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FAUT QU’ON PARLE: l’Alabama veut interdire l’avortement, y compris en cas de viol et j’ai envie de vomir

Voilà, on y est. On a touché le fond! On apprend ce matin que l’Alabama a adopté une interdiction quasi totale de l’avortement, même en cas de viol.

Il est beau notre destin de femme en 2019. L’Alabama nous fait faire un énorme bond en arrière en votant pour une loi qui interdit l’avortement, y compris en cas de viol et d’inceste.

Elle a fait bien pire puisque les 25 élus (contre 6 qui ont visiblement encore un peu de discernement) interdisent ainsi aux médecins de pratiquer un IVG sous peine d’emprisonnement avec des peines allant de 10 à 99 ans de prison.

Un goût de vomi dans la bouche

Le seul recours autorisé pour pouvoir avorter est le danger vital encouru par la mère. Seule et unique exception prévue par cette loi moyenâgeuse.

Ce qui signifie qu’en cas de viol ou d’inceste, l’IVG sera formellement interdit.

Alors qu’une femme sur trois aux États-Unis est victime de harcèlement sexuel, alors que près de 100.000 viols ont été déclarés en 2017 pour cette seule partie du monde, l’Alabama a trouvé tout à fait justifié de voter contre l’avortement. Comment peut-on encore garder un rien d’insouciance et d’espoir en assistant à un tel spectacle?

Il ne manque qu’une signature, celle de Kay Ivey, gouverneure de l’état d’Alabama. L’espoir repose donc entièrement sur cette personne, seule et unique femme impliquée dans le processus. Parce que, qu’on se le dise, sur la liste des signataires, on retrouve 25 connards (excusez mon vocabulaire tout à fait approprié), 25 hommes qui ont entre leurs mains le destin de plusieurs millions de femmes habitant cet état de la honte.

Quand des membres du Sénat se sont battus pour au moins obtenir un amendement visant des exceptions à cette interdiction de l’avortement, ces mêmes hommes ont dit non. Quand Bobby Singleton, le chef de la minorité démocrate, a dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, ils n’ont pas frémi: « vous venez de violer vous-même l’Etat de l’Alabama. Vous dites à ma fille: tu ne comptes pas dans l’Etat de l’Alabama… Les hommes peuvent te violer et tu auras ce bébé si tu tombes enceinte ».

Les opposants ont déjà fait part de leur volonté d’aller en justice pour faire interdire cette loi. Mais les conservateurs du parti Républicain installent petit à petit leurs cartes sur la table, en adoptant des textes de plus en plus restrictifs sur l’avortement. C’est ainsi que d’ici quelques mois, ils pourraient très bien demander à la Cour suprême des États-Unis de revoir l’arrêt historique voté en 1973, nommé « Roe vs Wade », qui légalise l’avortement.

Après la Georgie, l’Alabama. Après les États-Unis, le reste du monde? Ça vous semble exagéré comme comparaison? Dois-je vous rappeler que Marine Le Pen a failli devenir présidente en France? Que l’extrême droite est toujours bien présente dans le paysage politique belge? Que les partis conservateurs sont légion? À quel point pouvons-nous faire marche arrière et oublier les droits des femmes si difficilement acquis? Le rêve américain ne faisait plus rêver depuis longtemps. Mais là, il se transforme doucement en cauchemar.

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