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Faut qu’on parle: les homicides conjugaux ne sont pas des faits divers

Justine Rossius

Jeudi 5 avril, on découvrait le documentaire « La Mécanique du Crime », diffusé dans Envoyé Spécial sur France 2. Un doc choc et éclairant, sur la mécanique qui se met systématiquement en scène pour les homicides conjugaux.


 

Dans ce documentaire, le journaliste Lorraine de Foucher analyse plusieurs affaires de féminicide, et se concentre sur la mécanique qui se met en place lors de ceux-ci. Et c’est passionnant. On découvre rapidement, que dans l’inconscient collectif, on se dit que les femmes sont un peu responsables de leur situation. Comme si c’était elles qui n’avaient pas réussi à se défendre ou à partir à temps. On découvre également le schéma patriarcal qui se cache derrière les féminicides: souvent, il s’agit du geste d’un homme possessif, qui ne supporte pas que sa femme parte et qui la préfère morte que sans lui. Grâce à son travail, la journaliste a pu montré que les meurtres conjugaux suivaient presque systématiquement le même schéma: « Le profil général type, c’est un homme d’âge moyen qui va passer à l’acte au domicile conjugal, avec une arme d’opportunité, ça va être plutôt un geste impulsif motivé par un contexte de conflit majeur, un contexte de séparation pour beaucoup de cas », détaille-t-elle. Près de 7 meurtres conjugaux sur 10 se font dans un contexte de séparation. Leur compagnon n’acceptait pas le caractère irréversible de la rupture. Cette notion de « possession de la femme » par un homme, n’est pas normale, mais découle pourtant naturellement de toute une société. Et il est temps que ça change.

 

Nous avons tous un rôle à jouer


La journaliste, Lorraine de Foucher, revient aussi sur l’impuissance des proches. Souvent, dans le cas de violences conjugales, les proches n’osent pas intervenir, en se disant que cela appartient à l’intimité du couple. « Ils se disputent, mais c’est normal, ils sont en couple. Ce n’est pas nos affaires ». Évidemment, c’est une erreur! Nous avons tous un rôle à jouer et ce rôle peut d’ailleurs s’avérer vital.

 

Les féminicides ne sont pas des faits divers


Les féminicides sont encore trop vus comme de vulgaires faits divers, des crimes passionnels ou des drames conjugal alors qu’il s’agit en fait d’un fait de société. Pour que ceci soit davantage compris par la société, le journal Libération liste d’ailleurs depuis un an et demi les homicides conjugaux. Au total, le journal a enquêté sur 220 décès de femmes. Leur but? Tenter de redonner un visage, une identité, mais aussi des circonstances à ces meurtres, qui arrivent, rappelons-le, tous les trois jours.

 

Pour aller plus loin:


 

 

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