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L’IMC est-il vraiment important ?

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L’Indice de Masse Corporelle (IMC) fait figure, depuis de nombreuses années, de référence en matière de calcul de poids et tout particulièrement de surpoids. Mais s’agit-il pour autant d’une mesure totalement fiable? Et peut-on réduire aveuglement chacun d’entre nous à l’une des trois catégories qu’il propose? On fait le point.

Mondialement reconnu et suivi, l’IMC fait office de norme indicative depuis les années 70. Sa formule est très simple: IMC = poids (kg) / taille (m2). Avec trois résultats possibles:

  • Moins de 18,5 = poids insuffisant
  • Entre 18,5 et 24,9 = poids normal
  • Entre 25 et 29,9 = surpoids
  • 30 ou plus = obésité

D’une maigreur extrême à une obésité morbide, tout basculerait entre 12 nombres. Une fourchette qui semble bien faible. L’IMC serait-il dès lors devenu dépassé voir pire discriminatoire?

Une mesure qui a ses limites

Oui et non. Comme le précise le « National Heart, Lung et Blood Institute », l’Indice de Masse Corporelle est utile pour calculer

  • L’embonpoint ou l’obésité.
  • Obtenir une base d’estimation de la graisse corporelle.
  • Définir le danger de contracter des maladies dont le risque augmente avec un surpoids : maladie cardiaque, hypertension artérielle, diabète de type 2, calculs biliaires, problèmes respiratoires et certains types de cancers.

En effet, plus il sera élevé, plus le risque de maladies chroniques augmente. Pour autant, il s’agit d’estimations et le calcul de base ne prend en compte aucun facteur extérieur: ni l’âge, ni la génétique, ni le sexe, ni l’évolution de l’individu. Il ne différencie pas non plus la masse graisseuse de la masse maigre pas plus que la musculature ou l’ossature. Or, comme le précise à juste titre la FRM, la Fondation pour la Recherche Médicale: “Nous sommes inégaux face aux problèmes de poids. La maigreur peut être constitutionnelle et une obésité peut ne pas entraîner de complications. Pour mieux estimer les risques, il est essentiel de combiner les outils d’analyse, de prendre en compte les spécificités de l’individu, mais aussi d’autres facteurs, notamment génétiques et environnementaux. “

L’équivalent d’un test de QI

S’il a longtemps fait office de référent absolu en terme de génie, le test de QI est aujourd’hui considéré comme un outil intéressant mais n’offrant qu’un certain spectre d’analyse, tant l’intelligence est un domaine vaste et complexe, ne pouvant être réduit à une mesure quantitative basique. Et il devrait en aller de même pour l’IMC. Bien qu’il puisse se révéler un signal d’alerte ou une base de réflexion alimentaire, il ne peut être vu comme une fin en soi. Et pour être plus fiable, il doit être couplé à deux autres indices mis en place depuis: le rapport taille/hanche et la méthode du “tour de taille”. Le premier mesure le tour de taille ainsi que le tour de hanche et divise ensuite le premier par le second. Si le résultat est supérieur à 0,85 pour une femme et 1 pour un homme, on est alors considéré en obésité. Le second consiste à mesurer le tour de taille et à déterminer un facteur d’obésité abdominale basé sur celui-ci et atteint à 84 cm chez une femme et 90 cm chez un homme.

L’effet pervers de la norme

Mais plus que l’indice en lui-même, c’est l’utilisation que l’on fait de l’IMC qui peut se révéler dangereuse. Car loin d’être employé uniquement pour vérifier si l’on atteint un poids dangereusement élevé, il l’est surtout pour mesurer sa silhouette à celle des autres. N’avons-nous pas tous déjà cherché un calculateur sur le Net pour cesser de culpabiliser des 5 kilos pris à coups de paquets de chips et de soirées télé? Sans parler des diktats de minceur et de la norme tyrannique du 34/36, considérée comme l’équivalent d’un IMC inférieur à 18 et donc d’un poids insuffisant. Ce qui, au départ, était un outil médical est donc devenu un indicateur de perfection et d’appartenance. Avec toutes les dérives que cela comprend. Trois petites lettres qui pèsent dès lors bien trop lourd sur la balance de l’image de soi.

On pousse la réflexion encore plus loin:

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