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© Attentat Bataclan - Getty Images

Le père d’une victime et celui d’un terroriste du Bataclan livrent un témoignage croisé bouleversant

Kathleen Wuyard

En novembre, cela fera 5 ans déjà que des terroristes ont mis Paris à feu et à sang, faisant 413 blessés et 130 morts. Parmi eux, Lola Salines, assassinée au Bataclan, mais aussi Samy Amimour, un des terroristes qui ont ouvert le feu dans la salle de concert avant de s’y donner la mort. Dans « Il nous reste les mots », leurs pères racontent à quatre mains cette tragédie qui a changé à jamais leur vie.


Cinq ans, c’est tout et c’est rien. Le temps passe à une vitesse folle, panse les blessures, mais ne les guérit pas. Pour les victimes et leurs proches, la plaie laissée par les attentats du 13 novembre sera à jamais béante. Le souvenir est encore si vif dans les mémoires qu’on croirait que c’était hier. Mais des années ont passé, offrant sur leur passage la possibilité d’un dialogue entre deux camps que tout oppose de prime abord: celui du père d’une des victimes des attentats, et du père d’un de leurs perpétrateurs. Si différents, et pourtant si proches: tout deux ont perdu un enfant, dû faire face à la violence des évènements, et se retrouvent aujourd’hui dans le camp des victimes des attentats du Bataclan, dont la vie a irrémédiablement changé le 13 novembre 2015. Deux ans après le drame, Azdyne Amimour, père de Samy, envoie un message à Georges Salines, père de Lola, auquel ce dernier répond d’abord avec colère. Et puis un dialogue s’ouvre entre les deux hommes, qui se découvrent des points communs au gré de leurs rencontres et de leurs conversations. À commencer par une approche très similaire des attentats, ainsi qu’Azdyne Amimour l’a confié à Europe 1.

Si j’ai voulu le rencontrer, ce n’est pas par curiosité. C’est pour lui dire que j’ai condamné, je condamne et je condamnerai toujours avec la plus grande fermeté ces actes de violence ».


Et si les deux papas ne « deviendront pas amis », à force de dialogue, ils ont fini par se comprendre, se respecter, mais aussi et surtout, trouver la force de lutter ensemble contre l’islamisme. Parce que « c’est beaucoup plus efficace de dialoguer et de faire un livre comme ça pour lutter contre l’islamisme que d’envoyer des courriers furibards » soulignent encore les deux papas. Interrogé par 20 Minutes, Georges Salines affirme encore vouloir avec ce livre envoyer un message fort, « montrer qu’il ne faut pas faire d’amalgame entre les musulmans et les fondamentalistes, les extrémistes, les terroristes. Tout le monde n’est pas coupable, on peut être le père d’un terroriste et ne pas partager ses idées. Les parents ne sont pas forcément responsables des crimes de leurs enfants ». Et lutter contre l’intolérance et ses dérives violences passe forcément par la tolérance, dont « Il nous reste les mots », paru aux éditions Robert Laffont, est un magnifique exemple.

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