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5 femmes nous parlent d’argent: « À 44 ans j’aurai remboursé mon crédit hypothécaire »

Loyer, sorties, courses, shopping… À quoi ressemble le budget des femmes belges? Pour le savoir, nous avons demandé à cinq d’entre elles de nous ouvrir leurs comptes et de nous parler d’argent en toute sincérité.

Lieselotte (28 ans)


Lieselotte travaille en tant qu’éducatrice dans une crèche et gagne 1.500€ par mois. Ses coûts fixes représentent 1050€ chaque mois. Pour le moment, son compte épargne est vide. 

‘Mes coûts fixes – parmi lesquels mon loyer, mon assurance incendie, mon abonnement à la salle de gym et le remboursement de mon crédit voiture – représentent environ 1050€ par mois. À côté de ça, je dépense 275€ environ pour me nourrir: j’ai des intolérances alimentaires, qui m’imposent notamment une alimentation sans gluten, et ces produits coûtent en général plus cher. Ajoutez à tout ça les impondérables, comme mon assurance hospitalisation ou mon assurance auto, sans oublier les dépenses imprévues, et il ne reste pas grand-chose…

Cela fait quelques mois que je me sens mal dans ma peau parce que mon compte épargne est à zéro ».


‘Vu ma situation financière, c’est virtuellement impossible pour moi d’épargner et ça fait quelques mois que je me sens mal dans ma peau parce que mon compte épargne est à zéro. Je suis honteuse de mes finances, je dois vérifier l’état de mon compte à vue presque chaque fin de mois pour m’assurer que je ne suis pas dans le rouge. Ça m’est déjà arrivé d’annuler des rendez-vous médicaux parce que je n’avais pas de quoi les payer. J’en viens à me dire que je prendrais bien un job supplémentaire, mais après ma journée de boulot, je suis épuisée. Si je partageais ma vie avec quelqu’un, ce serait plus simple, mais je dois apprendre à m’en sortir toute seule. Heureusement, je reçois un petit remboursement annuel des impôts, montant qui va directement sur mon compte épargne’.

Josefien (28 ans)


 Josefien travaille dans le secteur événementiel et a perdu son travail au début de la crise sanitaire. Quelques mois auparavant, son compagnon avait mis un terme à leur relation. Elle touche le chômage et une pension alimentaire et a repris des études pour devenir institutrice.

‘Quand je travaillais encore, j’avais un salaire net de 1.850€ par mois. Depuis que j’ai perdu mon boulot, je touche 1.250€ de chômage, soit une différence de 600€ tout de même. Mon ex me verse une pension alimentaire, mais 165€ ne font pas vraiment la différence avec deux jeunes enfants à la maison. Avec ça, je ne paie même pas la moitié de la crèche, et ne parlons même pas des couches. En ajoutant les allocations familiales de 310€, j’arrive à un total mensuel de 1.725€ mais avec ça j’arrive à peine à joindre les deux bouts. Les mois derniers se sont déroulés comme dans un brouillard noir pour moi, il y a eu des jours où je ne mangeais que du riz, pour que mes enfants puissent avoir viande, légumes et féculents dans leurs assiettes. Je paie mes courses de nourriture avec ma Visa, pour pouvoir étaler les coûts sur le mois d’après, mais même comme ça, il arrive que je n’aie plus d’argent. Heureusement, j’ai de la chance d’avoir de gentils parents chez qui on peut souvent s’inviter à manger.

Il y a eu des jours où je ne mangeais que du riz pour que mes enfants puissent avoir viande, légumes et féculents dans leurs assiettes.


‘Pour le moment, je ne suis pas en recherche active d’emploi, pour la simple et bonne raison que j’ai été contactée par le VDAB (équivalent néerlandophone du Forem, ndlr), qui m’a proposé de suivre une formation rémunérée. C’était une chance incroyable pour moi qui ai arrêté mes études après les humanités, et j’en ai profité pour entamer une formation d’institutrice. En prime, le VDAB prend en charge les coûts de la crèche, donc ça fait déjà un poids en moins sur mes épaules et je peux me concentrer sur mes études’.

Ellen (25 ans)


Ellen travaille en tant qu’infirmière dans le secteur de la santé mentale et touche 1.916,8€ par mois. Son employeur lui fournit en prime une assurance hospitalisation et une prime de fin d’année, tandis que son compagnon, lui, gagne 1.950€ par mois. Leurs coûts fixes représentent 2.100€ mensuels et ils ont 3.500€ sur leur compte épargne. 

