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Pourquoi la Journée des droits des femmes ne sert à rien

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Ce dimanche 8 mars, c’est la Journée internationale des Droits des Femmes. On pourrait se dire qu’elle ne sert à rien, vu le chemin qu’il reste encore à parcourir, mais la vérité, c’est que tous ces obstacles sont les raisons pour lesquelles cette journée doit continuer d’exister. La preuve par 10. 

1. Parce que l’écart salarial n’est toujours pas comblé

En Belgique, en 2019, une employée gagnait encore 537€ bruts de moins que ses collègues masculins d’après une étude du secrétariat social Partena Professional. Et pourtant, on a déjà fait de belles avancées en la matière: en dix ans, l’écart salarial est passé de 13.6% en 2007 à 7.6% en 2017 selon Statbel. Une progression honorable qui ne devrait pas faire oublier l’essentiel: non, ce n’est absolument pas normal que les hommes soient payés plus que les femmes. Point barre.

2. Parce que dans certains pays, la vie d’une femme a toujours moins de valeur

Au Koweit, il n’y a eu aucune femme chef d’état en 50 ans, tandis que la Mauritanie n’accorde pas les mêmes droits aux femmes qu’aux hommes, notamment en matière de divorce. Les femmes marocaines ne peuvent pas être héritières et au Mali, les femmes n’ont pas pleinement le droit de posséder des terres. La liste est encore longue, et rappelle que la discrimination ne connaît malheureusement pas de frontières.

3. Parce que pour chaque pas en avant, on dirait qu’il y en a deux en arrière

L’Arabie saoudite n’a pas plus tôt décidé d’enfin laisser les femmes conduire des voitures que de l’autre côté de la planète, la Russie fait passer une loi qui réduit les violences conjugales à une simple punition d’amende. Et si l’Espagne vient d’approuver un projet de loi qui prévoit que toute relation sexuelle non-consensuelle, c’est à dire pour laquelle les deux parties n’ont pas clairement et verbalement exprimé leur accord, sera traitée comme un viol, en Belgique, en février 2020, un homme accusé de viol et d’attentat à la pudeur par plusieurs jeunes femmes a été acquitté, les jeunes filles ayant bu et leur consentement ayant été mis en question.

Lire aussi: L’Espagne passe une loi sur le viol qui ôte tout doute sur le consentement

4. Parce qu’il y a encore bien trop de porcs à balancer

L’après Weinstein et #MeToo a été galvanisant, la parole des femmes s’est libérée, mais ça a été sacrément effrayant aussi: tous ces témoignages d’horreurs quotidiennes rappellent à quel point il y a encore d’énormes changements à effectuer dans la société. Une société qui ne voit toujours pas le problème à sacrer « Meilleur Réalisateur » un homme accusé à plusieurs reprises de viol (et déjà condamné pour ce crime).

5. Parce que l’égalité des sexes commence à sacrément se faire attendre

Officiellement, dans nos démocraties occidentales en tout cas, rien ne différencie vraiment une femme d’un homme: par ici les femmes mécaniciennes, gradées dans l’armée et chirurgiennes, autant de métiers autrefois exclusivement masculins. Sauf que la contrepartie, ce sont des pages comme « paye ton journal » ou « paye ton hôpital » où on réalise que le sexisme a encore de beaux jours devant lui.

6. Parce que certains droits fondamentaux sont encore bafoués

Et il n’y a pas besoin de regarder bien loin pour s’en convaincre. On a beau jeu, en Europe, de toujours pointer du doigt les mêmes pays, sauf que chez nous, par exemple, l’avortement est toujours interdit dans 4 pays. Coucou Malte, Andorre, Saint-Marin et Chypre, en passant par le Vatican, le Moyen-Âge a sonné pour vous prévenir qu’on était en 2020.

7. Parce qu’il y a toujours un double standard

Un mec qui drague et qui s’éclate va être admiré, une meuf qui fait pareil sera victime de slut-shaming. Un homme qui vit une seconde jeunesse dans les bras d’une nymphette sera applaudi, une femme qui l’imite sera traitée de cougar. Dites, les garçons, c’est parce que ça vous ennuie qu’on puisse faire tout comme vous que vous nous rabaissez comme ça?

8. Parce que les femmes sont toujours en première ligne

Le viol reste une arme de guerre encore trop utilisée et ce sont les femmes qui en sont les premières victimes, la preuve notamment au Congo, où le Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege se bat pour les réparer. Et rappelle que nous sommes toutes concernées.

La violence sexuelle a lieu partout, dans tous les conflits, sur tous les continents, dans tous les pays. Les femmes victimes de violences, c’est un problème universel, qui a besoin d’une solution universelle. Aujourd’hui, on a tendance à se dire que la violence sexuelle ne nous concerne pas, jusqu’à ce que cela arrive dans notre propre maison et qu’on réalise qu’on était vulnérable ».

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9. Parce qu’il n’y a pas de Journée internationales des droits des hommes

Des droits de l’Homme, oui. Mais des hommes, non. Et pourtant, il y en a une pour les femmes. Et bizarrement, on n’a pas forcément l’impression que ça veuille dire qu’on est plus importantes…

10. Parce que les femmes sont des p*** d’héroïnes

Beyoncé? Une femme. Amy Poehler, Tina Fey et Mindy Kaling? Des femmes aussi. Kim Gordon, Michelle Obama, Malala: des f-e-m-m-e-s. Et après on dit que les femmes sont le sexe faible? Laissez nous rire. Et puis gardez la, votre « journée », on prendra plutôt les 364 autres, merci!

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