Gen F

En rejoignant la communauté, vous recevez un accès exclusif à tous nos articles, pourrez partager votre témoignage et…
Euphoria - Saison 2 - épisode 2

EUPHORIA: cette scène incroyable tacle le mouvement body positive

Justine Rossius

Le deuxième épisode de la saison 2 d’’Euphoria’ nous a bluffées avec une scène ultra prenante résumant en quelques minutes ce que c’est d’être une femme à l’époque du mouvement body positive…

Dans le second épisode de la très attendue deuxième saison d’Euphoria, Kat (jouée par Barbie Ferreira) réalise qu’elle ne parvient pas à tomber amoureuse de son mec — Ethan —, le nice boy par excellence, juste parce qu’elle se déteste elle-même. Comment aimer un autre quand on se hait ? De nulle part si ce n’est de son imagination sort alors une splendide jeune femme en bikini qui lui rétorque « Kat, tu dois juste apprendre à t’aimer ». Elle est suivie par une horde d’activistes du mouvement body positive qui lui crie de s’aimer. Love yourself. Love yourself. Bizarrement, on se met à flipper devant ces cris pourtant bienveillants en apparence. Cette scène particulièrement puissante permet d’ouvrir le débat sur ce qu’on peut appeler : le « toxic positivity ». 

L’affichage de ce contenu a été bloqué pour respecter vos choix en matière de cookies. En cliquant sur « Voir le contenu », vous acceptez les cookies. Vous pouvez modifier vos choix à tout moment en cliquant sur « Paramètres des cookies » en bas du site.
Voir le contenu

La dictature de l’amour propre

Sur les réseaux sociaux, des médias, influenceurs·ses, quotes et infographies couleur pastel inculquent aux femmes à booster leur amour propre, à se sentir confiantes en toutes circonstances, à combattre le patriarcat et à ne pas adhérer aux normes cis ou autres standards de beauté hétéronormatifs.

Bien sûr, derrière ce message se trouve une noble cause, mais la prise de parole est souvent simpliste et manquant d’empathie envers les personnes en souffrance. Les plaidoyers 2.0 ne balayeront pas d’un seul coup les profonds sentiments d’insécurité vécus par Kat et de nombreuses femmes. Comme on peut le lire dans le média Jezebel, « ce message revient à offrir à quelqu’un un pansement quand sa main a été coupée : c’est un beau geste, mais cela ne fait littéralement rien pour résoudre le problème. »

Pire: à la détestation de soi s’ajoute une souffrance supplémentaire, celle de ne pas correspondre à la dictature de l’amour de soi. Une lasagne d’autant plus culpabilisante: on ne répond à aucune injonction, ni celle d’être « parfaite » et de correspondre aux normes de beauté standards, ni celle d’être une femme forte, qui s’assume. C’est la double peine! Et si certaines personnes parviennent à s’aimer en faisant fi des pressions extérieures, d’autres n’ont pas forcément envie de se battre au quotidien et c’est très bien comme ça aussi.

D’où je parle de body positivity?

Cette séquence riche en émotions d’Euphoria nous montre aussi un autre aspect de ce combat sur les réseaux sociaux. La lutte pour davantage d’amour propre est souvent tenue par des personnes blanches, cisgenres et parfaitement valides et le mouvement est même parfois réapproprié par des influenceuses qui correspondent en tout point à ce que la société attend des femmes. Tout au plus, elle cache un peu d’acné ou dévoile quelques vergetures (OMG). La lutte contre la grossophobie et pour l’amour de soi se doit d’être portée par des personnes que cela concerne directement, pour qu’elle ne devienne pas une énième injonction.

Lire aussi:

Vous avez repéré une erreur ou disposez de plus d’infos? Signalez-le ici

Nos Partenaires