Gen F

En rejoignant la communauté, vous recevez un accès exclusif à tous nos articles, pourrez partager votre témoignage et…

Le syndrome de la « cool girl », qui empêche de trouver l’amour

Justine Rossius

Vous clamez aux hommes que vous rencontrez que vous êtes une meuf ultra chill? Vous vous positionnez sans cesse comme une fille « pas prise de tête », même lorsque votre tête est prise d’assaut par des sentiments de tristesse ou de colère? Vous êtes peut-être atteinte du syndrome de la « cool girl« .

« Pendant mes quelques années de célibat, j’ai longtemps ressenti un grand sentiment de contradiction » nous explique Joséphine, 31 ans. « D’un côté, je disais à qui voulait l’entendre que j’étais heureuse de cette liberté. Que je n’avais pas de problème avec les coups d’un soir, puisque j’avais des besoins sexuels. De l’autre, il m’arrivait de pleurer en me disant que tous les mecs que je rencontrais ne voulaient rien de sérieux. Je ne comprenais pas pourquoi je ne tombais que sur des mecs qui avaient une grande peur de l’engagement… avec moi en tous cas! » Quelques années plus tard, Joséphine est tombée sur un podcast sur le syndrome de la cool girl, réalisant alors en avoir été victime pendant quelques années.

« Cool girl », en solo ou en couple

Tirée du film Gone Girl, le concept du syndrome de la fille cool est une position prise par une femme pour espérer faire plaisir aux hommes. Elle consiste à se faire passer pour une fille « sans prise de tête » et sans désir d’engagement, pour ne pas faire fuir les hommes qui eux, seraient réellement effrayés par toute forme d’engagement ou de sentiments amoureux. Si le concept est utilisé en général pour les célibataires, il est aussi transposable dans une relation de couple où une femme aurait tendance à ne jamais provoquer de conflit (même si celui-ci est justifié) et ne jamais mettre de pression sur son petit ami, par peur de passer pour une meuf chiante, collante, ou — plus grosse crainte de la ‘cool girl’needy.

En d’autres termes, les filles atteintes de ce syndrome ne parviendraient pas à mettre de limite et poseraient leurs propres besoins et désirs de côté, par peur que l’homme qui les intéresse la rejette. Elles donnent alors au partenaire le pouvoir de donner le ton de la relation, ainsi que l’exprime Annie Zimmerman, psychothérapeute: « Les filles cool pensent qu’elles doivent être chill et ne jamais avoir l’air d’être en demande, même si elles ne sont pas satisfaites de l’état de la relation. Elles ont donc du mal à fixer des limites et à défendre leurs intérêts, et se retrouvent inévitablement dans des situations ou des dynamiques où leurs besoins ne sont pas satisfaits. Elles peuvent faire semblant de s’intéresser à certaines choses pour impressionner quelqu’un, et s’oublient facilement pour être appréciées. Ce syndrome est plus courant chez les femmes hétérosexuelles car il s’agit d’une adaptation au besoin patriarcal d’impressionner les hommes, mais cela peut se produire quels que soient votre sexualité et votre genre. »

Concrètement, une femme victime du syndrome de la cool girl risque de de prétendre à son date Tinder qu’elle ne cherche rien de sérieux, ou que le sexe occasionnel lui convient, alors que si elle s’écoutait réellement, elle saurait que ce qu’elle désire, c’est une relation stable et des projets de couple. Ce qu’elle cherche en affirmant cela, c’est que ce prétendant en question la trouve si « cool » qu’il finira par ne vouloir qu’une relation exclusive avec elle. Le risque est bien évidemment qu’elle finisse par se sentir blessée, parce qu’elle n’aura pas exprimé ses véritables intentions. C’est ce qui est arrivé à Joséphine: « Un jour, je suis tombée sur un gars qui me plaisait beaucoup et qui — dès le premier date — a été 100 % transparent sur ses intentions: il ne voulait pas être en couple. Il sortait d’une relation tumultueuse et avait besoin d’une histoire sans prise de tête. Quand il me demandait ce que j’en pensais, je lui disais que je n’avais pas d’objectif en particulier, que je me laissais vivre, là où tout ce dont je rêvais vraiment, était d’avoir un mec sur qui compter, avec qui faire des projets d’avenir et construire une vraie complicité. Au fond, j’espérais juste qu’il change d’avis. La preuve: à chaque soirée un peu arrosée, je venais vers lui en lui demandant s’il ne voyait pas les choses autrement maintenant qu’on se fréquentait depuis quelques temps. À chaque fois, il me répondait par la négative: il ne voulait pas être en couple, mais il me trouvait géniale et il adorait ma personnalité, à la fois fun et pas prise de tête. » Résultat: Joséphine a passé cinq mois à le voir régulièrement, jusqu’à tomber de haut: « On faisait tout comme un couple. Il avait rencontré mes potes, et vice versa. Je me disais secrètement qu’il avait simplement peur de l’étiquette ‘couple’ et que ce n’était pas si grave finalement. Jusqu’au jour où j’ai appris qu’il avait couché avec une autre fille. Je suis devenue dingue, mon cœur s’est brisé en mille morceaux. » Et à lui de rétorquer que jamais il ne lui avait promis autre chose. Pas cool.

