Home Lifestyle Faut qu'on parle FAUT QU’ON PARLE: de laisser volontairement son bébé seul dans la voiture

FAUT QU’ON PARLE: de laisser volontairement son bébé seul dans la voiture

Au vu de la vague de drames de ces bambins morts après avoir été accidentellement oublié dans un véhicule, on pensait que personne ne choisirait sciemment de le faire. Il semblerait pourtant que ces terribles histoires soient entrées dans la catégorie faits divers tant il n’est plus rare de croiser un enfant en bas âge -éveillé ou endormi- en train d’attendre son parent parti faire une course.

Je ne sais pas si c’est parce que je suis moi-même maman, mais j’ai toujours en mémoire le récit de ce papa qui ne conduisait jamais son fils d’un an à la crèche. Et qui, un jour d’été où pour une fois, il était en charge de l’y amener, a oublié de déposer son petit bout et ne l’a réalisé qu’en allant le rechercher au soir. Il était mort d’être resté dans la voiture toute la journée. Une défaillance toute humaine, toute simple. Particulièrement horrible. C’était en 2003. Depuis, nombreux ont été ces enfants laissés sans le vouloir par leurs parents, dans une chaleur devenue trop rapidement suffocante ou un froid qu’on n’imaginait pas si polaire. J’ai toujours songé que l’erreur de ce papa, en 2003, avait peut-être permis de m’éviter de commettre ensuite la mienne. Que sa détresse avait au moins eu un impact. Et qu’il en était surement de même pour de nombreuses tragédies similaires. Jusqu’à ce qu’il y a quelques semaines, mon compagnon voit rouge en découvrant un petit bout de moins de 3 ans, laissé par sa maman en voiture. Pas par oubli, mais pour lui apprendre « l’autorité ». Ce geste, que je trouvais inconscient et inconsidéré, j’ai pensé qu’il demeurait un cas presque unique. Sauf que quelques jours plus tard, une amie a, elle, sorti 2 bambins transpirants d’un véhicule surchauffé, avant d’affronter l’énervement de leurs parents. Et soudainement, autour de moi, nombreux sont ceux qui ont témoigné avoir connu situation similaire.

Fausse sécurité

Pas forcément pour des bébés âgés de quelques mois. En ce qui les concerne, on a visiblement compris que hausse ou baisse des températures égal risques. Mais des petits, d’un, deux, trois, quatre ans, dont certains parents semblent penser que savoir parler et ou marcher, les immunise contre le danger. Âges aussi où ils deviennent autonomes et où il faut donc les surveiller dans les magasins et où on estime très souvent qu’ils sont capables de caprices. Tellement plus simple de ranger son véhicule à quelques pas de l’enseigne, à presque portée du regard. Comme si cela donnait la garantie de voir un problème éventuel à travers les rangées remplies d’articles ou la possibilité de développer des yeux à rayons X qui traverseraient les portants. Après tout, c’est quoi dix minutes? Ou trois achats et le passage à la caisse? Et puis cela lui donnera une bonne leçon. Lui apprendra la patience. Lui servira de punition. Ou lui permettra d’expérimenter la solitude. Sans parler du fait qu’il ne fait pas à ce point torride, que le soleil n’est pas si intense à cette heure, voire, connaissant les bouleversements climatiques belges, qu’il est habillé assez chaudement et que de toute façon il ne fait pas tellement froid.

La fois de trop

Cette fois peut-être. Cette fois surement. Un peu comme on laisserait des médicaments à portée de ses petits doigts ou la barrière de sécurité malencontreusement ouverte. Il ne se passera certainement rien. D’ailleurs il ne s’est rien déroulé. Preuve que ce n’est pas si grave. Si cela a fonctionné aujourd’hui, pourquoi pas la suivante? Et celle d’après. Jusqu’au jour où. Ce ne devait être que cinq minutes. Mais il y a aura de la file. Ce sera tragique. Et tout simple. Sauf que cela ne sera pas un oubli mais un choix. Une erreur honteusement humaine. Alors, aujourd’hui, je me demande. Combien d’enfants-erreurs faudra-t-il pour que ce principe soit complètement enterré, enrayé, stoppé? Combien en faudra-t-il pour faire comprendre aux parents que la chaleur est incroyablement traître? Qu’elle peut rapidement monter à 45 degrés au sein de l’habitacle alors que dehors il n’en fait que 15 ou 20? Que c’est encore pire pour les véhicules foncés qui attirent les rayons du soleil? Qu’un enfant en dessous de 4 ans ne sait toujours pas réguler sa température et qu’il peut perdre connaissance en seulement 7 minutes? Qu’un siège auto mœlleux et une couverture n’empêchent pas d’être frigorifié même s’il fait 10 degrés dehors?

Que plus aucun enfant ne devienne un terrible fait divers parce que ses parents seront partis faire des courses.

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