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Les personnes souffrant d’obésité seraient de plus en plus discriminées par le monde médical

Ana Michelot
Ana Michelot Journaliste

Selon une récente étude, les personnes en situation d’obésité auraient tendance à fuir les rendez-vous médicaux en raison des discriminations dont elles sont victimes par le personnel médical.

L’université College de Londres vient de terminer une toute nouvelle étude sur les discriminations dont sont victimes les personnes en situation d’obésité lors de leurs rendez-vous médicaux. Une partie du personnel de santé pense que les patients en surpoids ou obèses manquent de volonté, sont « paresseux, qu’ils manquent de maîtrise de soi, qu’ils font des excès, qu’ils sont malhonnêtes, qu’ils ont une mauvaise hygiène et qu’ils ne suivent pas les conseils », comme le précise l’organisme spécialisé « Obésité Canada ». Des préjugés qui pousseraient les personnes concernées à éviter le personnel médical en ne se rendant pas aux consultations nécessaires à leur suivi. 

« Si un patient ne perd pas de poids, le médecin généraliste va inconsciemment montrer qu’il ne croit pas que celui-ci suit correctement son traitement »

donne comme exemple la docteure Anastasia Kalea. La médecin qui est co-autrice de l’étude, ajoute : « Ou cela peut se caractériser par un·e infirmier·e qui va être agacé·e car il faut utiliser une balance différente pour peser la personne. » Des comportements inappropriés qui auraient des effets néfastes sur les patients. « Le résultat est que les patients ne reviennent pas ou retardent leurs rendez-vous de suivi, ils évitent les services de prévention des soins de santé ou annulent leurs rendez-vous par crainte d’être stigmatisés en raison de leur poids », explique la docteure. Pire encore, cela pourrait provoquer de l’anxiété, de la culpabilisation, et même des phases de déprime chez les personnes obèses ou en surpoids qui subissent ces discriminations.

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Sensibiliser pour changer les mentalités

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont consulté plus de 20 études différentes précédemment publiées sur le sujet de la stigmatisation du poids et ont également analysé les pratiques de 3554 personnes travaillant dans le domaine médical. Dans leurs résultats publiés le 7 août dernier dans la revue médicale Obesity Reviews, ils affirment vouloir sensibiliser les professionnels de santé à cette problématique et proposent des solutions pour en finir avec ces discriminations. L’étude indique qu’il est nécessaire que tous les patients puissent avoir accès à des soins dans le respect. Ils invitent donc les universités à enseigner aux étudiants en médecine, qui sont les praticiens de demain, que les patients ne sont pas responsables de leur surpoids et qu’ils ne doivent en aucun cas être blâmés pour celui-ci. Le président du National Obesity Forum, Tam Fry a déclaré dans un entretien pour « The Guardian »

« L’obésité n’a jamais été un problème personnel. Les professionnels de santé doivent comprendre que beaucoup de personnes en situation de surpoids sont désemparées face à l’environnement favorable à l’obésité dans lequel elles vivent. Par exemple, elles doivent faire face aux aliments ultra-transformés que la pub et le marketing les poussent à manger. »

L’étude de l’université College de Londres encourage aussi à changer les termes utilisés pour qualifier les patients. En utilisant l’expression « une personne qui gère son poids » au lieu d’ « une personne qui a des difficultés avec son poids ».

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