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Peur de conduire - Getty

À 30 ans, j’ai vaincu ma peur de conduire grâce à l’hypnose

Laurane

Apprendre à conduire quand on a une phobie de la route est certainement l’expérience la plus stressante que j’ai vécue de ma vie. Avec du temps, de la bienveillance et l’aide de professionnel·le·s, j’ai pourtant réussi à prendre la route. Et j’ose espérer que ce partage aidera celles et ceux qui se reconnaitront.

Je fais partie des gens qui n’ont jamais vraiment eu d’utilité à conduire. Lorsque j’ai eu 18 ans, je me suis pourtant décidée à approcher le volant d’une voiture pour une première sortie. Sans permis, sans expérience, je me suis lancée dans mon village natal pour un tour du bloc, lentement mais sûrement. Avec le recul, je réalise à quel point c’était irresponsable. Ce premier essai s’est d’ailleurs soldé par l’emboutissage d’un poteau en remettant la voiture de ma mère là où je l’avais trouvée. Premier trauma. Abandon total d’une quelconque possibilité de conduire un jour.

Quelques années plus tard, lors d’un voyage avec des amis en France, j’ai vécu un accident de voiture. Alors que nous arrivions à Nice, une voiture a fait un demi-tour violent sur une quatre voies (deux dans un sens, deux dans l’autre). Nous coupant la chique, elle a provoqué un carambolage monstrueux. J’étais à l’arrière. Et dix ans plus tard, j’entends encore le bruit strident des voitures qui foncent les unes dans les autres. Le choc a été tellement violent que j’ai été emmenée à l’hôpital en coquille, à bord d’une l’ambulance. Je pensais m’en être bien sortie mais ce fut le début d’une galère sans nom: problème de dos à répétition, névralgie, hanche qui saute... Deuxième trauma.

Bizarrement, c’est surtout cette partie de l’histoire qui a été la plus difficile. Lors de l’accident, les ceintures se sont coincées, ne nous permettant pas de revenir en Belgique en sécurité. J’ai donc passé plus de dix heures de route, accrochée à la poignée de la portière, terrorisée à l’idée de revivre cet accident. Quoi de plus idéal pour cristalliser des tensions dorsales, n’est-ce pas? Troisième trauma.

L’approche des 30 ans et le frein mental

Depuis ce jour, je suis un vrai calvaire en voiture. Je crie dès que je pense percevoir un danger, je suis en hypervigilance constante et je me sens nauséeuse dès le premier tournant. Mes amis adoooorent m’avoir à leurs côtés quand on part quelque part, vous vous en doutez bien.

Lorsque mes 30 ans arrivaient, je réalisais à quel point ne pas avoir le permis devenait problématique. J’ai dû refuser plusieurs opportunités pour cette raison. Mais c’était plus fort que moi, il m’était tout bonnement impossible de m’imaginer sur la route, et plus particulièrement sur l’autoroute. À cette seule pensée, je pouvais me mettre à pleurer et déclencher une crise d’angoisse.

J’ai d’abord pensé demander l’aide d’une auto-école et prendre des cours de conduite. Ce premier pas a été salvateur pour gagner en confiance. Le seul problème, et pas des moindres, c’est qu’au bout de 32 heures de cours (et plus de 1500 euros de frais), j’étais toujours incapable de monter sur l’autoroute et de dépasser les 50Km/h. Mon moniteur m’a proposé un permis provisoire pour m’entraîner puisque j’avais eu de l’entraînement et que je n’étais « pas si nulle ». Je me suis même achetée une petite voiture déjà bien abîmée pour continuer mon apprentissage. Mais rien n’y faisait. Elle est restée garée pendant des mois, ne servant qu’à faire des courses au magasin près de chez moi. Super investissement, n’est-ce pas?

Puis j’ai découvert l’hypnose

Je savais que l’hypnose était très efficace pour vaincre des phobies et reprendre du contrôle. Il y a toujours cette question de réceptivité quand on veut se lancer mais j’ai choisi une hypnose conversationnelle qui ne travaille pas sous une transe profonde. En d’autres mots, j’étais tout à fait capable de parler, réagir et communiquer mes émotions pendant la séance. Il s’agit donc d’un état de conscience modifié, un peu comme être dans la lune, et accessible à tout le monde.

L’hypnose PTR, puisque c’est son nom, m’a permis de traiter rapidement mes trois traumatismes liés à la voiture. J’ai réalisé grâce à cette séance que de nombreuses émotions de ces situations étaient restées bloquées en moi. À la seule image d’une voiture m’ayant pour conductrice, je sentais l’angoisse monter. Et c’est là que la magie de l’hypnose a fait son effet. Le thérapeute m’a amené à modifier les images que je voyais pour les rendre plus confortables.

La voiture est devenue toute petite, risquant moins d’accident (selon mon inconscient), je me suis dotée d’un super-pouvoir de conductrice hors-pair et j’ai enlevé tous les autres automobilistes de mon paysage mental. Effectivement, sous cet angle, l’angoisse n’avait aucune raison d’être. Je me voyais zigzaguer gaiement sur la voie rapide sans me soucier de quoique ce soit, avec la tête qui danse au son de la radio. Pour vous donner un élément de comparaison, lorsque je suis réellement au volant, si mon petit doigt a le malheur de ne pas être positionné à la bonne place, je suis convaincue que je vais mourir.

Après la séance, je me sentais fatiguée mais légère. Toutefois, je n’étais pas tellement convaincue de pouvoir prendre la voiture et d’y arriver sans peine. Et ben... Pourtant si. Le lendemain, j’ai roulé pendant deux heures. Certes, avec un léger mal de ventre et une attention décuplée, toujours avec cette hypervigilance latente. Mais je l’ai fait: j’ai conduit, comme une grande!

C’était il y a quelques jours et depuis lors, je peux prendre la voiture sans stresser, convaincue qu’avec la pratique ça ira mieux. Je ne dirai pas que c’est magique mais je ne peux pas nier que ma phobie s’est transformée en légère appréhension. Et aussi fou que cela puisse paraître, mes douleurs se sont fortement atténuées. Ce qui m’amène aujourd’hui à partager mon histoire, et à vous dire que, qu’importe la méthode, il n’est jamais trop tard pour vaincre sa peur et se lancer.

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