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Au Pérou, 8 femmes ont disparu chaque jour durant le confinement

Augmentation des disparitions de femmes au Pérou - Getty Images

Alors que dès l’annonce du confinement, nombre d’associations ont mis en garde contre une hausse annoncée (malheureusement vérifiée depuis) des violences conjugales, au Pérou, c’est une autre forme de violence sexiste qui a augmenté: 8 femmes et jeunes filles seraient disparues chaque jour.

Avant le confinement, on dénombrait déjà une moyenne de cinq disparitions quotidiennes, chiffre préoccupant qui a augmenté durant le confinement, portant le nombre de femmes et de jeunes filles disparues à 915, dont 70% de mineures. « Nous devons savoir ce qui s’est passé avec elles », a affirmé Walter Gutiérrez, le défenseur du peuple, au micro de la radio RPP. D’autant que si certaines des 915 disparues sont réapparues depuis l’annonce de leur disparition, faute de registre national de la police au Pérou, impossible de savoir combien exactement sont toujours portées disparues.

Il y a une résistance de la police à enquêter sur ces affaires. Nous exigeons que l’on mette en place le registre national des personnes disparues » – Eliana Revollar, responsable des droits de la femme au Pérou.

En Amérique latine, le Pérou a l’honneur peu désirable de se hisser en deuxième place des pays comptant le plus de nouvelles infections, juste derrière le Brésil, et de figurer également avec ce dernier et le Mexique dans le trio de tête des pays de la région ayant enregistré le plus de morts.

Augmentation des disparitions et des féminicides

Au Mexique, pas de hausse annoncée des disparitions féminines, mais bien un pic des féminicides, avec 215 meurtres de femmes au compteur en mai 2020, une augmentation d’1,6% par rapport à la même période en 2019, dont le président, Andrés Manuel Lopez Obrado, persiste à dire qu’elle n’est pas liée au confinement. Le 17 mai, il avait ainsi tenu des propos minimisant l’ampleur réelle des féminicides et des cas de violences, affirmant que « 90 % des appels d’urgence sont faux. C’est prouvé! C’est comme les appels pour les sabotages ou les bombes dans le métro… » et précisant tout de même que « je ne dis pas que les violences faites aux femmes n’existent pas, je ne veux pas être mal compris ou que l’on modifie mes propos… ». En marge des disparitions de Péruviennes, la problématique des féminicides est aussi endémique dans le pays, avec 166 femmes tuées en 2019, dont 100 rien que lors des 7 premiers mois de l’année, soit 22% de plus qu’en 2018 à la même période.

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