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Cette bande-dessinée prouve que les féministes extrémistes n’existent pas

Justine Rossius

« Je suis féministe, mais pas extrémiste ». Si vous avez déjà entendu/dit cette phrase, la bande-dessinée d’Eve Cambreleng pourrait bien vous apprendre quelque chose. Qu’est-ce que l’extrémisme quand il s’agit de prôner l’égalité hommes-femmes ?


Eve Cambreleng, illustratrice française active sur Instagram via le compte @Aboutevie, vient de sortir une publication sous la forme d’une bande-dessinée qui fait actuellement le tour du réseau social. Elle évoque le sujet brûlant des féministes extrémistes en tâchant de répondre à la question suivante : mais qui sont-elles ?

Tout se passe dans notre société comme s’il existait d’un côté les « bonnes féministes » ou les féministes « normales » et de l’autre, les mauvaises, les  « extrémistes ». Eve pose alors cette question très juste, qui mène à la réflexion : « Qu’est-ce qui est extrême dans le fait de vouloir un monde plus juste ? » S’en suit toute une ribambelle de préjugés à propos des féministes, qu’elle détruit l’un après l’autre.

Les féministes sont plus extrémistes qu’avant


Il existe un préjugé comme quoi le féminisme deviendrait de plus en plus extrémiste. « On ne peut même plus draguer » diront certain•e·s. Mais ce qu’explique l’illustratrice, c’est que le féministe a de tout temps dérangé et que les féministes d’avant n’étaient pas plus soft que celles de maintenant. Au contraire : les suffragettes, par exemple, avaient des modes d’action violents : elles crachaient sur la police et brisaient des vitres… Or, plus de 100 ans plus tard, tout le monde s’accorde à dire que leur combat était légitime et a porté ses fruits notamment en accordant le droit de vote aux femmes.

 

Les féministes détestent les hommes


Une autre critique souvent adressée aux féministes est le fait qu’elles semblent détester les hommes. Ce que la BD explique, c’est que cette colère adressée aux hommes n’est qu’une réaction à la violence masculine. « C’est une réponse légitime à la misogynie » explique-t-elle. Misogynie active depuis des millénaires, avec des femmes de tout temps battues, violées et tuées parce que femmes (notamment via la chasse aux sorcières).

 

Les Femen sont des hystériques


Encore un préjugé qu’on entend très souvent à propos de ce groupe féministe d’origine ukrainienne. Mais finalement, qu’est-ce qui dérange vraiment dans leur comportement ? Le fait qu’elles ôtent leur t-shirt et qu’elles peignent dessus, alors que les femmes ne sont pas supposées faire du topless dans l’espace public ? Est-ce que ce n’est pas finalement ça qui fait peur ? Et où est la violence là-dedans ?

 

Au final, l’auteure s’interroge sur l’identité des féministes que l’on juge « extrémistes ». Est-ce celles qui se battent pour l’utilisation de l’écriture inclusive ? « C’est ça qui vous terrifie ? Une écriture moins excluante et un point médiant ? ». Alors oui, voir placarder dans les rues des phrases telles que « On ne veut plus compter nos mortes », ça fait peur. C’est glauque. Mais ainsi que le rappelle l’auteure de cette bande-dessinée, c’est la réalité des victimes qui est violente et pas leur dénonciation. Et cette réalité violente ne peut pas être combattue de manière lisse et pacifiste. Demander aux femmes qu’elles affrontent la violence systémique et impunie de manière totalement calme, douce, et polie — qualités que l’on attend généralement des femmes — est, selon l’auteure du compte @aboutevie, « plus qu’indécent ». Car « pendant qu’on s’acharne sur un féministe extrémiste fantasmée, la violence masculine continue de faire des morts ». Et de rappeler que 146 femmes sont tuées en 2019 par leur compagnon ou e ex-compagnon (en France). Le danger, le vrai, n’est certainement pas le féminisme.

 

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