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Pourquoi il faut absolument aller voir « Promising Young Woman »?

Coquille légère pour contenu dur et lourd : tel est le cocktail maléfique et insolite définissant « Promising Young Woman », œuvre signée Emerald Fennell que l’on vous invite à voir d’urgence. Un film qui traite de consentement, harcèlement et culture du viol.


C’est à une femme — la scénariste britannique Emerald Fennell — que l’on doit « Promising Young Woman », petite pépite cinématographique traitant d’un sujet encore trop souvent tu ou mal abordé dans le cinéma : le harcèlement, le viol et la masculinité toxique. Ce film prend tous les apparats de la comédie romantique américaine — la jolie petite blonde barista qui  se fait draguer par un prince charmant sourire clinquant —, pour emmener le spectateur dans un sujet aussi lourd qu’important : la culture du viol — et du même coup, dans un thriller sanglant. Costume scintillant pour sujet piquant, et c’est sans doute là la première qualité de Promising Young Woman : prendre des allures de film léger, agrémenté d’une bande-son « britneyspearienne » pour attirer dans les salles sombres le plus large public possible.

Ce film, on le déguste comme un bonbon acidulé, on y rentre comme dans un piège, piège aussi farfelu que celui que l’héroïne tend aux hommes qu’elle rencontre sur son passage. Voici donc le pitch : Cassie, une trentenaire, interprétée par l’excellente Carey Milligan (fait assez rare dans le cinéma que pour le noter: l’actrice a vraiment 36 ans et même quelques pattes d’oie, alléluia). Cassie est serveuse dans un coffee shop le jour. La nuit, elle feint l’ivresse aux abords des boîtes de nuit, devenant ainsi la proie de gros dragueurs, voire parfois de potentiels violeurs. Juste avant qu’ils ne passent à l’acte, la jeune femme montre son réel visage — la sobre —   pour confronter ces mecs à leur comportement et leur faire la moral. Une façon de venger sa meilleure amie, violée sur les bancs de l’école de médecine et suicidée des années auparavant. Si l’on ne peut pas dévoiler la fin du film ici, on ne manquera pas de dire qu’elle est aussi sanglante qu’emplie de sens : vous n’arriverez pas à nous faire taire. Tel est le message.

 

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Un film qui dérange


Difficile, en tant que femme (et on espère que c’est la même chose pour les hommes), de rester insensible à ce film tant il ne peut que nous rappeler des situations déjà vécues, sinon par nous, par nos copines, dont la vulnérabilité a un jour hameçonné un porc.  Dans le sillage de l’ère post-#MeToo, la réalisatrice prend soin d’aborder un beau panel de notions, du harcèlement, au slut-shaming, en passant par les féminicides, tout en évoquant aussi la réalité des agressions sexuelles dans les milieux éduqués et privilégiés, contrairement à certaines stéréotypes subsistants. Les « nice guys » peuvent être des prédateurs. Fun fact :  Adam Brody y incarne le rôle d’un harceleur et si c’est un choix conscient de la réalisatrice, on applaudit l’idée. Ne nous fions pas aux apparences: même un Seth Cohen à la bouille d’ange peut se transformer en diable. L’héroïne incarne aussi un beau pied de nez aux idées reçues: parfaitement coiffée et manucurée, elle est aussi parfaitement féminine qu’elle n’est terriblement redoutable.

Certains pointeront du doigt la misandrie ambiance et clairement, l’œuvre n’épargne à aucun moment la gent masculine, manquant peut-être ici d’une nuance, nuance qui — rappelons-le — a longtemps aussi été absente dans la description des femmes à l’écran. Pas de demi-mesure pour une problématique qui ne peut plus accepter les concessions. On ressort de ce film avec un sentiment de « girl power » décuplé. On érige au rang de nouvelle « queen », cette Cassie et son petit carnet de prédateurs, qu’on a envie d’aller remercier pour ce sentiment jouissif qu’elle nous fait vivre à travers l’écran. Celui d’une vengeance que nous sommes nombreuses à avoir fantasmée.  « Promising Youg Woman » redistribue les cartes d’un jeu trop longtemps truqué. N’en déplaise aux tricheurs.

Promising Young Woman, à voir actuellement au cinéma.

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