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Aux USA, l’Etat de Géorgie interdit l’avortement dès le 1er battement de coeur du bébé

Kathleen Wuyard

« On n’arrête pas le progrès » veut l’adage, mais aux USA, ce serait plutôt le contraire en ce qui concerne les droits des femmes. Dans l’Etat de Géorgie, l’avortement sera désormais interdit dès le premier battement de coeur du bébé, soit 6 semaines seulement.


À titre de comparaison, en Belgique, l’avortement est autorisé jusqu’à la 12e semaine de grossesse, ce qui ne manquerait certainement pas de choquer Brian Kemp. En effet, le gouverneur de Géorgie, un Etat conservateur du Sud des Etats-Unis, s’est réjoui de la nouvelle loi relative aux interruptions volontaires de grossesse. Probablement parce qu’il n’a pas d’utérus, et n’est donc pas vraiment concerné, mais officiellement parce que « ce projet de loi est très simple mais aussi très puissant ».

C’est une déclaration selon laquelle toute vie a de la valeur et toute vie mérite d’être protégée.


Oui, mais non, car en pénalisant l’avortement au delà de 6 semaines, ce sont les vies de milliers de femmes que cette nouvelle loi met en danger. Ce n’est pas parce que les IVG sont illégales qu’elles n’ont plus lieu, simplement, elles sont contraintes d’avoir lieu dans la clandestinité, avec tous les dangers que cela entraîne pour la santé des femmes. On croyait l’époque des cintres et autres méthodes aussi barbares que dangereuses révolues depuis la légalisation de l’avortement aux States en 1973, mais près d’un demi-siècle plus tard, les Etats sont nombreux à faire d’effrayants retours en arrière.

Le Mississippi a le triste honneur d’avoir adopté récemment une des lois les plus contraignantes en matière d’avortement, l’interdisant dès les premiers battements de coeur (et donnant le mauvais exemple à la Géorgie au passage), tandis que le Texas a failli adopter une loi rendant l’IVG passible de peine de mort. Des lois similaires à la « Heartbeat Bill » du Mississippi avaient également été adoptées au Kentucky et dans l’Iowa, avant d’être immédiatement bloquées par des juges. Si des exceptions à la loi sont prévues, autorisant l’avortement jusqu’à vingt semaines de grossesse dans les cas où la grossesse présenterait un risque mortel pour la mère, ou si celle-ci a subi un viol ou un inceste et a porté plainte à la police, dans les faits, obtenir une IVG deviendra extrêmement complexe en Géorgie. En effet, le manque de cliniques pratiquant l’avortement rendait déjà compliqué à l’heure actuelle d’en obtenir un avant six semaines de gestation. Désormais, les femmes enceintes qui n’obtiennent pas leur rendez-vous avant ce délai n’auront d’autre choix que de garder leur bébé ou avorter dans la clandestinité. Un inadmissible retour en arrière que dénonce notamment l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU).

Cette législation interdit l’avortement légal et pratiqué en sécurité, et criminalise la décision la plus intime prise par les femmes et les couples »


À six semaines de grossesse, nombre de femmes ignorent encore être enceintes. Et ainsi que le souligne Andrea Young, directrice exécutive de l’ACLU, « les femmes d’aujourd’hui ne peuvent s’épanouir que dans un État qui protège leurs droits les plus fondamentaux –le droit de choisir quand et si elles veulent ou non fonder une famille. La Géorgie ne peut pas se permettre de reculer sur la santé et les droits des femmes« . Seul espoir pour les femmes de Géorgie: que la loi soit bloquée par un veto législatif ou annulée par un juge. Jusqu’à présent, tous les Etats qui ont adopté des « heartbeat bills » ont en effet vu celles-ci jugées anticonstitutionnelles, et elles ne sont pas entrées en vigueur. Mais jusqu’à quand?

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