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Les troubles anxieux, ou quand l’anxiété imprègne les facettes du quotidien

Manon de Meersman


Les troubles anxieux se traduisent par de l’anxiété permanente, se déclarant pour diverses raisons et à différents niveaux. Celle-ci entrave le fonctionnement de la personne qui en souffre sur le plan personnel, professionnel et relationnel, soit dans les différentes facettes de sa vie. De la sensation de stress au creux du ventre à la crise d’angoisse, en passant par la gorge serrée et la paralysie par la peur, l’anxiété peut prendre le contrôle du quotidien, et rendre la vie bien compliquée à des égards.


Que ce soit en psychologie ou en psychiatrie, les différents troubles anxieux sont définis par des classifications internationales, périodiquement remises à jour en fonction des avancées de la recherche sur le sujet. En fonction de leur nature et de leur degré, elles vont donc freiner la personne dans sa vie quotidienne, pouvant aller jusqu’à l’isoler complètement. « Les troubles anxieux sont une famille de différents troubles qui sont fréquemment rencontrés au sein de la population (approximativement 10% de la population belge), explique Maxime Lognoul, psychiatre hospitalier et psychothérapeute formé en thérapie cognitivo-comportementale (TCC). En effet, il n’est pas anormal de ressentir du stress ou de la peur de façon ponctuelle, mais lorsque c’est envahissant et présent sur la durée, cela devient pathologique. Et si l’anxiété peut être considérée comme une émotion naturellement utile nous permettant de nous adapter dans une certaine mesure et faire face à des situations nouvelles, ce n’est que lorsqu’elle est vécue comme débordante que l’on parlera de troubles », ajoute le spécialiste.

Les différentes représentations des troubles anxieux


Comme l’explique Laura Angelini, assistante en psychologie de formation et travaillant depuis 7 ans dans le secteur de la santé mentale, il existe différents types de troubles anxieux: anxiété de séparation, mutisme sélectif, phobies, anxiété sociale, trouble panique, agoraphobie, anxiété généralisée, trouble anxieux dû à la prise de substances, trouble anxieux dû à une affection médicale et les troubles anxieux non spécifié, ces différentes catégories étant recensées dans le DSM-5, soit le manuel reprenant les critères diagnostiques des pathologies psychiatriques. Maxime Lognoul explique que ces troubles anxieux peuvent notamment être représentés sous diverses formes, précisant qu' »il n’existe pas de gradation absolue des troubles mais que la sévérité peut varier ».

  • Les phobies spécifiques, où l’individu se retrouve débordé par la peur d’éléments très spécifiques. Par exemple, la phobie des araignées (arachnophobie) ou la phobie des lieux confinés (claustrophobie);
  • La phobie sociale (ou anxiété sociale) où l’individu peut présenter une anxiété disproportionnée dans un ou plusieurs types d’interaction sociale. Par exemple, l’anxiété de performance lors d’un entretien d’embauche, la peur des interactions sociales usuelles, la peur d’être observé ou de révéler qui on est vraiment ou encore, la peur de s’affirmer face à un vendeur;
  • Le trouble anxieux généralisé, où l’anxiété reste présente de manière latente et peut être associée à une appréhension anxieuse du futur et des imprévus. Il n’est pas rare que cette anxiété soit ciblée sur des thèmes plus spécifiques (par exemple la crainte qu’il n’arrive quelque chose à nos proches);
  • Le trouble panique, où l’anxiété arrive par crise débordante, on parle alors d’attaque de panique ou de tétanie. Les personnes en souffrant développent progressivement une peur de refaire de nouvelles crises et présentent fréquemment une hypervigilance de leurs signaux corporels.


