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© Edward Berthelot/Getty Images

TÉMOIGNAGE : l’actrice Judith Chemla brise le silence sur les violences conjugales qu’elle a subies

Ana Michelot
Ana Michelot Journaliste

Judith Chemla a décidé s’exprimer publiquement afin de dénoncer les violences que lui a fait subir son ex-compagnon Yohan Manca, à travers un post Instagram cette semaine. Par ce geste, elle espère encourager toutes les victimes de violences conjugales à témoigner et à porter plainte.

Les images ont fait le tour des réseaux sociaux : Judith Chemla, actrice connue pour son rôle dans le film « Le sens de la fête » et à l’affiche du nouveau biopic sur Simone Veil, a dévoilé trois clichés d’elle, le visage tuméfié. Des images qui datent de juillet 2021, il y a un an. À l’époque, la comédienne est encore en couple avec le père de sa fille, le réalisateur Yohan Manca. Lors d’une dispute, ce dernier lui a jeté un téléphone à la figure, lui provoquant des blessures qui l’empêcheront d’assister au Festival de Cannes cette année-là, selon un article de « Variety ». Des faits, que Yohan Manca a reconnu, niant toutefois avoir été violent avec son ex-compagne en dehors de cet incident. « Quand j’ai vu que le téléphone avait blessé son visage, j’ai eu honte instantanément, et j’en ai encore honte aujourd’hui. Je n’ai jamais exercé de violences physiques sur Judith ni sur d’autres femmes, c’était la seule fois, et la fois de trop », a-t-il affirmé dans un communiqué.

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« Je n’ai pas honte de cette photo. Mais lui devrait avoir honte. »

Judith Chemla

Actrice

Après cet épisode de violence, Judith Chemla décide de porter plainte, chose qu’elle fera une seconde fois après « quatre mois de harcèlement intense » exercé par son ex-compagnon. Ce 4 juillet dernier, c’en est trop pour l’actrice qui décide de publier ces photos choc sur Instagram en expliquant sa détresse : « Il y a un an, mon visage a été blessé, du bleu, du violet sous mon œil, je me suis vue déformée. Il y a un an, j’ai regardé mon visage dans la glace et j’ai su que je ne pourrai plus me voiler la face. Le père de ma fille. Ceux qui sont capables de faire ça, il faut qu’ils soient hors d’état de nuire. » Elle insiste sur une chose, la honte doit changer de camp : « Je n’ai pas honte de cette photo. Mais lui devrait avoir honte, il devrait avoir honte aujourd’hui, un an après, au lieu de continuer à faire pression sur moi, de penser qu’il a encore les moyens de me manipuler, au lieu de pourrir la tête de mon enfant, il devrait avoir honte et se faire discret, rechercher vraiment à être pardonné. Ce n’est pas le cas. J’ai tant de preuves qu’il continue d’essayer de me nuire. » Épuisée, Judith Chemla ne demande qu’une chose : « Je n’en peux plus. J’exige d’avoir la paix. C’est plus clair comme ça ? »

Un message de soutien à toutes les victimes

Ce mercredi 6 juillet, c’est sur France Inter que Judith Chemla a choisit de prendre la parole. Elle raconte l’escalade la violence dans son couple, comment son compagnon a commencé à exercer une violence psychologique sur elle, à l’intimider alors qu’elle était enceinte : « C’est souvent le cas, apparemment. Tout d’un coup, le corps de la femme leur appartient vraiment, il y a un être qui vient d’eux à l’intérieur, alors il faut savoir tout de ce corps, comment il a été aimé par d’autres, comment il a été sali par d’autres. » Elle explique que Yohan Manca devient tout à coup jaloux et l’accuse d’être « une actrice volage ». L’actrice se livre également sur ce déclic qui l’a décidé à porter plainte et prononce un message poignant à destination de toutes les victimes de violences conjugales : « Mesdames, ne retirez jamais une plainte que vous déposez. On vous intimidera, on vous fera culpabiliser. Certaines femmes n’ont plus le courage de se battre et je reçois des témoignages bouleversants qui me disent : grâce à vous, je reprends le combat. Le combat, c’est de porter plainte, de se battre pour que ses enfants soient protégés. »

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