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Les dangers du confinement pour les victimes de violences conjugales

Le confinement menace les victimes de violences conjugales - Getty Images
Le confinement menace les victimes de violences conjugales - Getty Images

C’est officiel: après l’Italie et la France, c’est au tour de la Belgique de mettre en place une période de confinement pour tenter d’endiguer l’épidémie de Coronavirus. Des mesures nécessaires, qui présentent toutefois un danger parfois mortel pour les victimes de violences conjugales.

Parce qu’ainsi que l’a rappelé la Secrétaire d’Etat française à l’Egalité, Marlène Schiappa, ce n’est pas parce que tout le monde est confiné que tout le monde est en sécurité, au contraire: « la période de crise que nous connaissons et le confinement à domicile peuvent hélas générer un terreau propice aux violences conjugales » a déploré Marlène Schiappa sur son compte Twitter. Et d’ajouter que le gouvernement français est pleinement mobilisé pour soutenir les femmes qui en sont victimes, avant de rappeler que « l’éviction du conjoint violent doit être la règle », et que tout est fait pour que les accueils de nouvelles femmes victimes soient maintenus, dans le respect des barrières mises en place pour empêcher une trop grande propagation du Coronavirus.

Il est déconseillé de sortir, mais pas interdit de fuir

En Belgique aussi, la situation pose problème, des associations dénonçant une situation de crise où les appels et messages concernant des situations dramatiques se multiplient, une jeune femme ayant notamment lancé un appel à l’aide glaçant.

Mon compagnon a tenté de m’étrangler hier devant les enfants. Aidez-moi s’il vous plaît ».

En France, l’association féministe Nous Toutes a diffusé sur Twitter un message de la plus haute importance, repartagé rapidement plus de 3000 fois: il est déconseillé de sortir, certes, mais il n’est pas interdit de fuir.

Et L’Assemblée des Femmes de diffuser une mise en garde plus générale, mais tout aussi préoccupante, « Il suffira d’une crise ».

La limitation des déplacements et de la vie sociale, le repli sur le foyer, ramènent les femmes à des fonctions ancestrales. Le confinement peut aussi être un facteur de tensions familiales. La crise sanitaire peut avoir des conséquences régressives et plonger rapidement de nombreuses femmes dans des difficultés matérielles, humaines et physiques sérieuses ».

Avant de rappeler qu’il faut « protéger les femmes de l’épuisement (parce que) sans elles, nous serons plus faibles pour faire face » et que Simone de Beauvoir elle-même prédisait qu’il « suffira d’une crise pour que les droits des femmes soient remis en question ». À nous toutes, donc, de nous mobiliser pour veiller à ce que le Coronavirus n’ait pas cet effet. Et la solidarité s’organise déjà: chez nous, Vie Féminine a renforcé ses permanences et obtenu l’autorisation de la Région Wallonne de les organiser par téléphone, tandis que l’association Femmes de Droit rappelle qu’être confiné.e chez soi avec un homme violent est dangereux, et incite les personnes qui ont besoin d’aide à appeler le 0800/30.030. Et une femme, en commentaire, de souligner que « maintenant « il » aura le temps de passer sa rage sur « elle », de descendre toutes les bouteilles, ça va faire mal », et d’adresser un cri du coeur aux victimes: « sauvez vous avant que le taux de féminicides ne dépasse celui des victimes du Coronavirus ». Partir, oui, mais pour aller où? Les lieux d’accueil pour victimes de violence conjugale sont rassemblés ici pour Bruxelles et Liège, tandis que l’AMA rassemble les maisons d’accueil disponibles aux quatre coins de la Belgique.

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