Des troubles qui prennent leurs racines à différentes sources


En Belgique, et d’autant plus en cette période, nombreuses sont les personnes à souffrir d’anxiété. Pour certains, celle-ci remonte à bien avant le confinement. Pour Garance*, 26 ans, les troubles anxieux ont débarqué dans sa vie lorsqu’elle était encore à l’école primaire. « En arrivant à l’école, j’avais mal au ventre. Pleurs, vomissements, crises d’angoisse, et d’autant plus en période de pré-examens. Je me rendais malade », explique-t-elle. « Pour quelle raison je ne sais pas, mais j’étais déjà très anxieuse. À ce moment-là, je ne me rendais pas compte qu’il s’agissait de troubles anxieux. C’est seulement aujourd’hui que je vois ça comme les prémices de mon anxiété ». Pour Clémence*, cela a commencé à partir de la 5ème secondaire. « Ça n’a pas été identifié comme tel; ça a été identifié comme de la dépression, qui était aussi tout à fait présente. J’avais des symptômes physiques, qui, 5 ans plus tard, ont été diagnostiqués comme des symptômes d’anxiété sévère », explique-t-elle. « Perfectionniste et stressée, je voulais, dès les secondaires, être une bonne élève, être intégrée; je voulais plein de choses. Mais toute cette pression c’est lourd pour une gamine de 16, 17 ans, surtout sachant que j’avais également beaucoup de responsabilités à la maison: je vivais seule avec ma maman qui avait un travail assez prenant, j’étais très indépendante et j’ai dû prendre mes responsabilités pour tout donc j’avais la pression dans tous les domaines de ma vie ». Pour Aïcha*, 29 ans, les troubles anxieux sont arrivés plus tard. « L’anxiété est apparue dans ma vie lorsque j’ai commencé mes études. Vers 21, 22 ans mes premières crises sont apparues. C’était un milieu très compétitif de manière générale et ça m’a généré beaucoup de stress. La course aux points, c’était vraiment pas pour moi ».

Les troubles anxieux prennent leurs racines à différentes sources. Pour Kelly, 26 ans, l’élément déclencheur de l’anxiété permanente a été la rupture avec son ex, qui était caractérisé comme un pervers narcissique. « Une période de ma vie que je préfère parfois oublier », explique-t-elle. « Étant piégée dans ce type de relation, on ne se rend pas toujours compte du mal que l’on nous fait et du mal que l’on se fait. Il m’a fallu du temps, même après la rupture pour me rendre compte que je n’allais pas bien, qu’une partie de ma vie avait été détruite et que je devais consulter un thérapeute. C’est à partir de ce moment-là que j’ai compris un peu plus tout ce qui se passait: que finalement je vivais avec des troubles anxieux au quotidien qui me bouffait littéralement ». Pour Claire*, il a également été question d’une rupture, mais également de changements, bien trop conséquents, en une seule et même fois. « Le trop gros changement a été l’élément déclencheur et je m’en suis rendu compte lorsque j’ai eu des douleurs et des crises où je ne savais plus me reprendre ». Pour Garance, la raison est totalement autre et remonte à son enfance. « À 2 ans et demi, j’ai dû aller chez mon père, qui était alors pour moi un total inconnu. J’étais séparée de ma mère une semaine sur deux et ça a généré énormément de stress chez moi. J’ai l’impression, que depuis cet âge-là, ça ne m’a jamais quitté ».

En réalité, comme l’explique Maxime Lognoul, dans les troubles anxieux, plusieurs paramètres jouent. « D’une part, la génétique peut prédisposer à certains troubles. La littérature scientifique regorge de facteurs de risque génétiques pouvant jouer un rôle dans la probabilité de développer un trouble anxieux. Ensuite, certains traumatismes peuvent se révéler marquants et il n’est pas rare de trouver un ou plusieurs traumatismes dans la genèse des troubles anxieux. Par exemple, certaines présentations mal vécues devant la classe à l’école peuvent parfois prédisposer à une phobie sociale, le décès brutal d’un proche peut parfois prédisposer au développement d’un trouble panique (« c’est arrivé si brutalement, je suis aussi vulnérable et je pourrais brutalement mourir si je ne fais pas attention aux signes de mon corps »), explique-t-il.

Ces traumatismes et expériences difficiles peuvent alors avoir tendance à conditionner les comportements de la personne qui cherchera à éviter l’objet de ses craintes. Enfin, des évènements de vie peuvent également venir majorer ponctuellement notre stress et précipiter l’apparition de troubles anxieux ».


