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Cette sublime plage d’Italie incarne la folie (et le danger) des réseaux sociaux

Avec son sable blanc et son eau d’un bleu turquoise presque irréel, la plage de Rosignano, connue sous le nom de White Beach, est un spot prisé des locaux et des touristes qui multiplient les selfies dans ce décor paradisiaque. Sauf que le paradis cache en réalité un désastre écologique, dangereux pour la santé de ceux qui s’y risquent.

En effet, à quelques mètres seulement de la plage, et soigneusement masqué sur toutes les photos qui y sont prises, se trouve l’usine Solvay, qui déjette non seulement d’épais nuages de fumée dans le ciel mais déverse aussi ses déchets dans la mer. Et quels déchets: d’après le quotidien italien Il Tirreno, l’usine verserait chaque année des milliers de métaux lourds dans la mer. Dont l’eau turquoise cache des fonds marins recouverts d’arsenic, de chrome, de cuivre, de mercure, de nickel, de plomb, de zinc et de cadmium. Et si ces métaux sont évidemment tout sauf inoffensifs pour l’écologie ainsi que pour la santé, la baignade n’est pourtant pas interdite au large de la White Beach.

La raison: la réglementation italienne, qui contrôle uniquement les taux de contamination aux entérocoques intestinaux et à la bactérie E.coli avant d’autoriser la baignade. Or comme aucune de ces bactéries n’est présente en quantité suffisante dans l’eau de la plage Solvay, la baignade y est autorisée, et touristes et locaux s’en donnent à coeur joie. D’autant plus que la plage est également connue comme un excellent spot pour parfaire son bronzage.

Logique, puisque le sable immaculé reflète mieux le soleil et permet donc de bronzer à toute vitesse. Et tant pis si sa couleur blanche est le résultat des substances toxiques qui se trouvent dans le sable: cela n’arrête pas les irréductibles. Qui choisissent d’ignorer les avertissements des médecins et des associations écologiques de la région, mais aussi des chiffres plus que préoccupants: selon les données recueillies par le site Amusing Planet, il y aurait plus de cancers dans la région que partout ailleurs en Italie, et le taux de mortalité des habitants excède de loin la moyenne régionale. Une coïncidence difficile à ignorer avec les déchets toxiques crachés dans l’air et dans l’eau par l’usine. Et pourtant, alors que la plage n’était il y a quelques années encore qu’une curiosité locale, désormais, avec l’avènement des réseaux sociaux et de la course effrénée aux likes, les touristes s’y pressent. Il faut dire que les couleurs de la plage, avec le blanc éclatant du sable et le turquoise irréel de l’eau, sont aussi inattendues que sublimes. Mortellement belles, même.

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