‘La crise du COVID a été difficile parce que mon compagnon travaille dans le secteur événementiel et s’est retrouvé au chômage technique lors du premier confinement. Ses revenus mensuels ont été diminués de 30%. Ajoutez à ça le fait qu’on venait d’acheter une maison juste avant le premier confinement et vous obtenez pas mal de soirées d’angoisse passées à se demander comment on allait arriver à joindre les deux bouts. Le remboursement de notre crédit hypothécaire est calculé sur deux salaires complets, pour nous permettre de garder un peu d’argent pour vivre tout de même.

À cause du COVID, on a été obligés d’adapter notre mode de vie pour pouvoir continuer à payer nos frais fixes.


‘Ces derniers mois, on a été obligés d’adapter notre mode de vie pour pouvoir continuer à payer nos frais fixes. On doit payer 80€ par mois d’abonnement de téléphone, 200€ pour l’assurance auto et les pleins, 300€ pour les courses de nourriture… Par chance, notre maison consomme peu et on ne paie que 18€ par mois pour notre facture d’eau par exemple et 70€ pour l’électricité’.

Kelly (30 ans)


Kelly gagne 1.950€ nets en tant qu’employée logistique. Elle bénéficie aussi d’avantages extralégaux, notamment des écochèques, 8€ par jour de chèques repas, une assurance hospitalisation et une assurance groupe. Son mari gagne 2.200€ par mois et leurs frais fixes représentent 1.330€ par mois. Il y a 7.000€ sur son compte épargne. 

‘Ensemble, avec mon mari, on gagne 4.150€ par mois. On a un compte commun pour les dépenses du ménage, mais on épargne chacun de notre côté. On paie environ 1.050€ en tout par mois pour notre logement: il y a trois ans, on a fait refinancer notre emprunt et on a bien fait, parce que ça nous a permis d’épargner quelques milliers d’euros chacun depuis. Le gaz, l’eau et l’électricité représentent 180€ par mois, et pour l’Internet, la télé et nos portables, on paie 100€ par mois’.

Avant on avait un budget alimentaire de 500€ par mois, mais il est passé à 380€.


‘Les courses représentent une grande partie de notre budget. Avant, on avait tendance à trop acheter et à devoir jeter des aliments périmés, mais tout ce gaspillage appartient au passé: avant de décider ce qu’on a envie de manger, on inspecte d’abord le contenu du frigo et des armoires. Soit on accommode des restes, soit on expérimente avec les produits qu’on a sous la main, et grâce à cette nouvelle démarche, on a pu passer d’un budget alimentaire de 500€ par mois à 380€ environ, ce qui nous laisse plus d’argent disponible pour d’autres choses. Même si on épargne tous les deux autant qu’on peut, on aime bien se gâter avec un petit resto ou une journée wellness, c’est important de se rappeler de profiter de la vie’.

Leentje (24 ans)


Leentje est supply chain consultant et grâce à une activité d’indépendante complémentaire sur le côté, elle gagne 2.050€ par mois. Elle bénéficie d’une voiture de société avec carte essence plus des écochèques et a des coûts fixes de 1.100€ par mois. Il y a 5.500€ sur son compte. 

‘J’ai un salaire de 2.050€ à 24 ans seulement, je n’ai donc vraiment pas à me plaindre (elle éclate de rire). J’ai pu acheter une maison l’année de mes 21 ans, grâce à des années de petits boulots quand j’étais ado et une approche très stricte de mon épargne. Ma maison coûtait 190.000€, mais j’ai déjà pu en avancer 60.000€. Concrètement, ça veut dire que j’aurai remboursé mon crédit hypothécaire à 44 ans!

J’aurai remboursé mon crédit hypothécaire à 44 ans!


‘Chaque mois, mon remboursement de prêt me coûte 750€. Si j’ajoute les coûts fixes, j’en suis à 1.100€, mais c’est sans compter mon budget alimentation: j’achète bio et parfois ça veut dire que j’en ai pour 300€ par mois. Pas donné, mais la santé n’a pas de prix, même si je ne néglige pas mon épargne pour autant. J’essaie de mettre environ 400€ de côté chaque mois pour me confectionner un confortable matelas financier. Si je vois où j’en suis à mon âge, je suis plutôt contente, surtout quand je compare ma situation à celle de mes potes. La plupart d’entre eux habitent toujours chez leurs parents et se plaignent de ne pas joindre les deux bouts. Gérer ses finances demande de la discipline, mais ça en vaut la peine!’.

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