Pour Elizabeth*, 24 ans, c’est l’annonce du reconfinement qui a été très difficile à accepter et qui l’a faite basculer dans une anxiété quotidienne. « J’avais déjà connu dans ma vie des périodes d’anxiété, notamment durant mes études, mais elles étaient toujours liées à des obligations spécifiques que je voyais comme des obstacles, comme par exemple les examens ou la date limite pour des projets importants », explique-t-elle.

En général, une fois ces mauvais moments passés, j’arrivais à me détendre et j’essayais de relativiser, de tirer des leçons de mes difficultés, même si les choses ne s’étaient pas déroulées comme je le souhaitais. Depuis le début de la deuxième vague de la pandémie de Covid-19, c’est la première fois que ces troubles anxieux prennent le pas sur ma vie ‘normale' ».


Pour Clémence, l’Erasmus apparaît sans nul doute comme le moment qui a bousculé sa vie d’un versant à un autre, plaçant définitivement son quotidien sous la coupe de l’anxiété. « Je me suis retrouvée à l’hôpital lors de mon Erasmus et on a rien trouvé. On m’a alors dit que c’était l’anxiété qui m’avait emmenée dans une dépression profonde. Aujourd’hui, je suis diagnostiquée bipolaire, qui est un trouble très fort lié à l’anxiété. Cette anxiété, je l’ai enfouie au fond de moi, je faisais semblant que tout allait. J’étais en Erasmus, énormément de monde m’enviait, je ne pouvais tout bonnement pas être triste. Je taisais cette anxiété, et elle s’est traduite physiquement sur mon corps ».

Les conséquences des troubles anxieux sur le corps et l’esprit


Sensation de stress au creux du ventre, ruminations, anticipations anxieuses, paralysie par la peur... Ces troubles anxieux peuvent se traduire de diverses manières physiquement. Pour Claire, cela s’est traduit par des douleurs thoraciques. « Mes troubles anxieux se manifestaient par des pointes au niveau du diaphragme. C’est pourquoi j’ai été chez l’ostéopathe pour apprendre à l’ouvrir et à respirer correctement et à fond. Il m’a expliqué que lorsqu’on fait des crises d’angoisse, notre thorax n’est pas assez ouvert. J’ai alors appris à débloquer ça ». Pour Garance, les troubles se caractérisent par une boule à l’estomac avec des maux de ventre à se tordre de douleur. « Je me souviens très bien d’une grosse période d’angoisse où l’anxiété a totalement pris le dessus. Les crises d’angoisse étaient telles qu’elles me donnaient l’impression que j’allais mourir, que je ne savais plus respirer et que j’allais faire un malaise ». Pour Clémence,

Les symptômes physiques se sont traduits par une carence en protéines, provoquant des mini-thromboses, parfois graves, parfois moins. J’ai aussi déclenché le syndrome de Raynaud, une maladie qui agit au niveau des extrémités lorsqu’il fait très froid. Je me suis alors rendu compte que mes troubles s’exprimaient physiquement lorsqu’on je ne parvenais pas à les exprimer verbalement ».


À cela s’ajoutent les peurs instaurées par les troubles anxieux, pouvant alors prendre le contrôle du quotidien des personnes en souffrant. « Dans les cas sévères, c’est l’ensemble du quotidien qui va être déterminé par les évitements et l’anxiété. Certaines personnes peuvent ainsi se retrouver cloîtrées à leurs domiciles ou encore être incapable de parler à quiconque », explique Maxime Lognoul. « Ces peurs entraînent l’évitements des situations anxiogènes, la fuite, des difficultés d’ordre relationnelles (incompréhension de l’entourage ou difficulté de fonctionner au sein d’un groupe), professionnelles (submergé par l’angoisse il est difficile de fournir un travail de qualité, voire même de s’y consacrer) et personnelles (somatisation: palpitations, crise d’angoisse, ruminations, troubles du sommeil, etc.) », ajoute Laura Angelini. « Et inutile de vous dire que lorsque le trouble est bien installé, la personne est murée en elle, victime des assauts incessants de son anxiété ».



