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Taxer la viande dans le but d’en réduire la consommation, vraie ou fausse bonne idée ?

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Aujourd’hui, la tendance est au végétarisme. La raison ? Une prise de conscience collective concernant la viande et ses risques pour la santé et pour l’environnement. Mais pour certains, diminuer ou arrêter d’en manger semble insurmontable tant l’habitude est ancrée et le plaisir bien présent. La solution pour réduire cette surconsommation serait-elle de taxer le prix de la viande ? C’est en tout cas ce que propose un groupe d’associations néerlandaises.

Selon des statistiques datant de 2012, en tant qu’Européens, nous consommons 8,5 millions de tonnes de poulet, 10,8 millions de tonnes de porc et 3,3 millions de tonnes de bœuf et de veau, par an. Rien que ça… Face à ce constat percutant, un groupe d’associations néerlandaises des secteurs de l’environnement, de l’agriculture et de la condition animale et de la santé, la True Animal Protein Price Coalition (TAPPC) a présenté, ce 5 février dernier, au Parlement européen son rapport en faveur de l’introduction d’une taxe « de durabilité » sur les produits carnés. L’élevage est en effet responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre selon l’ONU. Autant dire un impact considérable sur l’environnement. Le but de la proposition de la TAPPC est d’augmenter le prix de la viande pour qu’il corresponde à ses coûts externes environnementaux. Et nous pousser ainsi à modifier durablement nos habitudes alimentaires. D’autant, qu’en plus d’être mauvaise pour notre planète, la surconsommation de viande l’est aussi pour notre santé. L’OMS a classé la viande transformée comme « cancérogène certain » et la viande rouge comme « cancérogène probable. »

Pour protéger la planète, l’Allemagne pourrait tripler les taxes sur la viande.

En pratique

Les associations du TAPPC proposent un impôt qui pourrait augmenter, à terme, le prix de certaines viandes jusqu’à 25%. Concrètement, il serait introduit de manière progressive dès 2021. 10 centimes seraient d’abord ajoutés tous les 100 grammes de viande. Ensuite, l’impôt serait différent en fonction de la viande et de son coût environnemental. Le bœuf serait, par exemple, le plus taxé avec 47 centimes pour 100 grammes tandis que le poulet le serait à 17 centimes pour 100 grammes. L’objectif étant de couvrir la totalité des coûts environnementaux d’ici 2030.

Les recettes pourraient s’élever à 32 milliards d’euros par an. Dans la proposition, cet argent serait reversé à la filière de l’élevage pour de meilleures pratiques. Il contribuerait également à une baisse de la TVA sur les fruits et les légumes. Le but étant de pousser les gens vers la consommation de ces produits. Enfin, une partie de l’argent engendré serait consacrée à aider les ménages à faibles revenus pour qu’ils ne soient pas pénalisés et puisse ainsi continuer malgré tout à consommer de la viande.

Une proposition qui fait débat

Ce n’est pas la première fois que des campagnes visant à dénoncer la surconsommation de produits carnés sont menées en Belgique. C’est notamment déjà le cas de l’opération « 40 jours sans viande. ». Et les professionnels du secteur de la viande sont inquiets face à une éventuelle taxe. La Fédération Wallonne de l’Agriculture indique que tous ces mouvements s’opposant à la consommation de viande ne touchent pas uniquement les éleveurs par crainte d’une baisse de leurs revenus mais également de manière personnelle. Pour eux, c’est une réelle remise en question de la pertinence de leur métier. Pour l’instant aucune mesure n’a été validée par l’Union européenne mais de plus en plus de propositions émergent dans différents pays. Selon un rapport international de Greenpeace, la population belge consomme deux fois trop de viande par rapport aux recommandations officielles, mais l’instauration d’un impôt changerait-il pour autant la donne ? A-t-on ainsi vraiment vu une diminution de la consommation de cigarettes avec l’augmentation des prix ? Le débat est loin d’être clôturé.

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