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Un jeune sur quatre a déjà été exposé à un viol

À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, Amnesty International et SOS Viol rendent publics les résultats d’un nouveau sondage sur le viol et les violences sexuelles en Belgique. Et les chiffres sont alarmants!


Selon ce sondage, près de 50 % des Belges ont déjà été exposé·e·s à au moins une forme de violence sexuelle (allant des demandes répétées et insistantes à caractère sexuel au viol) et 20 % des femmes interrogées ont été victimes de viol (ce qui représente une augmentation significative par rapport à un sondage similaire réalisé par Amnesty International et SOS Viol en 2014). Les jeunes sont particulièrement touchés: 66 % des victimes ont été exposées pour la première fois à la violence sexuelle avant l’âge de 19 ans.

Une éducation à revoir


Amnesty International s’alarme de la mauvaise compréhension par les jeunes de la notion de consentement. Les chiffres concernant la perception de la sexualité chez les 15-25 ans sont particulièrement interpellants.

  • Un tiers des jeunes interrogé·e·s pensent qu’il est normal d’insister pour avoir des rapports sexuels et que l’on ne peut pas parler de viol si une personne ne dit pas explicitement «non».
  • Seul·e·s 53 % des sondé·e·s sont conscient·e·s du fait que le viol sur un·e partenaire est une agression sexuelle passible d’emprisonnement.
  • Un cinquième des jeunes hommes interrogés pense qu’ils ne peuvent pas être accusés de viol par leur partenaire s’ils ont imposé une relation sexuelle.
  • Un quart des jeunes hommes interrogés n’imagine pas pouvoir être accusés de viol par leur partenaire s’ils ont imposé une fellation.


 

« Les réponses fournies par les jeunes relatives aux stéréotypes entourant le viol et les violences sexuelles sont extrêmement inquiétantes, notamment en ce qui concerne la possibilité de dire “non”. Nous sommes tout aussi consterné·e·s par les manquements de nos autorités en termes d’éducation et de sensibilisation, y compris dans les écoles alors que le programme d’Éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) n’est pas encore généralisé » explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

Pour rappel, avoir une relation sexuelle en l’absence de consentement est un viol, peu importe qu’il y ait eu de la violence physique ou non, peu importe si celle-ci se passe dans le cadre du couple. Il s’agit d’un crime passible de réclusion.

Des préjugés lourds de conséquences


La persistance des préjugés masculins sur la question du viol et des violences sexuelles est un autre élément particulièrement problématique émanant de ce sondage.

Les réponses fournies par les hommes interrogés indiquent ainsi que:

  • 20 % d’entre eux pensent que les femmes aiment être forcées, et que la violence est sexuellement excitante pour elles.
  • Ils sont 39 % à considérer que, lorsqu’il s’agit de porter plainte pour viol, les femmes accusent souvent à tort.
  • 48 % des hommes et 37 % des femmes sondé·e·s estiment que des « circonstances atténuantes » liées au comportement de la victime peuvent exister dans certains cas, rendant cette dernière en partie responsable de son agression ; 16 % pointent les vêtements sexy, 16 % également le fait de ne pas avoir dit explicitement « non » et 14 % les « comportements provocants ».


Parallèlement, les personnes interrogées sont tout de même conscientes de l’impact négatif de ces stéréotypes. En effet, 90 % des sondé·e·s pensent que la crainte de ne pas être cru·e est un frein pour se confier et 85 % qu’il arrive parfois ou souvent qu’on puisse culpabiliser les victimes. En outre, plus de deux tiers des répondant·e·s estiment que le fait que l’accueil de la police ne soit pas optimal peut « certainement » ou « probablement » constituer un frein pour les victimes.

Ces opinions font ainsi écho à la position d’Amnesty International, qui demande que soit renforcée la formation de base et continuée des acteur·rice·s de première ligne, notamment policiers et judiciaires.

Des coupables impunis


Le sondage révèle que, parmi les femmes qui ont porté plainte pour des faits de violence sexuelle, seules 14 % se déclarent satisfaites de cette démarche.

  • 83 % des sondé·e·s pensent que les démarches en justice peuvent paraître lourdes (coût, durée, etc.) et dès lors constituer un frein pour les victimes.
  • 77 % des personnes interrogées considèrent que le fait que la justice ne soit pas efficace pour condamner les auteurs de viols peut être un frein aux démarches des victimes.


« Ces affirmations sont à mettre en relation avec les statistiques du ministère de la Justice montrant que, dans 53 % des cas, les dossiers de viol sont classés sans suite. Comme cela est mis en évidence par 68 % des personnes interrogées, nous estimons que ce phénomène favorise gravement l’impunité des responsables de viol. C’est pourquoi nous appelons toutes les autorités compétentes à prendre des mesures pour lutter contre l’impunité des auteur·e·s de viol et améliorer la prise en charge des victimes tout au long de la procédure, ce qui permettrait de redonner confiance aux citoyen·ne·s belges dans la procédure judiciaire » indique Philippe Hensmans.

Chez Flair, nous partagerons durant le mois de mars des témoignages de viol qui sont restés secrets jusqu’à présent. 

Parce que si ça vous arrive à vous, ça nous arrive à toutes.

Parce que chaque femme a le droit de disposer de son propre corps.

Ça ne sera jamais de votre faute. 


 

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