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Témoignage: “Mon chien soigne les gens”

Riley by Emilie
Riley by Emilie

Les animaux ont des capacités qui vont au-delà de ce que l’on imagine, y compris celle d’aider et d’accompagner ceux qui souffrent. Kim, 31 ans, vient ainsi d’accueillir Urbain, un golden retriever de six mois. Il vivra avec elle et son copain, Antoine, 39 ans, et sera ensuite placé comme chien d’assistance chez une personne atteinte d’un handicap moteur ou d’épilepsie.

Kim: “J’ai rencontré Antoine il y a sept ans, grâce à son premier chien d’assistance, Donut, qu’il a formé pour l’association Hachiko (qui s’occupe de former des chiens d’assistance, ndlr.). J’étais à une fête avec des amies et un mec incroyablement arrogant nous tournait autour. Mais lors de cette soirée, je suis également tombée amoureuse d’un labrador brun. J’ai passé toute ma soirée à terre à jouer avec lui. J’ai rapidement réalisé que ce chien trop mignon appartenait au type super arrogant (rires). Quelques mois plus tard, on sortait ensemble!”

Antoine: “Je sortais d’une période difficile. Ma société de jardinage avait fait faillite, je venais de vivre une rupture. Je n’avais plus rien, seulement Donut, le chien que j’éduquais. Je vivais dans la maison de mon oncle, gratuitement, et j’avais traversé l’hiver en allant chercher du bois dans la forêt et en me nourrissant avec ce que mes grands-parents me donnaient. Le peu que j’avais, je le dépensais pour boire des pintes dans mon bar préféré. J’étais vraiment un clochard avec son chien (rires). Mais le fait de dresser Donut m’a forcé à m’activer. Ça m’a permis de surmonter cette période difficile.”

Un blog sur les chiens d’assistance

Kim: “Antoine était un blogueur passionné. Sur son blog, il avait lancé un concours. C’est Daphné qui avait gagné: une bloggeuse qui écrivait des articles sur son chien d’assistance.”

Antoine: “J’ai été jusque chez elle pour lui apporter son prix. Et c’est là que j’ai rencontré son chien pour la première fois. Il y a dix ans, les chiens d’assistance n’étaient pas très connus. J’ai directement été impressionné par ce qu’il pouvait faire. Lorsque je suis arrivé dans son hall d’entrée, son chien est venu devant la porte. Il a demandé la permission d’ouvrir à Daphné, qui a acquiescé et il a appuyé sur le bouton pour ouvrir la porte. Impressionnant!

Les labradors bruns

Kim: “Antoine et Daphné se sont liés d’amitié et c’est comme ça qu’il s’est intéressé au monde des chiens d’assistance. Daphné est peut-être dans un fauteuil roulant, mais ça ne l’empêche pas d’avoir un sacré caractère! C’est elle qui a décidé qu’Antoine élèverait un chien (rires). Sans elle, il n’aurait peut-être jamais commencé, mais elle a réussi à le convaincre. Il s’est alors proposé comme famille d’accueil, et après deux ans, il a reçu Donut. Il a dû remettre Donut à son maître définitif peu de temps après notre rencontre, et nous avons alors décidé d’en accueillir un autre. On a alors accueilli Ocho, un labrador brun. Ce sont des chiens au fort caractère, ce qui s’accorde très bien avec Antoine (rires).”

Des adieux déchirants

Kim: “Ocho est finalement resté avec nous plus longtemps que prévu, car Stéphane, son maître définitif, est tombé malade. Nous avons bien sûr accepté de le garder jusqu’à ce que Stéphane soit rétabli.

Les adieux sont difficiles. Impossible de ne pas s’attacher! Mais vous savez pourquoi vous le faites: vous dressez un chien pour qu’il puisse jouer un rôle essentiel dans la vie de quelqu’un.

Mais je sais que mon cœur va se briser le jour où je devrai donner Urbain. C’est le premier chien que j’ai accueilli. Il est toujours avec moi, il a tout à apprendre: aller au magasin, dans le train… Le laisser va me donner l’impression de perdre mon bras gauche.”

Un chien en tenue de travail

Kim: “L’organisation nous guide pour le dressage d’Urbain. Par exemple, ils nous apprennent à ne pas punir les mauvais comportements, mais à récompenser les bons. C’est parfois difficile. Lorsque vous devez aller d’urgence quelque part, et qu’il décide qu’il n’a pas envie de grimper dans la voiture. Ou lorsqu’il détruit les fleurs d’Antoine, qu’il a fait pousser avec amour depuis un an (rires).”

Antoine: “À l’époque, on consacrait un temps déterminé à l’entraînement. Aujourd’hui, chaque situation peut être un apprentissage. Nous travaillons souvent de la maison car nous sommes freelance, et nous avons par exemple appris à Urbain à porter un stylo d’un bureau à l’autre. Quand nous nous promenons, nous réfléchissons sans cesse à ce que nous pouvons lui apprendre. Mais lorsqu’il enfile sa veste de chien d’assistance, il sait qu’il est en vraiment en mode travail et qu’il doit être plus attentif.”

Les autres et leurs jugements

Kim: “Confier son chien à quelqu’un d’autre n’est pas le plus compliqué dans le fait d’éduquer un chien d’assistance. C’est plutôt le jugement que les autres portent sur vous. J’aimerais attirer l’attention sur l’association Hachiko, car il y a encore trop peu de familles d’accueil. J’ai déjà reçu de nombreux messages de haine… Certaines personnes trouvent inhumain de faire travailler un chien. ‘Un chien doit pouvoir rester un chien’ nous a-t-on déjà dit. D’autres nous ont dit que nous le traumatisions parce que nous l’emmenions à un festival. On le fait pour qu’il soit préparé à y accompagner son futur maître. On veille à ce qu’il ne soit pas trop stressé, mais les gens continuent à nous accuser de maltraitance. Le pire est que je ne peux pas expliquer à ces détracteurs comment ça fonctionne, car ils ne veulent pas l’entendre. Ils ont déjà une idée préconçue sur la question.”

Antoine: “Heureusement, on reçoit aussi des échos positifs. Certaines personnes nous demandent comment accueillir un tel chien.

Si vous souhaitez devenir famille d’accueil ou bénéficier d’un chien d’assistance, il faut d’abord vous informer et vous rendre dans un organisme reconnu. En principe, tout le monde peut le faire, mais il faut avoir beaucoup de patience, d’enthousiasme, d’engagement, mais aussi d’ouverture, et accepter de vous laisser guider.

Car vous devez être capable d’admettre les critiques, croyez-moi! (rires).”

Kim: “Tant que nous disposerons d’assez de temps et que nous pourrons vraiment nous engager dans ce projet, nous continuerons à éduquer des chiens. Et lorsqu’ils prendront leur retraite, après 8 ans à peu près, nous serons les premiers à pouvoir les adopter et leur offrir de belles dernières années. Si cela arrive avec Donut, il sera plus que le bienvenu chez nous. Mais si on ajoute encore un quatrième chien, puis un chiot… ça va commencer à faire beaucoup! Nous verrons bien, les meilleures choses de la vie arrivent de manière inattendue (rires).”

Envie de devenir famille d’accueil? Surfez sur www.badf.be, le site de la Belgian Assistance Dog Federation. Vous y trouverez toutes les organisations belges qui forment des chiens d’assistance.

Texte: Kaatje De Coninck et Justine Rossius. Photo: Tine Schoemaker.

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