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Barcelone, mon amour

Il y a des lieux où l’on se sent comme à la maison. Pour Laurane, journaliste, c’est à Barcelone. Alors que la ville vient d’être touchée par deux attentats à quelques heures d’intervalle, elle a voulu déclarer sa flamme à cette ville, comme à toutes les autres où l’on se sent bien.

Barcelone, mon amour

La première fois que j’ai foulé tes pavés, j’avais 17 ans. C’était mon premier voyage en tant qu’adulte, sans mes parents. Mes yeux allaient partout, du sol au ciel. Et je n’arrêtais pas de sourire. Je me souviens de tout. Du soleil qui réchauffait les échafaudages de la Sagrada Familia, de la salamandre aux mille couleurs du parc Güell, de ta si belle Rambla et des artistes qui s’amusaient du regard des touristes.

Je me suis sentie envahie d’une douce chaleur au fur et à mesure que j’arpentais tes rues. Même quand la pluie frappait tes larges dalles, je me languissais de l’odeur de l’eau qui ruisselait sur le sol chaud. Tu m’as accueillie chez toi à bras ouverts, me présentant tes gens plein de bonté, tes bars aux fêtes sans fin, tes tapas au goût de soleil. Ton architecture me fascinait et à chaque fois que je reviens te voir, tu me fais découvrir de nouvelles facettes de ta personnalité.

Je me souviens de la Boqueria, ton marché couvert. La première fois que j’ai passé l’entrée, mes yeux se sont écarquillés. Tous mes sens étaient en alerte. C’était là, autour de moi, dans l’air: une sensation d’éveil intense. Les couleurs étaient si jolies, si éclatantes. Sur chaque étal se chevauchaient des fruits, des légumes et des jus par centaines. Les marchands me faisaient goûter chacun de leurs produits avec fierté. Et mon palais savourait chaque bouchée tandis que mes oreilles se laissaient guider par la musique s’échappant des restaurants ambulants. Alors que je prenais conscience de ma chance, j’ai décidé de t’élire ma ville préférée. Je n’avais pourtant rien vu du monde mais je savais que je reviendrais et que la Boqueria serait le repère secret de mon insouciance.

J’ai 26 ans aujourd’hui. Et même si j’ai voyagé, que j’ai découvert des paysages incroyables et toute la beauté du monde, je parle toujours de toi avec amour. L’idée de te revoir me réjouit et jamais cela ne changera.

Hier, tu as été frappée de plein fouet par la terreur. Ta beauté a été souillée par l’horreur. Ton insouciance, tout comme la mienne, a volé en éclat. Mais je voulais te dire que tout allait bien aller. Que jamais je ne t’associerai à cette horrible chose qu’est la peur. Ils ne nous enlèveront pas le goût de vivre. Et même s’ils parviennent à entacher mon souvenir, je sais que nos destins se recroiseront.

Je foulerai à nouveau tes pavés avec cette sensation de soleil dans le fond du cœur. Tu resteras ma ville lumière, Barcelone, je te le promets.

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