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Dyspareunies et vestibulodynies, les douleurs de la vulve qui rendent le sexe difficile

vestibulodynie et dyspareunie - Getty

On a beau vanter les mérites du sexe sur le bien-être, il arrive pourtant qu’il soit associé à des douleurs terribles qui font disparaître toute forme de plaisir. Parmi les troubles sexuels qui font mal, abordons ensemble la vestibulodynie, un syndrome méconnu mais pas si rare.

Il existe différents troubles et pathologies qui expliquent les douleurs vulvaires. On les appelle “dyspareunies”, soit des douleurs récurrentes au niveau génital qui peuvent survenir pendant les rapports, mais également en dehors. Parmi les causes de douleurs, la vestibulodynie, aussi appelée vestibulite, provoque des brûlures, des picotements ou des douleurs aiguës parfois insupportables au niveau du vestibule. Contrairement au vaginisme, caractérisé par une contraction réflexe des muscles à l’entrée du vagin, les rapports pénétratifs ne sont pas impossibles dans le cas d’une vestibulite mais la douleur est telle que les rapports sont souvent inenvisageables.

Vestibule (en vert) – Getty

Les causes de la douleur

Les douleurs vulvaires peuvent se présenter sous la forme d’une inflammation de la vulve qui peut être causée par des infections, des maladies comme des mycoses, un problème musculaire de type hypertonie, la sécheresse vulvaire, etc. Il existe également des causes psychosomatiques. C’est-à-dire? La douleur, de façon générale, est complexe et subjective. Elle se manifeste par une sensation physique désagréable envoyée par le système nerveux. Le système nerveux a une mémoire de la douleur. Dans certains cas, quand une douleur est causée par un traumatisme, elle peut connaître des réminiscences qui ne s’expliquent pas avec des examens médicaux. Et ce n’est là qu’une facette de la douleur. Celle-ci peut, bien évidemment, être causée par un problème de type organique. Dans le cas des douleurs vulvaires, le nerf pudental, qui traverse le périnée, peut être touché et provoquer des douleurs au niveau de la vulve mais les recherches sur le sujet sont très pauvres.

Toutes ces raisons expliquent pourquoi le diagnostic peut être long à poser. Clarence de Belilovsky, docteur en dermatologie spécialisée en pathologies vulvaires, précise d’ailleurs dans un article scientifique “que le délai moyen entre le début de la douleur et le diagnostic est de 5,3 + 6,8 ans (de 0 à 29 ans)”. Une errance médicale lourde à porter pour les personnes en souffrance et en attente de mettre un mot sur des maux. Heureusement, les savoirs autour de cette pathologie se précisent et il existe aujourd’hui un test diagnostic qui permettra une première avancée dans le traitement.

Diagnostic

À l’heure actuelle, les gynécologues pratiquent le test du coton-tige afin de diagnostiquer la vestibulite. Ce test ne prend que quelques secondes: il consiste à appuyer sur des points spécifiques du vestibule avec un coton-tige et à évaluer la douleur ressentie par le/la patient·e. Si ça fait mal, le diagnostic peut être posé.

Traitements

Au vu de la complexité des causes (pyschosomatiques, infectieuses, etc), le traitement des douleurs vulvaires se fera au cas par cas. Bien souvent, il requiert un accompagnement sur le long terme (parfois plusieurs mois) en vue de traiter localement la douleur, et de l’atténuer progressivement grâce, notamment, à des massages et de la kiné périnéale. Et dans le cas où des raisons psychologiques participent au maintien de la douleur, un accompagnement par un·e sexologue ou un·e psychologue pourra se révéler aidant. Toujours est-il que les traitements montrent des effets très positifs sur une majorité de patient·e·s qui peuvent alors retrouver une vie sexuelle épanouie et un confort de vie petit à petit.

Dans tous les cas, il est indispensable d’amener du confort pendant les rapports, si rapport il y a, notamment en utilisant du lubrifiant afin d’éviter tout frottement douloureux.

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