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FAUT QU’ON PARLE: t’es gentil Paul, mais on voudrait surtout des transports en commun fiables

Kathleen Wuyard

On ne sait pas si Cloclo a écrit son hit « Ça s’en va et ça revient » au sujet de la gratuité des transports en commun en Belgique, mais le fait est que la proposition revient régulièrement sur la table. Sans jamais être concrétisée, notez. Et sans prendre non plus en compte le fait que ce qui ferait surtout plaisir, ce serait d’avoir des transports en commun fiables.


Bien sûr, que prendre le bus gratuit, ce serait vraiment chouette. Et évidemment que vu la hausse constante des abonnements dans les transports en commun et le fait qu’un billet de train coûte parfois plus cher qu’un vol low-cost (c’est un autre problème) a de quoi faire rager celles et ceux qui choisissent l’option écologique mais sont pénalisés financièrement en contrepartie. Mais ceci étant, la vraie raison pour laquelle c’est insupportable de payer ne fût-ce qu’une poignée de pièces jaunes pour prendre les transports en commun, c’est parce qu’en Belgique, TEC, SNCB et autres sont juste un synonyme de « torture mentale ».

Autrement dit, c’est gentil hein, Paul, d’avoir plaidé par article dans Le Soir interposé pour la gratuité des transports en commun. Vraiment, en plus on ne doute pas que ça part d’un bon sentiment. Mais sachant que la mesure a un coût estimé de 700 millions par an rien qu’en ce qui concerne la SNCB, auxquels il faudrait ajouter 320 millions d’euros annuels pour couvrir la gratuité des TEC en Wallonie et de la STIB à Bruxelles, peut-être que c’est juste nous hein, mais disons qu’on aimerait mieux que ce milliard aille à l’amélioration de la fiabilité du service existant. Parce que bon, un billet gratuit pour prendre ce qui est, pour le dire poliment, un transport de merde, c’est trop cher payé quand même.

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Médisantes, nous? C’est vrai qu’il y a presque plus de suspense à vouloir faire la navette quotidienne entre Bruxelles et Liège en train que dans les séries les plus addictives de Netflix: le retard sera-t-il de moins de quinze minutes? Ou plus d’une heure? Pour les accros aux rebondissements, le mieux est encore les trajets nécessitant une correspondance, avec tous les questionnements qu’ils impliquent en Belgique: vais-je avoir le train suivant? Si je le rate, alors même que j’avais normalement 30 minutes entre mes deux correspondances, quand est le prochain? Y’aura-t-il encore des bus qui roulent quand j’arriverai enfin à la gare? Vais-je pouvoir rentrer chez moi un jour?!?

Mieux qu’un thriller de 300 pages ou un film d’horreur, rien de tel que les transports en commun en Belgique pour jouer à se faire peur. Même si bon, ce qui est surtout effrayant, c’est à quel point les déceptions sont prévisibles.

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L’enfer, c’est les transports en commun


Un peu de pluie? Retard. De la neige, même un millimètre vite fait qui fond tout de suite? Retards +++ voire même transports annulés. Un incident? Grèves. Ajoutez à cela une « heure de pointe » quotidienne qui s’étend plutôt sur 6 heures réparties en début de journée et en fin d’après-midi et des transports en commun tellement bondés qu’il est parfois non seulement impossible de s’y asseoir mais aussi de simplement pouvoir s’agripper à une quelconque poignée et vous obtenez une situation à laquelle on voit bien mal ce que la gratuité viendrait arranger.

Non parce que tu vois Paul, ce n’est pas tant parce que c’est payant que les transports en commun sont boudés que parce qu’ils sont juste vraiment, horriblement, atrocement désagréables à prendre.

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Bien sûr, qu’on le sait, que c’est le meilleur choix à part le déplacement à vélo ou à pieds en ce qui concerne l’écologie. Evidemment, que dans tout ce miasme, il y a des moments qui en valent la peine, que ce soit le sourire d’un•e conduct•eur•ice ou contrôl•eur•euse, les rencontres qu’on fait parfois quand on répète chaque jour le même trajet (coeur sur les doigts aux cliques de navetteurs qui se gardent des places et papotent autour de leur thermos de café, vous êtes adorables) et oui, c’est agréable de se laisser baisser en regardant le paysage défiler par la fenêtre.

Mais pour chaque trajet ou le roulement est agréablement berçant, où il y a la place pour s’asseoir et se laisser porter par le voyage, où on tombe sur des employé.e.s adorables au sourire communicatif, il y en a trop qui se font dans une masse compacte de stress et de voyag.eur.euse.s serré.e.s comme des sardines et furieux d’avoir dix, vingt, trente, nonante minutes de retard.

Même gratuit c’est trop cher


S’il y a vraiment des centaines de millions à investir, avant de proposer des voyages gratuits, ce serait bien de mettre en place les mesures nécessaires pour que ça devienne agréable et donc tentant de troquer la voiture pour le train, le tram ou le bus. En imaginant une généralisation des trains à deux étages, par exemple, pour que plus de gens puissent s’asseoir. En prenant les mesures nécessaires pour que les retards appartiennent au passé (promis, ils y arrivent dans plein d’autres pays). En offrant une alternative fiable, plutôt qu’une pénitence, tant pour celles et ceux qui utilisent le réseau que pour les personnes qui y travaillent et sont trop souvent (parfois même injustement) la cible des récriminations. Pas forcément gratuit, mais qualitatif. Et ça, vu l’état actuel, en vrai ça n’aurait pas de prix. Enfin disons que ce serait une meilleure affaire, parce que pour le moment, vu la qualité du service, même gratuit c’est trop cher.

Tu te tentes une journée navette Wallonie-Bruxelles puis STIB en heure de pointe et tu nous dis, Paul? Merci. Bisou (et courage).

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