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Quand les féministes s’en prennent à la rétrospective Polanski

Roman Polanski attends the 70th Anniversary of the 70th annual Cannes Film Festival at Palais des Festivals on May 23, 2017 in Cannes, France. ; Shutterstock ID 648418519; Projectnummer/WBS-nummer: -; Uitgave/Naam lesmethode: -; Redacteur/Traffic manager: -; Anders: -

Avant l’affaire Weinstein et ses retombées, le réalisateur Roman Polanski était déjà connu pour ses déboires avec la justice après que plusieurs (très jeunes) femmes l’aient accusé d’agressions sexuelles. Et pourtant, la Cinémathèque de Paris a choisi de lui organiser une rétrospective, où les féministes l’attendent de pied ferme. 

Ce lundi soir, outre les fans de la filmographie de Polanski, elles l’attendront aussi à Paris. Elles, ce sont des militantes féministes qui ont décidé de venir manifester leur colère devant la Cinémathèque. Ainsi que l’a indiqué leur porte-parole, Raphaëlle Rémy-Leleu, « pour nous, l’important c’est d’annuler la rétrospective, d’avoir des excuses de la Cinémathèque et une prise de conscience ». Impensable, en effet, de voir un cinéaste au passé si sulfureux célébré, surtout à l’heure où Hollywood semble (enfin) vivre une prise de conscience et où les prédateurs sexuels sont renversés les uns après les autres, peu importe leur célébrité. Mais la Cinémathèque ne l’entend pas de cette oreille.

L’homme et son oeuvre

L’institution a fait savoir que

Fidèle à ses valeurs et à sa tradition d’indépendance, la Cinémathèque n’entend se substituer à aucune justice.

La ministre française de la culture, Françoise Nyssen, a quant à elle souligné que

Il s’agit d’une oeuvre, il ne s’agit pas d’un homme, je n’ai pas à condamner une oeuvre.

Des points de vue qui peinent à convaincre. Pour rappel, le cinéaste a en effet été inculpé en 1977 aux Etats-Unis pour le viol d’une adolescente de 13 ans, Samantha Gailey. Alors âgé de 43 ans, Polanski avait reconnu avoir eu des relations sexuelles illégales avec une mineure. Le juge avait accepté de ne pas retenir d’autres incriminations, dont le viol. Après avoir passé 42 jours en prison, Roman Polanski s’était enfui des Etats-Unis en janvier 1978, redoutant d’être lourdement condamné. Depuis, d’autres femmes également mineures au moment des faits l’ont accusé, portant à quatre le nombre d’accusations à son égard. Et pourtant, le cinéma français continue dans sa majorité de l’encenser.

Comportement malsain

Sous la pression de féministes, Roman Polanski avait dû en début d’année renoncer à présider la cérémonie des César, décernés chaque année en France par les professionnels du cinéma. Cette fois, une pétition réclamant l’annulation de l’hommage à Polanski a recueilli plus de 26.000 signatures. Et Raphaëlle Rémy-Leleu de rappeler que

Il y a quelque chose de très malsain dans le fait de traiter les violences (faites aux femmes) par rapport aux qualités et aux défauts de l’agresseur et non pas par rapport à la dignité et à l’accès au droit des victimes.

De son côté, la Cinémathèque se borne à rappeler que « nous ne décernons ni récompenses, ni certificats de bonne conduite. Notre ambition est autre: montrer la totalité des œuvres des cinéastes et les replacer ainsi dans le flux d’une histoire permanente du cinéma ». Une histoire entachée par les abus sexuels, de Roman Polanski à James Tobback en passant par Harvey Weinstein.

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