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Chronique d'un détatouage de A à Z - DR Flair

Résultat, prix, douleur... Chronique d’un détatouage

Kathleen Wuyard

Pour effacer pour de bon un souvenir dont on ne veut plus à même la peau, rien de tel que la détatouage. Même si, entre peur de la douleur ou doutes sur le résultat, beaucoup hésitent encore à sauter le pas. Notre journaliste, Kathleen, a fait disparaître un tatouage dont elle ne voulait plus et vous dit tout.

On a beau toutes et tous savoir au moment de passer sous l’aiguille qu’un tatoutage, techniquement, c’est pour la vie, cela n’empêche pas d’avoir des regrets à un moment donné. Ce motif qu’on adorait ne suscite désormais plus en nous que de la lassitude voire même du dégoût, ce craquage fait pour suivre une tendance est regretté amèrement, et ne nous lancez pas sur le nom, prénom ou surnom de cette personne dont on aurait pu jurer que c’était l’amour de notre vie et qu’on a malheureusement toujours dans la peau aujourd’hui alors que la rupture est consommée depuis belle lurette. La bonne nouvelle? Les technique de détatouage n’ont eu de cesse de s’améliorer ces dernières années, avec un rendu « peau neuve » pour qui a suffisamment de temps et d’argent à investir dans le procédé.

Pour ma part j’ai choisi d’opter pour le détatouage après avoir enchaîné les erreurs: en premier lieu, me faire tatouer un mot symbolique écrit de la main de mon premier amour sur la clavicule, et rester avec ce rappel douloureux de notre rupture, pourtant tout à fait amicale, à même la peau, visible matin et soir quand je me débarbouillais devant le miroir. Deuxième erreur? Décider de faire recouvrir ce qui n’était pas plus grand que le petit doigt par un gigantesque coquillage (j’étais dans ma phase aventures en bord de mer en Asie du Sud-Est), tatoué, qui plus est, par l’apprentie certes très sympathique, mais a posteriori pas très douée d’un célèbre salon liégeois, qui avait forcé le trait. Si voir l’écriture en pattes de mouche de mon premier copain à chaque fois que j’ôtais mon haut me chipotait, je vous laisse supposer l’effet produit par un coquillage aux épais très noirs qui, vu sous certains angles, pouvait ressembler à une allégorie de l’anatomie intime féminine. Not a good look.

Un détatouage en de bonnes mains

Fort heureusement pour moi, une recherche rapide a révélé l’existence à quelques rues de chez moi de Medesthétique, un centre dédié à la beauté et aux traitements laser en plein coeur de Liège, parmi lesquels le détatouage, et tenu, c’est important de le souligner, par un médecin esthétique, le Dr Bruno Slaviero, ce qui a immédiatement rassuré toutes les peurs que je pouvais avoir sur les risques de brûlure ou de cicatrisation compliquée. Si vous ne devez retirer qu’une information de cet article, c’est bien celle-ci: chez un·e médecin esthétique, un·e dermatologue ou au service de dermatologie de l’hôpital le plus proche de chez vous, oui, mais surtout pas ailleurs, car le procédé nécessite une maîtrise d’outils qui peuvent s’avérer dangereux s’ils sont mal utilisés.

Deux ans après mon premier rendez-vous (un délai dans lequel il faut compter les différents confinements, qui ont ralenti le processus) je peux enfin me regarder dans le miroir et ne plus voir la moindre trace de ce tatouage que je ne supportais plus et puisqu’à chaque fois que j’ai mentionné que j’étais en plein détatouage, les questions ont fusé, j’ai décidé d’y répondre ici pour que cela puisse aider celles et ceux qui hésitent à se lancer. En commençant par la question à mille euros:

Est-ce que ça fait mal?

Sachant qu’il est difficile d’y apporter une réponse universelle puisque la douleur est par définition subjective: certaines personnes vont vous dire qu’elles ont souffert l’agonie pendant qu’elles se faisaient tatouer, d’autres que ça chatouillait à peine, et pour le détatouage, c’est pareil.

Niveau sensation, là où lors du tatouage, on sent parfois l’aiguille pénétrer comme si une fine lame chauffée à blanc était enfoncée dans la peau, ici, la sensation se rapproche plus d’un élastique qu’on ferait claquer sur la peau. Pas franchement douloureux, donc, mais pas super agréable non plus. La bonne nouvelle? Si vous faites partie du camp des douillet·te·s, sachez que sur la fin, quand les séances sont plus douloureuses parce qu’il faut plus s’attarder sur certaines zones et que l’encre est moins « visible » pour le laser, il vous est tout à fait possible de diminuer la douleur. En effet, pour mes cinq dernières séances, l’équipe du Dr Slaviero me fixait rendez-vous une demi-heure plus tôt que prévu, afin d’avoir le temps de poser une crème anesthésiante et de la laisser agir. On ressent tout de même une légère sensation de claque sur la peau, mais si vous avez su endurer la douleur du tatouage, promis, ce n’est rien à côté.

Comment fonctionne le détatouage?

