellois peuvent désormais compter sur des systèmes de partage type DriveNow (drive-now.com) ou Zipcar (zipcar.be). L’idée: vous indiquez, en temps réel, les véhicules disponibles dans la zone où vous vous trouvez. Lorsque vous n’en avez plus besoin, il vous suffit de le redéposer où vous le souhaitez dans une zone définie. Certains particuliers décident, moyennant une somme définie à l’avance, de partager leur voiture avec d’autres utilisateurs. Sur wibee.be, vous pouvez créer une communauté de voisins ou découvrir les communautés déjà existantes dans votre région (Bruxelles, Liège, Louvain-La-Neuve…). CarAmigo ou Drivy proposent le même type de service.

Une voiture. Et quoi d’autre?

De plus en plus de sociétés proposent d’autres solutions de mobilité, comme le scooter (Scooty à Bruxelles) ou la trottinette électrique. Ces solutions restent néanmoins cantonnées à certaines villes ou à certains quartiers. Pour l’instant, vous pouvez réserver les trottinettes Troty à Bruxelles, Liège, Namur ou Knokke.

www.scotty.com et www.troty.be.

Texte: Jill De Bont et Marie Honnay. Photos: Tim De Backer


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