Home Culture Musique En taclant Angèle, Booba dénonce la discrimination envers le rap et les...

En taclant Angèle, Booba dénonce la discrimination envers le rap et les minorités

Depuis la sortie de son dernier album, Angèle est sur toutes les ondes grâce au pouvoir entêtant de « Balance ton quoi ». L’occasion pour Booba de balancer sa frustration envers le monopole de la chanteuse belge. Jalousie, ou reflet d’une vraie problématique?

À force, il en deviendrait presque plus connus pour ses disputes que pour sa musique. Après s’en être pris à Kaaris, cette fois, Booba a choisi de tacler Angèle, ou plutôt, le monopole que la jeune chanteuse exerce sur les ondes. Dans un post Instagram légèrement excédé, il dénonce.

C’est qu’alors que son « Médicament », en duo avec Niska, occupe la deuxième place du classement des titres les plus streamés, devant Angèle en 3e position, sur les radios, il n’y a pas photo: selon lui, aucune des grandes chaînes ne diffuse son dernier hit. Erreur de jeunesse? Angèle a cru bon de répondre un « Ouaiiiii » en commentaire du post de Booba, ce qui a visiblement achevé de l’énerver: « Ouaiiii quoi? Tu veux jouer? ». Silence radio depuis du côté de la chanteuse. C’est que Booba a le sang chaud, et mieux vaut éviter de le chercher: Karis en a fait les frais lors de leur tristement célèbre bagarre à Charles de Gaulle. Mais au-delà de son tempérament soupe au lait, Booba aurait-il raison, au fond?

Une programmation qui dérape

Si les radios dédiées au rap sont légion, avec le précurseur Skyrock en tête, ce n’est pas simplement parce que la musique urbaine suscite un engouement sans précédent depuis quelques années, mais bien aussi parce que certains morceaux et artistes passent toujours mal, au propre comme au figuré, sur les radios traditionnelles. La faute à des personnalités qui divisent, des paroles parfois crues ou violentes, et une distinction entre les « gentils » et les « méchants » rappeurs. Ces derniers voyant parfois là une forme de racisme: coqueluches des stations grands publics, des artistes tels que Roméo Elvis et Lomepal ont certes des paroles relativement « calmes », mais ils sont également tous les deux blancs. Racistes, les radios?

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Angèle 🌹 (@angele_vl) le

Minorités discriminées

En 1999 déjà, l’European Commission Against Racism and Intolerance dénonçait la situation dans un rapport.

Une des difficultés à surmonter par la société française actuelle est de se reconnaître et de se percevoir pleinement comme multiculturelle. Dans ce contexte, les médias audiovisuels peuvent jouer un rôle primordial […]. Or il semble subsister à l’heure actuelle une nette distance entre la réalité des choses et le reflet que les médias renvoient à la société française.

Une problématique qui ne concerne pas que nos voisins français et qui, 20 ans plus tard, est toujours malheureusement d’actualité. Ainsi, « les médias, aujourd’hui aussi bien qu’il y a 50 ou 100 ans tendent à assimiler les étrangers, les immigrés, les réfugiés ou les minorités à un problème et s’y réfèrent par « eux » plutôt que comme une partie intégrante de « nous » ». Donc pour plaire à ce « nous » imaginaire, on le matraque d’artistes qui lui ressemble, tandis que les artistes issus des minorités eux, sont relégués majoritairement aux services de streaming et aux radios spécialisées. On comprend que Booba, qui est considéré comme un des plus grands rappeurs de sa génération et a été le premier rappeur français à faire salle comble au Palais Omnisport de Bercy, voie rouge en étant pourtant largement omis des ondes radiophoniques malgré son succès.

Tout oublier?

Au-delà de ces considérations sur lesquelles elle n’a aucun contrôle, Angèle risque-t-elle de s’en prendre en retour à Booba? On en doute, d’autant que la manager de cette dernière, Sylvie Farr, a liké le post du rappeur. De leur côté, ni Angèle ni son Roméo Elvis de frère n’ont commenté la polémique dans leurs stories, choisissant plutôt de poster blagues et fous rires dans le bus de tournée. Parce que bon, mieux vaut en rire qu’en pleurer, surtout quand on est « du bon côté » de la discrimination.

Lire aussi:

Jobs

Plus qu’une étape pour activer les alertes-infos!

Autorisez les notifications de Flair.be sur votre navigateur.