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“LE POINT G” épisode 163: le Slow Sex et l’énergie sexuelle

La rédaction

Gaëlle, 28 ans, en a bavé côté cœur. Après avoir épluché Tinder et vécu mille et une nuits parfois torrides, parfois étranges, il semblerait qu’elle ait trouvé le bon. Avec Ben, elle explore toutes les facettes de la sexualité. Avec amour, mais surtout avec humour.

L’autre jour, j’ai acheté le livre qui a fait un carton lors de sa sortie : « Le Slow Sex » d’Anne Descombes et Jean-François Descombes. Il s’agit d’un livre très accessible (tant par son prix que sa rédaction) inspiré de la pratique de la sexothérapeute américaine Diana Richardson. Si on entend tout de suite le côté « slow » (lent), le slow sex fait surtout l’apologie des sensations. Et quoi de mieux pour ressentir davantage que de ralentir. Ainsi, on apprend plein de choses au fil des pages, notamment qu’il est tout à fait possible de faire une pénétration sans érection. Certains rappels m’ont fait du bien à lire. Par exemple ? Que les femmes ont besoin d’en moyenne de 15 à 20 minutes de pratique (câlins, douceur, massage, etc. ) pour ressentir du plaisir, que la quête de l’orgasme nous fait bien souvent passer à côté, que notre sexualité occidentale est quand même assez fortement basée sur la performance.

Le slow sex est donc une invitation à profiter, à se détendre, à communier avec son ou sa partenaire sans viser d’objectifs en particulier si ce n’est de s’offrir un moment de plaisir ensemble.

Ça m’a parlé. À travers cette lecture, j’ai un peu plus conscientisé la nécessité d’être à l’écoute de son corps, de s’y connecter ainsi qu’à ses 5 sens pour être dans l’instant présent. Le slow sex veut reconnecter la tête au corps pour qu’ils forment un tout orgasmique. Et encore… L’orgasme n’est pas forcément le but à atteindre. Il n’est que la cerise sur un gâteau déjà bien gourmand.

En lisant mon bouquin au lit, je suis tombée sur un passage qui abordait les pôles des énergies sexuelles dans le corps des hommes et des femmes (c’est l’un de mes reproches principaux… Le livre n’est pas inclusif et est adressé à un public hétérosexuel cisgenre). Il s’y disait que les femmes ressentiraient une excitation plus forte si on s’occupait avec douceur de leur poitrine plus longtemps alors que le pôle d’excitation des hommes est plutôt centré sur la zone génitale.

Personnellement, j’ai eu beaucoup de mal à être d’accord avec ce postulat. Néanmoins, j’ai voulu tenter une petite expérience dans la lignée de celles expliquées dans le bouquin. J’ai demandé à Ben de s’asseoir dans le lit, contre la tête de lit et me suis glissée entre ses jambes, moi aussi assise dos contre son torse. J’ai saisi ses mains pour les poser sur ma poitrine. « J’aimerais que tu prennes de longues minutes pour me caresser les seins sans espérer quoique ce soit d’autre ». Bizarrement, Ben n’a pas bronché et n’a pas posé de question. Il s’est appliqué immédiatement.

Je n’étais pas particulièrement émoustillée puisque ma réflexion partait davantage du principe que c’était n’importe quoi cette histoire de pôle mammaire.

Mais je dois bien avouer qu’au bout de quelques minutes, alors que je me concentrais sur ma respiration, j’ai senti une espèce d’excitation. Il s’agissait plutôt de vagues lourdes et lentes dans tout mon corps, qui réveillaient petit à petit une certaine forme d’érotisme.

Évidemment, on a fini par faire l’amour dans la foulée. Après coup, j’ai voulu expliquer à Ben que je menais une petite expérience pour vérifier les propos du livre. « Finalement, ça t’a quand même pas mal excité de tenir mes seins comme ça pendant plusieurs minutes ! Peut-être que tu as réussi à te connecter à mon pôle excitatoire ! »

Ben s’est mis à rire et à lever les yeux au ciel. « Mais enfin, t’es sotte ! Tu croyais quoi franchement ? Je suis resté assis 5 minutes avec tes seins dans les mains et tes fesses collées sur mon entre-jambes, et ça t’étonne que je finisse par être excité ? Moi aussi je peux écrire sur comment les frottements longue durée finissent par bizarrement par émoustiller ». Oups. Touchée.

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