Emilie, 36 ans, peine aussi à exprimer ses propres besoins et frustrations au début d’une idylle, mais veille à ne pas mettre ses désirs trop en sourdine: « En début de relation, je trouve toujours que c’est plus délicat de « râler » pour l’une ou l’autre chose qui nous frustre. De ce fait, je suis toujours plus chill que plus tard,  lorsqu’on a appris à mieux se connaitre. Par exemple, si on s’était promis de se rejoindre après et que finalement il continue sa soirée de son côté, je n’oserais d’office pas dire que je suis déçue si ça fait que quelques semaines entre nous, alors que si ça faisait quelques mois, j’aurais pas hésité une seconde à lui exprimer ma frustration. J’essaie toujours de faire attention à bien doser la ‘chill attitude’ en début de relation, si on doit trop se forcer à l’être, c’est qu’on dépasse ses propres limites ou qu’on oublie ses valeurs. Et plus tard, ça sera plus difficile d’oser les exprimer à l’autre. »

5 signes du syndrome de la « cool girl »

Annie Zimmerman, psychothérapeute, a popularisé le concept de cool girl sur son compte Instagram, où elle explique au travers d’une vidéo les 5 signaux qui pourraient vouloir dire que vous souffrez du cool girl syndrom.

  1. Vous ne voulez pas avoir l’air désespérée: vous ne posez jamais de questions sur l’engagement ou les relations à long terme.
  2. Vous acceptez de recevoir des miettes de relation et d’attention (et vous vous en contentez), plutôt qu’un engagement amoureux total.
  3. Vous dites que tout va bien, même quand tout votre corps vous crie que la situation ne vous convient pas. Mais vous vous plaignez de cette situation en question auprès de vos copines.
  4. Vous éprouvez des difficultés à poser vos limites ou à les faire respecter.
  5. Vous avez l’impression de faire des efforts incessants pour ne pas paraître trop oppressante/en demande.

La bonne nouvelle? Il n’est jamais trop tard, pour commencer à vous défendre et à établir des normes sur la façon dont vous voulez être traitée.

L’affichage de ce contenu a été bloqué pour respecter vos choix en matière de cookies. En cliquant sur « Voir le contenu », vous acceptez les cookies. Vous pouvez modifier vos choix à tout moment en cliquant sur « Paramètres des cookies » en bas du site.
Voir le contenu

Comment arrêter d’être une « cool girl« ?

La première étape consiste à prendre conscience de votre valeur et à vous débarrasser de toutes les croyances limitantes que vous avez sur vous et vos qualités. Même si vous ne vous considérez pas comme quelqu’un qui a des problèmes d’estime de soi, explorer ces questions pourra vous aider: aimez-vous la personne que vous êtes? Pourquoi ressentez-vous le besoin de faire semblant? Avez-vous l’impression que le « vrai vous » n’est pas suffisant? Pourquoi est-ce imprudent à vos yeux de vous montrer authentique? De quoi avez-vous peur ? Ce ne sont là que quelques questions sur lesquelles vous pouvez méditer ou écrire dans votre journal intime. La confiance en soi et la valeur que l’on se donne ont souvent un impact énorme sur la façon dont on s’expose et se présente dans une relation naissante. Il est primordial d’entrer confiante dans l’Amour et de développer l’intime conviction que vous méritez une relation saine et un·e partenaire qui n’a pas peur de s’engager avec vous, si c’est ce que vous désirez. Et là, c’est la connaissance de soi qui prévaut: que voulez-vous vraiment? Etes-vous sûre que cette relation d’amitié améliorée vous suffit-elle? Voulez-vous une relation exclusive ou êtes-vous satisfaite d’une relation ouverte? Qu’attendez-vous d’une relation? C’est seulement en répondant honnêtement à ces questions et en étant claire avec vous-même que vous pourrez poser vos limites et exprimer vos intentions dès le départ.

Lire aussi :

Vous avez repéré une erreur ou disposez de plus d’infos? Signalez-le ici

Nos Partenaires