Home Lifestyle Société Libérateur ou pro-obésité? #PlusDe100kgEtSereine crée la discorde sur les réseaux

Libérateur ou pro-obésité? #PlusDe100kgEtSereine crée la discorde sur les réseaux

Overweight woman with digital weight scale under her arm, the display on 165 kilogram. Wearing red underwear on a gray, gradient background

Lancé il y a un an en réponse au commentaire grossophobe d’un mufle, #PlusDe70kgEtSereine a connu un regain de popularité ces derniers jours, entraînant un autre hashtag dans la foulée: #PlusDe100kgEtSereine. Un cri de ralliement qui suscite la polémique, de nombreux commentateurs y voyant une promotion de l’obésité et avançant l’argument santé.

Un argument derrière lequel se réfugie une forme sournoise de grossophobie, qui applique les mêmes critiques de taille, mais sous couvert de s’inquiéter de la santé des gros.ses, la plupart du temps sans avoir la moindre formation médicale sur laquelle appuyer ses remarques. La preuve sur Twitter avec les commentaires parfois cinglants de certains internautes, réagissant avec virulence au regain de popularité du hashtag #PlusDe100kgEtSereine, lui aussi né à l’été 2019.

Pour rappel, à l’époque, un premier tweet affirme avec une orthographe approximative que « une fille normal, c’est entre 50 kilos et 65kilo maximum, le reste vous êtes des vache » (sic), auquel un commentateur ajoute la question qui fâche: « comment est-ce possible d’être sereine en tant que femme de plus de 70 kilos »? Question à laquelle de nombreuses femmes répondent rapidement sous la bannière #PlusDe70kgEtSereine, affichant leurs corps en beauté.

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« Banaliser l’obésité »

À l’époque, certaines femmes se sentent exclues de l’étalage de corps pulpeux, certes, mais tout de même relativement sveltes, qui pullulent sur Twitter, et lancent un hashtag similaire, #PlusDe100kgEtSereine. Problème: là où la twittosphère saluait l’initiative précédent, ici, les 30 kilos supplémentaires passent mal et chacun.e y va de son tweet sur « l’irresponsabilité » du mouvement qui « promeut l’obésité » et ses « dangers pour la santé ».

Et de citer l’OMS dans la foulée, l’Organisation Mondiale de la Santé ayant qualifié l’obésité de maladie en 1995, et souligné que les personnes qui en sont atteintes ont « des facteurs de risque majeurs pour un certain nombre de maladies chroniques ». Autant de « préoccupations » qui ne sont en réalité que des symptômes d’une grossophobie décomplexée, ainsi que le rappelait Gabrielle Deydier, auteure de l’essai « On ne nait pas grosse », dans un entretient accordé à RESPECT Mag.

On parle, certes, des comorbidités liées à l’obésité, mais on les confond parfois avec la sédentarité (…) Quand on est face à une personne obèse, s’arrêter à son IMC (indice de masse corporelle, ndlr) en lui faisant croire qu’il suffit d’un peu d’efforts pour se soigner, c’est clairement et simplement faux, bête et méchant ».

D’autant qu’ainsi que le rappelle la diététicienne Fabienne Pommera, « ce n’est pas bon non plus pour la santé d’être très maigre, et pourtant, c’est un idéal qu’on promeut quand on voit les mannequins et leur morphologie actuellement ». Un argument de taille, qui ne fait pourtant toujours pas le poids face à la grossophobie.

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