Concrètement, au centre Medesthétique, on utilise un laser dernière génération PicoSure® (oui, il y a un trademark à côté de son nom), qui enlève tous les tatouages et sur tous les types de peau. Développé par la firme Cynosure, ce laser fractionné non ablatif délivre des impulsions lumineuses de l’ordre de la picoseconde (10-12 seconde ou un milliardième de seconde). Cette brièveté d’impulsion induit une onde de choc (impacte photomécanique) capable de fragmenter les pigments du tatouage pour qu’ils puissent être éliminés facilement par le système immunitaire.

Le détatouage était jusqu’à présent réalisé avec des lasers dits «Q-Switched» avec une durée d’impulsion de l’ordre de la nanoseconde (10-9 seconde). Ces lasers sont relativement douloureux et nécessitent d’espacer les séances d’au moins 2 mois. Le détatouage avec ce type de laser peut donc prendre plusieurs années et certains tatouages ne s’éliminent que partiellement, laissant un « tatouage fantôme » » – Dr Bruno Slaviero.

Un risque qui n’est pas couru grâce à cette nouvelle technologie, preuve photographique en couverture de cet article à l’appui...

Combien de temps ça dure?

Tout dépend de la taille du tatouage, des couleurs qui le composent, mais aussi de la profondeur à laquelle vous avez été tatoué·e. Pour ma part, si on enlève les périodes de (re)confinement, cela aura été étalé sur un tout petit peu plus d’un an, soit une dizaine de séances, la disparition ayant été accélérée par le changement de laser au sein du cabinet Medesthétique. Logique, explique le Dr Slaviero, car « comme le laser PicoSure® (laser Picoseconde) fragmente plus finement les granules de pigment que le laser nanoseconde, la métabolisation est plus rapide et le patient perçoit un éclaircissement des pigments dans les 15 jours qui suivent ».

Concrètement, grâce à cette nouvelle technologie, la conjonction « délai réduit entre les séances » et « nombre diminué de séances » permet de réduire par 3 ou 4 la durée totale du traitement. Le détatouage peut ainsi être commencé en octobre et terminé avant le début de l’été.

Comptez trente jours entre chaque séance, et faites le calcul pour déterminer dans combien de temps vous serez libéré·e de ce tatouage que vous ne pouvez plus voir en peinture.

Combien ça coûte ?

Il faut le savoir, le budget est souvent bien plus conséquent que celui consacré au tatouage qu’on veut faire disparaître. Les tarifs varient selon les centres et les services hospitaliers choisis, mais chez Medesthétique, il vous faudra compter à titre d’exemple 60€ la séance pour un motif de 5 centimètres carrés, 140€ pour un motif entre 11 et 30 cm2 et 200€ la séance pour un motif mesurant entre 51 et 100 cm2 (grille tarifaire complète ici). Un budget conséquent, donc, d’autant que ce service n’est pas remboursé, mais la bonne nouvelle, c’est que puisque les séances sont espacées, il est possible d’étaler les paiements. Et à la fin du traitement, votre peau sera comme neuve, et ça, ça n’a pas de prix, si?

À quels effets s’attendre?

« Le passage du faisceau du laser PicoSure® provoque un blanchiment (effet de glaçage) puis un oedème temporaire de la zone traitée. Un halo rosé est normal autour du tatouage.
Ensuite les pigments vont avoir tendance à ressortir et donner une teinte plus foncée au tatouage durant quelques jours. Si les pigments utilisés par le tatoueur contiennent des métaux, le tatouage peut changer de couleur après le premier traitement. Lors de la séance suivante, un réglage de l’appareil permettra de traiter spécifiquement la nouvelle couleur » explique encore le Dr Slaviero.

Concrètement, lors des toutes premières séances, le rendu immédiat est magique et hallucinant. Je me souviens encore de ma joie lorsqu’après mon deuxième rendez-vous, un bout entier de mon tatouage a virtuellement disparu du jour au lendemain devant mes yeux. Plus les séances se poursuivent, plus il faut faire preuve de patience, car les effets immédiats sont moins spectaculaires, même si le tatouage continue de s’effacer. Aujourd’hui, il n’y a plus une seule tache d’encre dans le mien, mais le détatouage a laissé quelques fines cicatrices qui font que parfois, j’ai encore l’impression de voir son ombre. Pas de panique, toutefois, un massage quotidien avec des crèmes riches en acide hyaluronique ou en silicone permettant de venir à bout de ce rendu.

Si c’était à refaire, je sauterais à nouveau le pas sans hésiter. À vrai dire, je n’ai qu’un regret: ne pas m’y être pris plus tôt, et avoir passé des années à me refuser de porter certains hauts et à pester sur la plage ou au bord de la piscine parce que je ne parvenais pas à le cacher. Bien que cela puisse représenter une sacrée somme si le tatouage que vous tenez à faire enlever est de grande taille, d’expérience, cela en vaut vraiment la peine, d’autant qu’avec les dernières technologies disponibles en matière de détatouage, le rendu final est vraiment comme si votre peau n’avait jamais été encrée. Et ça, pour se sentir bien dans sa peau et passer à autre chose, il n’y a rien de tel: faire peau neuve, ça s’appelle, et l’expression n’est pas galvaudée.

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