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Ce que la saga Chrissy Teigen dit de la perversité de la cancel culture

Kathleen Wuyard

Hier encore « reine de Twitter » autoproclamée, Chrissy Teigen revient tout juste d’un exil forcé des réseaux sociaux, après que d’anciens tweets et messages privés cruels signés de sa plume aient refait surface. Alors qu’elle vient de présenter des excuses très publiques, la saga n’en finit pas et se complique.


Il y a peu, l’épouse de John Legend, avec qui elle a eu trois enfants dont un fils dont la grossesse n’est pas arrivée à terme, était considérée comme la reine incontestée des réseaux sociaux pour ses répliques aussi hilarantes que piquantes. Une de ses cibles de choix? Donald Trump, qui l’avait d’ailleurs bloquée, et dont elle dénonçait sans relâche les politiques excluantes voire dangereuses mais aussi les sorties publiques vulgaires et blessantes. Une justicière 2.0 utilisant sa plate-forme pour lutter contre la désinformation et les trolls, Chrissy Teigen?

En 2021, peut-être, mais ainsi que d’anciens tweets et messages privés partagés par Courtney Stodden le révèlent, il n’en aurait pas toujours été ainsi. Devenue célèbre pour s’être mariée avec un des acteurs quinquagénaires de « La Ligne Verte » alors qu’elle n’était même pas sortie de l’adolescence, la jeune femme aurait été invitée par Chrissy Teigen, entre autres gentillesses, à se suicider. Une invitation répétée à plusieurs reprises, en public et en privé, sur Twitter ou Instagram. Dans la foulée, le créateur de mode Michael Costello avait lui aussi dénoncé la campagne d’harcèlement en ligne dont il aurait été victime de la part de Chrissy, cette dernière ayant déchaîné ses foudres sur lui après qu’il ait été accusé d’avoir employé le « n word« .

 

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La paille et la poutre


Dans une longue note d’excuses diffusée sur son compte Instagram après un hiatus de plusieurs semaines, l’épouse de John Legend (dont la bio dit d’ailleurs avec humour qu’il est « le mari de Chrissy ») reconnaît avoir été par le passé « un troll » et en être « incroyablement désolée ». Comparant sa situation à une version pour le moins inconfortable de « va t’asseoir là-bas et réfléchis à ce que tu as fait », la mannequin et entrepreneuse avoue avoir pris ce temps de pause pour prendre la mesure de certains de ses anciens tweets, dont elle confie être « follement honteuse » et souligne être reconnaissante, malgré la difficulté de ces dernières semaines, d’avoir été tenue responsable de ses actions passées et d’avoir pu réfléchir à son comportement ainsi qu’à l’exemple qu’elle donnait à ses enfants, tout particulièrement sa fille.

Un long mea culpa public qui a été salué d’une série de coeurs en commentaire par John Legend et Jennifer Garner, mais aussi d’un message particulièrement pertinent de la part de l’actrice Zoe Saldana (« Avatar »), laquelle a remarqué que le trolling dont Chrissy Teigen a été victime est aussi injuste et dangereux que celui qu’elle avait fait subir à Courtney Stodden à l’époque. Car c’est bien là toute la perversité de la cancel culture actuelle, qui consiste en substance à faire subir des abus publics et incessants à l’une ou l’autre personne, sous couvert d’une faute qu’elle aurait commise. Une « revanche » sans aucune notion de proportionnalité puisque la cancel culture implique des meutes comptant parfois des dizaines de milliers d’internautes. Autre paradoxe du procédé? Il est l’incarnation même du paradoxe de la paille dans l’oeil, avec tout ce que ça implique d’allers-retours enragés.


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Un cercle vicieux


Suite aux excuses de Chrissy Teigen, le designer américain Michael Costello a publié sur son Instagram une série de messages qu’il assurait « ne pas vouloir partager » mais qu’il avait besoin de rendre publics, détaillant la campagne de cyberharcèlement dont il aurait été victime de la part de Chrissy ainsi que de sa styliste, Monica Rose. Lesquelles l’auraient selon lui rendu persona non grata à Hollywood après qu’il ait été accusé d’avoir traité quelqu’un de « n*gre ». Une situation qui, des années après, provoquerait encore chez lui des pensées suicidaires, assure-t-il. Problème? Si Michael affirme avoir souffert psychologiquement à cause de Chrissy Teigen, suite à sa déclaration, c’est à son tour d’être accusé d’avoir fait souffrir quelqu’un d’autre, la chanteuse Leona Lewis en l’occurrence.

 

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Sur son Instagram, l’interprète de « Bleeding Love » assure avoir été victime de grossophobie de la part du designer américain, qui aurait refusé de se rendre à son essayage parce qu’elle ne rentrait pas dans une taille mannequin, ce qui l’aurait poussée à s’abstenir de participer à un défilé pour la bonne cause. Confiant avoir été humiliée, Leona Lewis ajoutait souffrir encore aujourd’hui de nombreux complexes à cause de cet événement. Un événement dont le couturier jure pour sa part ne pas se souvenir…

En exhumant des comportements datant parfois de plusieurs années, vus uniquement par le prisme de la personne qui les dénonce, la cancel culture crée ainsi un cercle vicieux d’accusations qui, si elles témoignent d’une souffrance légitime, manquent pourtant parfois de légitimité. Surtout, en causant aux autres la même douleur que celle qui est dénoncée, elle entretient un cercle sans fin de souffrance et de colère. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, dans la langue de Shakespeare, l’expression « oeil pour oeil, dent pour dent », est complétée d’une mise en garde: « an eye for an eye, and the whole world goes blind« … Cachez donc cette meute virtuelle rageuse qu’on ne saurait voir.

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