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Jacinda Ardern est pile la femme dont on a besoin à la tête de la Belgique

Brussels, Belgium. 25th January 2019.New Zealand's Prime Minister Jacinda Ardern and European Commission President Jean-Claude Juncker hold a news conference. ; Shutterstock ID 1294621567; Purchase Order: -

Depuis son élection à la tête de la Nouvelle-Zélande en 2017, Jacinda Ardern fait constamment parler d’elle. Et en bien s’il vous plaît. Dans un pays peu habitué à faire la Une, elle n’a de cesse de s’illustrer positivement, et son aura rayonne bien au-delà des frontières néo-zélandaises. Inspirante, tolérante et engagée, Jacinda Ardern est pile le genre de leader qu’on veut voir prendre le pouvoir en Belgique en mai.

Du haut de ses 37 ans, Jacinda Ardern n’est pas la plus jeune Première Ministre qu’ait jamais connue la Nouvelle-Zélande, tout comme elle n’est pas la première femme (mais bien la troisième) à exercer ce poste. Il n’empêche qu’on pardonne leur erreur à ceux qui lui attribuent ces titres de pionnière, car la native d’Hamilton fait l’effet d’une telle bouffée d’air frais sur la scène politique (inter)nationale qu’il est tentant de mettre le « Jacinda effect » sous le coup de la nouveauté. Il n’en est toutefois rien, et si la Première Ministre kiwi est bien actuellement la plus jeune chef d’Etat de la planète, ce n’est pas son âge ou son sexe qui nous impressionnent mais bien la constance avec laquelle elle semble toujours faire le bon choix face à l’adversité. Une droiture qui manque cruellement à nos dirigeants…

Exemple de tolérance

Le 22 mars 2016, la Belgique était touchée en plein coeur par des attentats à l’aéroport de Zaventem ainsi que dans le métro bruxellois. 32 morts, 340 blessés, et un pays meurtri à jamais… D’autant que la violence ne s’est pas arrêtée là: un mois après les attentats, le Collectif Contre l’Islamophobie en Belgique faisait état de 36 actes islamophobes enregistrés, soit un par jour. Sans que le gouvernement ne réagisse pour autant. Sans surprise, pour certains, qui affirment que l’interdiction du voile dans les écoles montre que chez nous, l’islamophobie est insitutionnalisée. Le vendredi 15 mars, la Nouvelle-Zélande a découvert avec effroi jusqu’où l’islamophobie pouvait aller quand un terroriste a ouvert le feu dans deux mosquées à l’heure de la prière, faisant 50 morts et une vingtaine de blessés, parmi lesquelles beaucoup de femmes et d’enfants. Non seulement le gouvernement Ardern a immédiatement parlé de terrorisme (contrairement à nos pays occidentaux où le terme est trop souvent réservé aux attaques commises par des musulmans), mais en prime, la Première Ministre a tenu à envoyer un message de soutien fort à la population musulmane du pays.

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Dès le lendemain des attentats, Jacinda Ardern a organisé une rencontre avec des leaders musulmans néo-zélandais, la tête respectueusement couverte d’un voile noir. Quand elle s’est adressée au Parlement quelques jours plus tard, elle a commencé son discours par un « As Saalam Alaikum ». Dans son sillage, des centaines de femmes néo-zélandaises ont défilé ou posté des photos vêtues du voile musulman traditionnel en signe de soutien à la communauté. Des gestes symboliques, pensés avec les médias en tête pour redorer son blason politique? La critique est facile, mais aussi déplacée, car dans la foulée des attentats, Jacinda Ardern n’a pas tardé à prendre des positions concrètes. Notamment en liant directement Facebook et les réseaux sociaux avec la propagation de l’islamisme en Occident, et en appelant les leaders mondiaux à combattre le phénomène avec elle.

Il y a des problématiques urgentes auxquelles nous devons faire face en tant que dirigeants politiques. Nous ne pouvons plus nous préoccuper des dérives liées aux médias sociaux au cas par cas.

Et la Première Ministre de changer immédiatement les lois relatives au port d’armes dans la foulée, interdisant la détention d’armes automatiques comme celles utilisées lors de l’attaque.

Femme de tête

Le consensus international sur la manière dont Jacinda Ardern a géré la crise qui a touché son pays? Admirablement, ce qui s’expliquerait selon certains médias et politiques par le fait qu’elle serait une femme, et donc forcément dotée de plus de compassion. Un compliment à double-tranchant, aux airs de remarque légèrement sexiste. Même si force est de le reconnaître, Jacinda Ardern n’est pas seulement une cheffe d’Etat inspirante, elle est aussi une femme incroyable. Maman depuis juillet 2018 d’une petite Neve, elle a répondu de la meilleure des manières à ceux qui lui avaient demandé durant la campagne comment elle comptait gérer le poste de Première Ministre avec une éventuelle grossesse, en emmenant son bébé de quelques mois avec elle à une réunion des Nations-Unis. Une exception, toutefois, car pour concilier maternité et vie professionnelle, Jacinda Ardern a pu compter sur le soutien de son mari, qui s’est engagé à rester à la maison avec le bébé. Un arrangement résolument moderne, qui ne manquerait pas de détoner en Belgique… Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas chez nous aussi des Jacinda Ardern qui ne demandent qu’à éclore à la tête du pays.

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Car forcément, la mauvaise nouvelle, c’est qu’on ne peut pas voter pour la Première Ministre néo-zélandaise en Belgique, eû égard au fait qu’elle a déjà un job, et pas n’importe lequel et qu’en plus, elle est néo-zélandaise. Heureusement, le plat pays a aussi son lot de femmes destinées à atteindre des sommets. Du côté des Verts, on notera notamment Caroline Saal, cheffe de groupe Ecolo au conseil communal de Liège. Féministe mais pas misandre, engagée sans être naïve, elle s’illustre régulièrement par ses prises de position percutantes, dont la dernière en date: le dépôt d’une motion anti-sexisme au conseil communal de Liège après qu’elle et d’autres candidates Vert Ardent aient reçu des courriers anonymes ainsi que de la lingerie à leur domicile. Chez les Rouges, c’est Joëlle Kapompole qui s’illustre par sa combativité et son sens aigu de la justice sociale. Première femme à emmener le PS Montois aux régionales, elle affirme vouloir incarner « une nouvelle génération politique qui construit un socialisme des temps modernes: résolument vert, solidaire et soucieux de la qualité de vie de chacun ». Une position qui rassemble, et qui laisse espérer le meilleur si Joëlle Kapompole est élue en mai. Au MR, on suit de près le parcours d’Alexia Bertrand, dont le franc-parler est aussi rafraîchissant que sa proposition de réduire le nombre de conseillers communaux (coucou l’armée mexicaine), tandis qu’au cdH, on note avec intérêt la candidature de Béa Ercolini. L’ancienne rédactrice-en-chef du Elle Belgique est particulièrement engagée dans la lutte pour les droits des femmes, et a notamment lancé le mouvement « Touche pas à ma pote » contre le harcèlement. Une de ces candidates parviendra-t-elle à nous inspirer autant que Jacinda Ardern ou que l’incroyable Alexandria Ocasio-Cortez? On l’espère, car plus que jamais, la Belgique a besoin d’une femme de tête. Aucune Première Ministre en 188 ans d’existence du pays? Le genre de record mortifère qui, on l’espère, appartiendra au passé après les élections de mai.

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