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Préparez-vous à la bagarre: le compte Instagram qui pointe du doigt le sexisme ordinaire dans les médias

S’il y a bien un compte Instagram qui nous hérisse les poils, c’est celui de @Preparez_vous_pour_la_bagarre qui recueille les citations misogynes et de sexisme ordinaire relayées dans les médias et nous rappelle que oui, on a encore du porc pain sur la planche.

« Largué par SA romancière de 24 ans », « Moi, je n’aimerais pas prendre l’ascenseur avec une femme aujourd’hui », voici le genre de citations qu’on peut trouver sur le compte Instagram @Preparez_vous_pour_la_bagarre. Citations provenant tantôt de médias super populaires comme Public pour la première, tantôt par des chanteurs qui le sont tout autant (ou l’ont été, no offence) style Serge Lama pour la seconde. Des phrases ou des mots qui n’ont l’air de rien mais qui dispersent tel du venin le sexisme ordinaire dans notre société. Et les femmes derrière ce compte voient tout, analysent tout et nous montrent à quel point les médias peuvent être contreproductifs par rapport à nos combats féministes. Un exemple, parmi tant d’autres, de publication qui nous a frappées? Celle-ci dessous, soit un article du journal Le Point, sur la nomination de Polanski aux Césars:

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Le point, 29/01/2020 ? Allez c'est parti #maletears C'est même plus une problématique individuelle que je veux pointer à ce stade c'est la protection quasi systématique des agresseurs "artistes" comme s'il existait une loi imaginaire qui leur permet tout contre des oeuvres. Par les instances de pouvoir réelles ou symboliques, les médias… et après avoir admis #metoo et le problème des violences sexuelles. ? La solidarité entre les femmes, on y est pas encore ? Mais sachez qu'en face, c'est une mécanique bien rodée. Les hommes se serrent les coudes, se soutiennent quasiment par principe. Je crois qu'ils s'identifient, je ne sais pas trop. Ca n'a pas de nom particulier, c'est plus fort que la sororité. J'appelle ça le "boys club" à défaut d'un meilleur terme. La règle est simple : on occupe des places de pouvoir ; on se nomme, on se défend, on reste loyaux et solidaires contre la dictature feministe.

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Le concept de “Boys club”

Comme l’explique l’autrice de la publication (pas de l’article, non, ça c’est un homme, bien sûr), la solidarité entre les hommes est une mécanique bien rodée :

Les hommes se serrent les coudes, se soutiennent quasiment par principe. Je crois qu’ils s’identifient, je ne sais pas trop. Ça n’a pas de nom particulier, c’est plus fort que la sororité. J’appelle ça le “boys club” à défaut d’un meilleur terme. La règle est simple: on occupe des places de pouvoir ; on se nomme, on se défend, on reste loyaux et solidaires contre la dictature féministe.

Le choix des mots de ce journaliste « Polanski doit savourer sa revanche », le « favori », « le mauvais buzz qui va le poursuivre » — laisse entendre que le journaliste soutient Polanski. Et l’autrice du compte utilise des couleurs pour souligner les propos choquants. Du bleu pour ce qui — en filigrane — signifie « le pauvre homme » et du rouge pour désigner « ces méchantes femmes ».

Lire aussi: Quand les féministes s’en prennent à la rétrospective Polanski.

Des affaires de quoi?!

Autre exemple, plus récent encore: cet article de Cnew qui considère que les accusations de harcèlement sexuel envers Devis Baupin en 2016 sont « des affaires de mœurs » au même titre que la sex tape de Benjamin Griveaux.

Cet article met sur le même plan un individu extérieur qui se venge d’une idée et les femmes victimes d’agressions, (reconnues par les accusés parfois) qui cherchent à défendre leurs droits devant la justice. Le journaliste, consciemment ou non nous propose sa vision du monde où des femmes qui accusent les hommes puissants de viols ou d’agressions sexuelles le font pour la vengeance, et la nuisance

souligne très pertinemment le compte.

Lire aussi: Une proposition de loi sur le revenge porn est votée aujourd’hui en Belgique.

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@cnewsofficiel, 14 février 2020. ??? Cet article mélange des faits de natures différentes sous le terme générique affaires de moeurs (définition : Pratiques sociales, usages particuliers, communs à un groupe, un peuple, une époque). Dans les affaires comparées à celle de Grivaux, il y a des viols, il y a des agressions sexuelles et des cas de harcèlement qui n'ont rien à voir avec le comportement moral, mais avec la loi et la domination patriarcales ?Dans l'affaire Grivaux la violence, et s'en est une, ne se place pas à l'endroit du sexe, mais au moment du partage d'images intimes, au grand public. Le sexe et le partage de ses images en privé etaient consentis. ?L'artiste qui a partagé les images n'est pas victime des agressions présumées de Grivaux, son action ne cherche pas la justice et la réparation mais à nuire et à faire une démonstration "morale". "Piotr Pavlenski : «c'est quelqu'un [Grivaux] qui s'appuie en permanence sur les valeurs familiales, qui dit qu'il veut être le maire des familles et cite toujours en exemple sa femme et ses enfants. Mais il fait le contraire»." ? Cet article met sur le même plan un individu extérieur qui se venge d'une idée et les femmes victimes d'agressions, (reconnues par les accusés parfois) qui cherchent à défendre leurs droits devant la justice. Le journaliste, consciemment ou non nous propose sa vision du monde où des femmes qui accusent les hommes puissants de viols ou d'agressions sexuelles le font pour la vengeance, et la nuisance (on voit comme cette stratégie est efficace en bleu). Les agresseurs avérés ou présumés sont eux associés à des victimes de revenge porn et/ou d'une société trop moralisatrice.

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Sincèrement, on voudrait vous montrer un tas d’exemples de sexisme ordinaire dévoilés par ce compte. Mais on vous laisse vous abonner et découvrir par vous-même les publications, mais aussi les analyses en légende, qui apportent le regard critique que nous avons parfois du mal à adopter. Simplement parce qu’en tant que femmes, nous sommes habituées au sexisme qu’on appelle — et ce n’est pas pour rien — ordinaire.

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