« Je travaille dans le secteur culturel et nous fonctionnons donc par saison culturelle sur mon lieu de travail (de septembre à juin) », explique Elizabeth. « J’avais vécu plutôt sereinement le premier confinement. J’habitais alors dans mon premier appartement avec mon compagnon et la perspective de l’été, puis de la rentrée ont rendu cette période acceptable, comme une pause bienvenue, car on comptait sur des jours meilleurs. Depuis, j’ai déménagé dans un nouvel appartement. J’ai éprouvé beaucoup de difficultés à apprivoiser les lieux, notamment à cause de problèmes d’isolation phonique qui me donnent une impression de manque d’intimité. En effet, entendre tout ce que ses voisins font, même si ceux-ci sont bienveillants et compréhensifs, cela n’aide pas à se sentir chez soi.

J’ai commencé à faire de l’hypervigilance: je tendais l’oreille à tout moment, même quand les voisins n’étaient pas chez eux. La peur du bruit et de me sentir dérangée ont pris le pas sur mon quotidien. Je vivais avec constamment un casque vissé sur les oreilles, que je ne pouvais pas m’empêcher d’enlever pour m’assurer qu’il faisait calme »,


explique-t-elle. Bien évidemment, ce comportement excessif n’est pas normal. J’étais incapable de relativiser, même face à un simple aboiement de chien dehors ».

L’importance de mettre des moyens en place


Vivre au quotidien avec des troubles anxieux se dessine comme une tâche complexe. « Ce qui est compliqué, c’est que c’est par période », explique Garance. « Je suis déjà anxieuse de manière générale, un rien m’angoisse et m’inquiète, je me fais un tas de films dans ma tête à longueur de temps, que ce soit pour mes amitiés, mes relations amoureuses ou ma famille, mon cerveau n’est jamais sur pause parce que certains contextes font que c’est plus compliqué. Je pense aux périodes d’examens, mais aussi à cette période de pandémie où je ne peux pas me défouler et voir des gens pour penser à autre chose ». Pour Clémence, le plus difficile, c’est d’avoir conscience de ce trouble. « On sait qu’il est là, mais on ne sait pas vraiment faire grand chose, on n’a pas de pouvoir. J’ai beaucoup de médicaments contre les angoisses. Je suis anxieuse en permanence, j’ai des crises qui explosent parfois, sans que je ne sache les expliquer ».

Quand on est anxieux, on nage pendant des jours, mais on doit garder la tête hors de l’eau. Et on est épuisés, mais il y a ce réflexe de survie qui fait qu’on continue de se battre. On halète. En fait, c’est comme courir un marathon avec une jambe de plâtre. Chaque jour est fatigant ».


Pour Elizabeth, gérer ses troubles est aujourd’hui devenu extrêmement compliqué. « J’ai beaucoup plus de difficultés à gérer mes émotions et je me sens fort déprimée. J’ai l’impression de fonctionner au ralenti: je n’arrive pas à me concentrer, je passe beaucoup de temps en ligne et je me réfugie dans les jeux vidéo. Je n’arrive pas à prendre soin de moi: je mange notamment beaucoup moins et si je suis seule, je n’arrive pas du tout à m’alimenter correctement. J’ai l’impression d’hiberner en attendant que le temps passe », avoue-t-elle. « Le manque de perspective lié à la pandémie m’obsède. J’ai dû mal à envisager l’avenir, même à court terme ». Vivre au quotidien avec des troubles anxieux, c’est faire face à une peur constante d’être dépouillé de ses propres moyens et de perdre pied, sans que la personne ne puisse agir sur la situation. C’est se retrouver face à des peurs profondes ancrées au creux de nos entrailles et chercher par tous les moyens à s’en défaire. C’est la raison pour laquelle lorsqu’on souffre de troubles anxieux, rester dans ses angoisses ne constitue pas une solution viable. « Être anxieux, au quotidien, c’est mettre en place des mécanismes de défense », explique Clémence. « Je ne vais pas aller dans certains endroits car il peut y avoir un déclencheur. C’est aussi chercher des solutions ».

