Home Culture Cinéma À LIRE: la tribune de Virginie Despentes à propos de la victoire...

À LIRE: la tribune de Virginie Despentes à propos de la victoire de Polanski

Feminist activists holding signs and red flares demonstrate outside the Salle Pleyel in Paris as guests arrive for the 45th edition of the Cesar Film Awards ceremony on February 28, 2020. The academy organising France's Cesar awards is going through a crisis after the entire board resigned amid calls for reform and a row over the long-running Roman Polanski scandal. The Cesar Academy has been under fire since the end of January after Roman Polanski's film "An Officer and a Spy" (J'accuse) topped the list of nominations for this year's Cesar awards, due to be handed out on February 28. (Photo by Michel Stoupak/NurPhoto via Getty Images)

Nous sommes nombreuses (et on espère nombreux) à avoir été écœurées par la victoire de Polanski, nommé « Meilleur Réalisateur » par l’Académie des Césars. Virginie Despentes a voulu répondre à ce scandale dans une tribune, et c’est bien envoyé.

Vendredi soir, Roman Polanski, accusé de viol, a été récompensé du César de la Meilleure Réalisation pour son film « J’accuse ». Au total, il aura reçu trois prix : meilleure réalisation, meilleure adaptation et meilleurs costumes. “C’est la honte”. Ce sont ces mots qui sont d’ailleurs sortis de la bouche de l’actrice Adèle Haenel, lorsqu’elle a quitté la salle au moment de la remise du César de la Meilleure Réalisation à Roman Polanski. Révoltée qu’elle était, comme nous sommes nombreuses à l’être, en voyant que nous sommes encore loin, trop loin, de voir la parole des victimes de violences sexuelles entendue.

Lire aussi: CÉSARS 2020: Roman Polanski sacré meilleur réalisateur avec « J’accuse ».

“On se lève et on se casse”

Cet écœurement que l’on ressent depuis ce week-end, la romancière Virginie Despentes l’a magnifiquement bien décrit dans une tribune pour le journal Libération, qu’on vous invite à lire par ici. Et dont voici un extrait :

Adèle se lève et elle se casse. Ce soir du 28 février on n’a pas appris grand-chose qu’on ignorait sur la belle industrie du cinéma français par contre on a appris comment ça se porte, la robe de soirée. A la guerrière. Comme on marche sur des talons hauts : comme si on allait démolir le bâtiment entier, comment on avance le dos droit et la nuque raidie de colère et les épaules ouvertes. La plus belle image en quarante-cinq ans de cérémonie – Adèle Haenel quand elle descend les escaliers pour sortir et qu’elle vous applaudit et désormais on sait comment ça marche, quelqu’un qui se casse et vous dit merde. (…)

Ton corps, tes yeux, ton dos, ta voix, tes gestes tout disait : oui on est les connasses, on est les humiliées, oui on n’a qu’à fermer nos gueules et manger vos coups, vous êtes les boss, vous avez le pouvoir et l’arrogance qui va avec mais on ne restera pas assis sans rien dire. Vous n’aurez pas notre respect. On se casse. Faites vos conneries entre vous. Célébrez-vous, humiliez-vous les uns les autres tuez, violez, exploitez, défoncez tout ce qui vous passe sous la main. On se lève et on se casse. C’est probablement une image annonciatrice des jours à venir.”

View this post on Instagram

?

A post shared by Adèle Haenel (@adelehaenel) on

Voici le contenu inséré d'un réseau de médias sociaux qui souhaite écrire ou lire des cookies. Vous n'avez pas donné la permission pour cela.
Cliquez ici pour autoriser cela de toute façon

Lire aussi :