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Témoignage: « On m’a forcé à avorter »

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Certains choix que nous faisons ont encore des conséquences des années plus tard. Céline, 22 ans, en a fait l'expérience, lorsque à 17 ans, elle a accepté d'avorter, poussée des pressions venues de l'entourage de son compagnon. Une décision qui a bouleversé sa vie pour toujours.

“J’avais 17 ans quand je suis tombée enceinte par accident. Mon copain et moi étions ensemble depuis un an, nous formions un couple stable, mais nous n’avions pas encore prévu de fonder une famille. Quelques jours avant Noël, j’ai constaté que j’avais du retard. En panique totale, je suis allée acheter un test de grossesse, qui nous l’a confirmé: nous attendions un enfant. On a immédiatement été submergés de questions: Comment allions-nous gérer ça? Comment allais-je mettre ça sur le tapis durant le repas de Noël? Et comment sa famille – à laquelle il allait rendre visite pour les fêtes – allait-elle prendre la chose?

Mon copain aussi était abasourdi. Pour lui, c’était clair, il fallait que j’avorte… Ce que je n’avais pas du tout envisagé.

Le lendemain de Noël, j’ai pris mon courage à deux mains et j’en ai parlé à mes parents. Ils étaient choqués, mais heureusement, ne se sont pas mis en colère: un soulagement pour moi… Finalement, je me sentais soutenue, comprise. Mais cette sensation de soulagement a fondu comme neige au soleil à l’instant où nous avons annoncé la nouvelle à la mère de mon petit ami… Elle n’a rien voulu savoir, elle ne voulait pas que je garde l'enfant: mon univers s’est effondré.

Poussée à faire un choix

Pendant les fêtes, nous sommes allés passer une semaine de vacances dans la famille de mon petit ami: de la première à la dernière minute de mon séjour, ils ont cherché à me convaincre. Pour eux, il était hors de question que je mette cet enfant au monde et que j’impose à mon amoureux une situation qu’il n’avait pas voulue. Tout a été dit et fait pour me persuader d’avorter. J’étais prise entre deux feux, brisée de douleur… Quelques jours plus tard, j’ai appris que la mère de mon petit ami avait déjà pris rendez-vous dans une clinique spécialisée.

Avorter pour sauver mon couple

J’y suis allée pour un premier entretien en compagnie de mon petit ami, puis nous sommes rentrés: nous avions une semaine pour réfléchir. Ça a été la pire semaine de ma vie… Je voulais vraiment garder ce bébé. Même s’il était encore minuscule, je me sentais déjà pleine d’amour pour lui. À l'insu de mes parents, nous avons passé des heures à discuter, mon copain, sa famille et moi. Ils ont finalement réussi à me convaincre de commettre la plus grosse erreur de ma vie: j’ai accepté de me faire avorter, pour mon petit ami. Le 25 janvier 2013, j’ai abandonné mon petit ange. J’étais écrasée de douleur et j’ai menti à ma famille en leur faisant croire à une fausse couche… Aujourd’hui encore, ils ne savent pas ce qui s’est réellement passé.

Une seconde grossesse non désirée

Ma seule consolation, c’était de me dire que mon avortement avait sauvé ma relation. Mais deux semaines plus tard, je me suis fait jeter comme une vieille chaussette… Je n’avais plus rien. Pendant des semaines, je  me suis endormie en pleurant… Je me suis jetée à cœur perdu dans les sorties et la vie nocturne, et j’y ai rencontré un garçon qui venait de vivre, lui aussi, une rupture difficile. Nous nous sommes consolés mutuellement. Après quelques semaines, nous dormions ensemble tous les week-ends: ça a duré jusqu’à ce que je réalise qu’il s’était remis avec son ex et qu’il m’avait trompée avec elle. Comme si ça ne suffisait pas, je me suis rendue compte, encore une fois que j’avais du retard… Comment pouvais-je encore tomber enceinte? J’avais pourtant pris ma pilule comme il le fallait? Je n’avais pas pensé que, comme je venais de subir une opération à l’estomac provoquant des vomissements, ma pilule était devenue inefficace.

Pas deux fois la même erreur

J’ai informé mon copain de l’époque de ma grossesse, et il n’a rien voulu savoir: il ne voulait pas de ce bébé. Mais cette fois, ma décision était prise, il était hors de question que je commette la même énorme erreur: même seule, j’aurais cet enfant.

Le 4 juin, mon fils Liam est venu au monde: il a été la plus belle et la meilleure décision de toute ma vie. Pendant toute la grossesse, j’ai reçu énormément de soutien de la part des mes parents et de ma famille. De façon totalement inattendue, Sam, un ancien copain, a repris contact avec moi, mais avec tout ce que je venais de vivre, je n’étais pas du tout prête pour une nouvelle relation. Nous nous sommes parlés pour la première fois trois semaines après la naissance de Liam et Sam était si doux, si attentionné avec mon fils que j’ai foncé, sans me poser de questions. En octobre 2014, Sam a reconnu Liam. Nous nous sommes mariés en juin dernier. Grâce à  lui j’ai l’impression d’avoir enfin trouvé le bonheur. Mais pas un jour ne passe sans que je pense à mon petit ange, avec toujours autant de douleur et de peine…”

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