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© Les coiffeurs belges ont été fort sollicités - Getty Images

81% des coiffeurs ont été sollicités pour des coiffures clandestines en reconfinement

Kathleen Wuyard

Si le reconfinement n’a pas vraiment pris les Belges par surprise, l’annonce récente que les coiffeurs et autres métiers de contact allaient potentiellement rester fermés jusqu’au 1er février a créé une onde de choc. Entre repousses rebelles et franges qui arrivent au menton, nombreux sont d’ailleurs ceux et celles qui ont sollicité un RDV clandestin à leur coiffeur préféré.


Une enquête réalisée par Coiffure.org auprès de 1 840 coiffeurs, barbiers et spécialistes du cheveu a ainsi permis de réaliser que 81% des coiffeurs belges ont déjà reçu une proposition de coiffure à domicile ou à huis clos. En parallèle, 74% d’entre eux reconnaissent que la crise actuelle constitue une menace de taille pour leur entreprise, un chiffre alarmant qui pousse certain.e.s à accepter les coupes et couleurs clandestines, faisant fi des mesures sanitaires et des amendes auxquelles ils s’exposent. Ce samedi 5 décembre, alors qu’elle participait comme nombre d’autres coiffeurs du pays à une action symbolique consistant à coiffer un.e volontaire devant son salon, Pamela, installée à Pérulwez, a écopé d’une amende de 250€. Et ce alors même que le coiffé n’était autre que son mari, avec qui elle forme une bulle. À Liège, un coiffeur qui avait organisé un salon secret a pour sa part récolté une amende de 750€. Un petit prix à payer pour rester en vie?

Les coiffeurs demandent des mesures de soutien


Ainsi que le dénonce Coiffure.org, « les coiffeurs ont pris toutes les mesures de sécurité nécessaires pour assurer la protection de leurs clients et de leur propre personne. Cela a nécessité des investissements. En Allemagne, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en France, les salons de coiffure et les barbiers sont ouverts ».

S’il ne nous est pas permis de réouvrir rapidement, les gens passeront les frontières. Sans compter que rien ne prouve que le coronavirus se contracte chez le coiffeur, au contraire. Nous demandons donc instamment au gouvernement de nous permettre de réouvrir nos salons et de prendre des mesures pour lutter contre la concurrence déloyale » – Jef Vermeulen, Président de Coiffure.org.


Et Coiffure.org de faire appel aux autorités fédérale et régionales afin qu’elles prévoient des mesures de soutien à hauteur de 30% du chiffre d’affaires du salon réalisé l’année précédente au cours de la même période, décembre étant un mois où les coiffeurs réalisent deux fois plus de chiffre qu’en temps normal. « Le gouvernement a décidé que la survie des entreprises saines sera assurée. C’est le moment de le prouver! Nous craignons qu’une vague de faillites ait lieu en janvier. En effet, les coiffeurs doivent payer à ce moment-là les acomptes sur les congés payés de leur personnel ainsi que l’ONSS de leur personnel pour le quatrième trimestre de l’année. Ils doivent aussi régler la facture d’ONSS du printemps pour lequel ils ont reçu un report. Or, ils n’ont plus d’activités, donc plus de rentrées ». Pas étonnant, donc, que 74% d’entre eux ne voient pas de sortie de la crise.

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