Pour Laura Angelini, il est tout d’abord important d’instaurer un certain cadre avant d’entreprendre quoi que ce soit. « Il va d’abord être nécessaire de mettre des mots, de comprendre ce qu’il se passe pour la personne et ce qui la met dans cet état: y a-t-il une thématique spécifique? Une source à identifier et désamorcer? Quelles ressources sont à disposition de la personne? », questionne-t-elle. D’ailleurs, pour Maxime Lognoul, il existe deux abords thérapeutiques, à savoir la psychothérapie et la pharmacothérapie. « La psychothérapie est réalisée par un psychologue ou un médecin psychiatre. Différentes écoles de psychothérapie, existent mais les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont généralement reconnues comme étant plus appropriées au traitement des troubles anxieux ». Une démarche approuvée par Laura Angelini, pour qui les TCC « permettent de travailler les phobies, notamment par exemple via la réalité virtuelle ou des mises en situations spécifiques permettant à la personne d’expérimenter les choses, dans un cadre serein et bienveillant, afin de pouvoir identifier les stratégies et mécanismes présents et d’ensuite les remplacer par des nouveaux plus adéquats ». Dans ce cadre, « le thérapeute analysera avec vous les différentes situations problématiques et vous apprendra à analyser vos comportements, pensées et émotions réflexes », ajoute Maxime Lognoul. C’est justement grâce à un travail de longue haleine avec une psychologue que Kelly est parvenue à se défaire de son anxiété causée par sa rupture. « Aujourd’hui, je ne ressens plus ces troubles anxieux car ils ont été guéris durant ma thérapie, même si je reste malgré tout une personne relativement stressée », précise-t-elle. Garance a également entrepris un travail thérapeutique avec plusieurs spécialistes. « Je vois une hypnothérapeute qui m’aide à travailler sur mes crises et à m’ancrer dans le moment présent. Je vois également une kinésiothérapeute qui m’accompagne dans ces démarches ». Clémence a également eu recours à diverses personnes pour l’aider, mais les troubles anxieux persistent, encore et toujours.

J’ai testé plein de thérapies: psychologie, kinésiologie, micro-kinésiologie, aromathérapie, ergothérapie, hypnose… J’ai essayé plein de techniques qui sont parvenues à apaiser une facette, mais le trouble anxieux, c’est vraiment un trouble multi-facettes, comme un kaléidoscope: ça bouge et parfois, les facettes, tu les soignes, mais elles reviennent. »


C’est pourquoi dans certains cas, il faudra passer par la prise de médicament, soit des anxiolytiques et/ou antidépresseurs. « Ceci permettra de faire descendre l’angoisse. Comme une sorte de béquille permettant à la personne d’identifier la source anxiogène et de travailler les choses de façon plus sereine et constructive », explique Laura Angelini. « Les antidépresseurs sont souvent perçus comme dangereux et induisant des dépendances mais ce n’est pas le cas, contrairement aux anxiolytiques dont la durée de prescription ne devrait dépasser 3 à 4 semaines au grand maximum », précise Maxime Lognoul. « La gestion de l’anxiété peut également être abordée par la biais du sport, de la méditation, de la sophrologie, d’exercices de respiration, etc. », explique Laura Angelini. « Ces techniques peuvent être apprises et utilisées par la personne chez elle, sans l’aide d’un thérapeute, et donc soutenir et renforcer le travail thérapeutique, en parallèle ». Pour Garance, la boxe constitue par exemple un excellent exutoire, le sport apparaissant comme un excellent moyen pour elle de se défaire de ses angoisses. Pour Aïcha, la remise en mouvement est également un bon moyen de se vider la tête. « Marcher et aller me promener en pleine nature me fait du bien et me soulage », confie-t-elle.

