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© BANGKOK THAILAND - APRIL 20, 2015: Unidentified people visit Soy Cowboy. Soy Cowboy is a 150 meter long street with some 40, mostly go-go bars in Bangkok which is similar to Nana Plaza. ; Shutterstock ID 285827942; Projectnummer: aaa; Uitgave: aaaaa; Traffic: aaa; Anders: aaaaa

En Thaïlande, les puissants dégustent des filles pour le ““dessert””

Kathleen Wuyard

Outre ses paysages paradisiaques et ses plages immaculées, la Thaïlande est aussi tristement connue pour son tourisme sexuel. Et il n’y a pas que les Occidentaux qui en profitent: la pratique des «filles dessert » y fait rage.

Le principe: quand des hauts fonctionnaires viennent en visite, ils sont accueillis comme des rois avec repas de gala, et un dessert carrément charnel; des jeunes filles servies sur un plateau. La plupart du temps mineures, les filles sont forcées de participer à ces soirées, sans pouvoir compter sur l’aide de la police. Ainsi que la maman d’une des jeunes filles l’a confié à la presse locale, les policiers font du chantage, acceptant de passer sous silence les preuves de la consommation de drogue des filles qui servent de « dessert ».

Une tradition répandue


Très vite, le témoignage de la maman a fait l’effet d’une trainée de poudre et les journaux du pays se sont emparés de l’affaire. De quoi contraindre la police nationale à ouvrir une enquête sur ces réseaux de filles, et à inculper une petite dizaine de policiers. Ainsi que Boonyarit Nipavanit, un fonctionnaire de la région de Mae Hong Son, l’a expliqué à l’AFP, « cette tradition est répandue depuis bien longtemps. Lorsque des groupes de fonctionnaires viennent, la coutume veut qu’on les accueille avec de la nourriture puis qu’on « déballe des tapis », ce qui veut dire qu’on leur fournit des filles ». Parfois même cinq à dix femmes pour chaque fonctionnaire, afin qu’ils puissent choisir.

Des filles considérées comme des biens


Si c’est dans la région de Mae Hong Son, à la frontière avec la Birmanie, que le scandale a éclaté, c’est tout le pays qui serait touché. Dans la société thaïlandaise, ultra hiérarchisée, il est en effet de bon ton de se plier à tous les sacrifices pour satisfaire ses supérieurs et faire avancer sa carrière. Lakkana Punwichai, une éditorialiste thaïlandaise, a ainsi expliqué qu’en l’absence de méritocratie dans la bureaucratie thaïlandaise, la corruption est nécessaire pour se faire bien voir de ses chefs. Sans compter que « la culture thaï ne considère pas les filles comme des êtres humains mais comme des biens, un cadeau ».

« Montrer l’exemple »


Depuis le scandale de Mae Song Hon, le Ministère du développement social a affirmé vouloir « montrer l’exemple » et lutter contre le système de trafic. Une promesse qui laisse les spécialistes sceptiques: si 244 filles, la plupart mineures, ont été sauvées de la traite des êtres humains en 2016, les actions du gouvernement vont rarement plus loin. Résultat: alors que la prostitution est illégale depuis les années 60 en Thaïlande, le secteur du sexe représente des revenus annuels estimés à 6.4 milliards de dollars. Un chiffre qui coupe l’appétit.

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