Home Lifestyle Société Avec #BalanceTonWilly, les jeunes bruxelloises dénoncent leurs violeurs

Avec #BalanceTonWilly, les jeunes bruxelloises dénoncent leurs violeurs

Completely bald female student sitting on window sill with juice while text messaging through smart phone in college cafeteria

Balance ton quoi? #BalanceTonWilly, réponse bruxelloise à #MeToo, qui libère la parole des jeunes femmes en leur permettant de raconter leurs agressions sexuelles de manière anonyme et dont le nom fait référence à l’agression par laquelle tout a commencé.

Une adolescente bruxelloise de 17 ans accepte un rendez-vous avec un garçon avec lequel elle discutait en ligne depuis plusieurs jours. Il lui donne rendez-vous dans sa voiture, et une fois sur place, elle se rend compte qu’il ne l’y attend pas seul. “Le gars lui a fait des avances, lui a proposé d’aller à l’hôtel, mais la fille a refusé, et le conducteur l’a abandonné sur une aire d’autoroute. Elle a voulu faire du stop, mais impossible de rentrer chez elle… Le garçon est revenu, la fille n’avait pas d’autre choix que de rentrer dans la voiture pour rentrer. Le garçon et son pote l’ont emmenée dans un appartement ensuite pour abuser d’elle, se masturber sur elle…” raconte l’instigatrice de #BalanceTonWilly, qui a découvert l’histoire sur le compte Instagram Confiradio.

Les responsables du compte ont appelé le garçon qui se faisait appeler Willy et l’ont confronté, mais il a nié les faits d’abus sexuels et l’histoire s’est arrêtée là. Et c’est cela que je veux dénoncer. Trop d’histoires s’arrêtent comme ça. Cela ne peut pas durer”

#BalanceTonWilly était né.

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#BalanceTonWilly et libère-toi d’un poids

Un mouvement créé volontairement sur Twitter par sa fondatrice, qui y sent la parole plus libérée que sur d’autres réseaux, ainsi qu’elle l’a expliqué à BX1. “On sent que les jeunes sont plus à l’aise que sur Snapchat ou Instagram où il faut s’afficher, et où écrire de longs témoignages est plus long. Ici, il suffit d’envoyer un message privé anonyme et je le partage ensuite”.Et de confier beaucoup de temps au tri minutieux des messages, pour déceler les vrais témoignages de ceux, plus suspects, envoyés par des comptes qui n’ont ni abonnés ni photo de profil. Objectif: créer une communauté où chacun.e se sent écouté.e et ose prendre la parole pour se libérer du poids des maux.

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Autre particularité du mouvement? Contrairement à #MeToo, auquel il avait été reproché d’être “trop blanc”, ici, de nombreuses personnes racisées (inter)agissent, dont une utilisatrice de Twitter répondant au pseudonyme d’Angolaisement et résumant à la perfection le mouvement, en réponse à une autre utilisateur de la plateforme qui se plaignait que Willy ait “vraiment créé quelque chose de mauvais”.

Nan il a créé quelque chose de bien. Les temps où les violeurs vivaient dans la paix sont révolus. Excès de foutaises en fait. Les victimes n’ont pas à vivre dans la peur”

Un credo que partage la fondatrice de ce compte Twitter libérateur, qui le verrait bien se transformer en site internet mais aussi et surtout en actions concrètes plutôt qu’en simple buzz sur les réseaux, afin que les victimes se sentent écoutées, certes, mais puissent aussi porter plainte en sachant que celle-ci sera suivie. Pour info, à l’heure actuelle, en Belgique, seule une victime de viol sur 6 porterait plainte après son agression, la Ligue de l’Enseignement dénonçant un processus éprouvant qui rebute nombre de victimes.

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