Développer ses propres moyens pour apaiser les troubles anxieux


Au fur et à mesure des années, les personnes qui souffrent de troubles anxieux apprennent à vivre avec, même si cela ne signifie pas qu’elles parviennent à les dompter pour autant. Cependant, certains moyens se dessinent au fur et à mesure de l’expérience douloureuse des troubles afin de venir en aide à celles qui vivent au quotidien avec. Par exemple, les troubles anxieux de Claire lui ont appris l’importance de la respiration et de lâcher prise. « Au quotidien, j’essaye de mieux respirer. Quand ça ne va pas, je me rends compte que c’est important de se laisser aller. On a tendance à se retenir quand ça ne va pas et pourtant, ça fait partie des solutions pour régler ses angoisses », explique-t-elle. « Un autre élément auquel je me suis intéressée de plus près et qui me permet de vivre avec ces troubles au quotidien, c’est qu’une angoisse est liée à une émotion et qu’une émotion ne prend pas plus que 17 secondes. En confinement, ma maman me disait alors de compter alors jusqu’à 20, et qu’au-delà, c’était du psychologique. Ça m’a beaucoup aidée ». Pour Aïcha, apprendre à se laisser aller a également été un élément positif pour appréhender ses troubles anxieux. « Je dois me mettre dans une bulle protectrice. Certes, il y a toujours les tracas quotidiens, mais lorsque je me mets dans cette bulle et que je me responsabilise en me protégeant, je me sens mieux. Mais il a fallu énormément de temps avant de mettre ça en place et de comprendre que c’était totalement normal de vivre dans sa bulle pour se protéger.

J’ai appris à accepter qu’à l’intérieur de moi, il y a une part hypersensible et que je ne peux pas tout contrôler. Je ne me mets pas dans ma bulle pour me couper du monde, mais je me protège des éléments extérieurs négatifs qui me font du mal ».

Pour Clémence, l’important, c’est d’avoir des béquilles, qu’elles soient chimiques ou humaines. « Savoir que j’ai mes gouttes dans mon sac et que j’ai des personnes que je peux appeler et qui peuvent réagir en cas de crise, ça c’est le plus important pour moi. Ce qui est très important aussi c’est le sommeil car la fatigue, ça empire tout. Je suis d’ailleurs convaincue à ce propos qu’il faut avoir un rythme et des rites. Par exemple, chaque soir, mon copain me masse le dos avec une huile essentielle excellente contre l’anxiété et ça m’aide vraiment. J’ai également une améthyste qui permet d’aspirer les énergies négatives: je dors la tête dessus et ça me permet d’avoir davantage d’énergie pour affronter l’anxiété le lendemain », explique-t-elle. Pour Elizabeth, ce sera ce besoin nécessaire de rester dans un état de bienveillance. « J’essaye de rester indulgente envers moi-même, même si c’est difficile. J’aimerais bien retrouver une routine un peu plus rigoureuse, me remettre au sport, mais cela reste très compliqué. Du coup, je célèbre déjà les petites victoires, comme le simple fait d’avoir trouvé l’énergie pour me cuisiner un vrai plat sain. Je lis également des témoignages de personnes souffrant de troubles anxieux et qui ont réussi à s’en sortir pour me dire qu’il y aura des jours meilleurs. C’est dur d’y croire, mais il faut bien s’accrocher », conclut-elle.


Vivre avec des troubles anxieux est difficile, mais ne doit jamais s’imposer comme une fatalité. Si il est parfois difficile de s’en défaire totalement, il reste cependant possible d’apprendre à vivre avec au quotidien en mettant en place des choses concrètes, à l’instar des démarches entreprises par Garance, Claire, Aïcha, Clémence, Kelly et Elizabeth. Ne pas se renfermer sur soi, en parler au maximum, s’ouvrir sur les perspectives d’aide existantes pour lutter contre ces troubles... Les solutions existent et ce, même si l’anxiété peut parfois prouver le contraire en contrôlant les facettes du quotidien.



Vous pensez souffrir de troubles anxieux? N’hésitez pas à en parler autour de vous et à consulter des personnes spécialisées dans le domaine afin de vous aider et de vous accompagner dans la gestion de ces troubles. 

*prénoms d’emprunt garantissant l’anonymat des témoignages.

Crédits photo: Getty Images


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